‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 66 sur 1102 · EusÈBE, H. E., VIII · texte numérisé non relu

EusÈBE, H. E., VIII

daïsants {iudaico aiitem quodam sensu scripturas diçmas intellegeiites) ceux qui s'en troublaient. Quant à Denys, il allait plus loin encore, et, pour enlever à Népos et à Coracion leur appui le plus sûr, il n'hésitait pas, à la suite d'une critique hardie, mais partiale, à déclarer que l'Apocalypse ne pouvait être l'œuvre de l'apôtre saint Jean.

Le millénarisme ne survécut pas au v» siècle. En Orient, les Gappadociens, disciples d'Origène, jetèrent dans la balance, contre lui, le poids de leur autorité- En Occident, saint Augustin qui l'avait, il l'avoue, quelque temps professé lui-même, en sapa les fondements en donnant de l'Apocalypse une explication orthodoxe qui voyait dans le royaume du Christ l'Église de là terrée L'erreur s'évanouit peu à peu pour ne reparaître qu'au moyen âge dans quelques sectes d'illuminés.

L'Église, en somme, s'en préoccupa assez peu, et elle ne paraît pas y avoir vu jamais un danger bien grand. Issu du judaïsme, le millénarisme partagea le sort effacé de tout ce qui y tenait. La clarté avec laquelle il paraissait conLenu dans l'Apocalypse contribua sans doute à le faire admettre ou tolérer d'abord d'un grand nombre, et le montanisme lui ménagea, chez ses partisans, un regain de faveur. Mais le courant qui entraînait les esprits de plus en plus loin des conceptions juives, l'habitude d'interpréter plus librement ou même d'une façon allégorique les Écritures, l'obscurité dont on comprit mieux que l'Apocalypse était enveloppée en détournèrent assez vite les esprits réfléchis, et les ramenèrent à une conception plus spiritualiste et plus simple de l'eschatologie chrétienne.

\. De civitate Dei, xx, 7 sqq. Il avait été précédé par le donatiste Tyconius, vers 380.

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