‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 683 sur 1102 · XVI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XVI AVANT-PROPOS

française, ne pouvaient nous satisfaire et ne répon- -daient au renouvellement de la critique. Il était, lui, exceptionnellement préparé, il était seul capable de faire œuvre savante et sûre. Il ne me promit rien, il hésita longtemps, mais je trouvai un appui providentiel -en notre ami commun M»*" Dadolle devenu entre temps recteur des Facultés catholiques de Lyon : en 1898, il fit créer pour M. Tixeront une chaire de patpistique. Cette nomination décida de ce qui allait être l'œuvre maîtresse de M. Tixeront, son Histoire des dogmes.

Le premier volume parut en 1905, le second en 1909, le troisième en 1911 : cette histoire, fruit de l'enseignement de M. Tixeront à la Faculté de théologie, avait été enseignée plutôt trois fois qu'une avant d'être rédigée en vue de l'impression. Les trois volumes ont été traduits en anglais, en 1910, 1914, 1916; en espagnol, en 1913. Le premier volume a été traduit en allemand, en

Qui dit histoire des dogmes entend l'histoire de l'élaboration dans l'Eglise des données de la foi chrétienne. Pareille élaboration n'est pas seulement celle qui a tme définition pour terme, mais celle aussi qui s'essaie à comprendre et à construire, et qui institue l'intellig-ence de la foi, au sens que saint Augustin a donné à rintelligence en fonction de la foi. L'histoire des dogmes déborde donc le champ des dogmes proprement dits, elle recouvre tout le travail de la pensée religieuse dans l'Eglise, sans exclure de cette histoire les erreurs que l'Eglise a notées d'hérésie. L'histoire des dogmes étant ainsi comprise, peut-être convient-il de ne pas la différencier trop nettement de l'histoire de la théologie, de la théologie historique, de la théologie

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positive, disciplines diverses dont l'objet est au fond le même.

L'histoire des dogmes, telle qu'elle s'est affirmée dans un manuel comme celui de A. Harnack (1886- 1890), est dominée par cette prévention que le dogme s'oppose à l'Évangile et qu'il est le produit de l'esprit grec. On décrit l'évolution à laquelle le dogme doit sa formation, pour mettre en évidence sa contingence, et autoriser le croyant moderne à s'en libérer : l'adogmatisme ritschlien trouve dans l'histoire des dogmes sa justification. On comprend que cette conception ne soit pas celle qui inspirait le De tkeologicis dogmatibus de Petau, ou les Theologica dogmata de Thomassin, voire VFIistoire des sacrements de Dom Chardon : pour eux, comme pour nous, la christologie est dans l'Évangile, et avec la christologie toute la dogmatique qui s'ensuit. Il est vrai qu'elle s'ensuit par un processus qui a demandé des siècles, et c'est ce processus qui est la trame de notre histoire des dogmes^.

La méthode dogmengèschichtliche, méthode qui se corse présentement de l'appoint qu'elle prétend trouver dans la méthode religionsgeschichtl'che, s'oppose ainsi à notre méthode, tant à son point de départ qu'à son point d'arrivée. Cette opposition est présentement plus aiguë, de beaucoup, qu'elle ne l'était voici vingtcinq ans : on excusera M. Tixeront de ne s'y être pas arrêté plus qu'il n'a fait, et on ne le diminuera pas en se réjouissant que le P. Lagrange dans son Eçangile

1. On me permettra de renvoyer à mon article « Pour l'histoire des dogmes », publié dans le Bulletin de littérature ecclésiastique, 190:>, pp. 151-164, et à l'article • Qu'est-ce qu'un dogme? » ibid., pp. 187-231, surtout pp. 188-197, sur le dogme et l'histoire, du P. de GrauJmaison.

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