CHAPITRE VI
LA LUTTE DOCTHINALE CONTRE l'hÉRÉSIE ET LES COM- MENGEJIENTS DE LA THÉOLOGIE SPECULATIVE. l'eN- SEIGEMENT CHRÉTIEN DANS LA SECONDE MOITIÉ DU 11^ SIÈCLE.
§ 1. — Introduction patrologique.
Les apologistes, avons-nous remarqué ci-dessus, ne sont pas seulement des philosophes qui voient dans le christianisme l'expression la plus haute de l'idée religieuse : ce sont des croyants, professant une foi positive, ayant un symbole; et ce symbole quelques-uns d'entre eux l'ont défendu contre l'hérésie naissante, en même temps qu'ils revendiquaient contre le paganisme les droits de la liberté chrétienne. Dans ce chapitre nous voudrions exposer les articles de ce symbole, mais en faisant rentrer cet exposé dans une étude générale de l'enseignement chrétien dans la seconde moitié du ii* siècle, et par conséquent aussi des auteurs qui, en dehors des apologistes, ont fleuri à cette époque.
De ces auteurs le plus considérable est saint Irénée^
1. L'édition citée est celle de D. Massuet dans P. G., VU. — Travaux : Fr. BoEHRiNGER, /rcnacws derBischop von Lugdunum, S'édit., Stuttgart, 1873. A. DCFOURCQ, Saint Irénée, Paris, 1904. F. 11. Montgomery Hitchcock,
238 LA THÉOLOGIE ANTÉNICBENNE.
C'est un asiate : il appartient, par son origine, à ce groupe d'écrivains de l'Asie Mineure dont les vues tliéologiques offrent entre elles assez de ressemblance pour qu'on ait pu parler d'une école asiatique, qui a compté des noms célèbres, mais dontles écrits se sont malheureusement presque entièrement perdus : Méliton, évêque de SardeSj Apollinaire d'Hiérapolis, Rhodon, Miltiade, ApoTlomus, radversaire du montanisme, d'autres encore. De Méliton on possède quelques fra^gments qui ne do-ivent pas être ia^àgïés :"». Mais seul, saini Irénée a laissé plusieurs jouvrages^en tiers. Sooi grand tpaité Comtre les hénésies — pins complètement "EXcyyoi; xa'i àvarpOTry, t^ç i|/euôcovu^4oy yvwotwç — composé entreles années 176-199, lui a valu le premier rang entre les Pèi-es antignos tiques. L'ouvrage est dirigé spécialement conatre le valentinianisme de Ptolémée. Toutefois, il formule des principes généraux qui -portent plus i-oin <q\x.Q cette polémique jyarticuiîère, et qnd l'ont fait regarder de tout temps coimme la réfutation anticipée «ie toutes 4es hérésies. A -eété de V Aévers-us haereses, et ptosléj'ie'Ur wi trodsième Ibfva de -eette réfutation, nous 'pouvons 'eite*" <Haiairffl.f|!eiïant la
InetifiiCAis of LugU., .a .sltid^/ of ihh. teaching, CamJbridgfi, i9l&. En. X. Fu>-K, Der Primat der rômischenKirche, nachj^natïus uniirenaeus, d&mleB Kirchenffcsc^ichtl. Abhandl.und Wn-àarstich., t.T, *897. A.*HA-r.- KACK, Das Zeugnis des l3\enae.vs ûb&r das Ansiehi&n -.dier rômischen ,KiicKe, dans les Sitzungsber. der k. preuss. Akad. der Wissen.zu Ber.lin, 1893. J. -CHAPMiHî, ^Letémioignngp-dx'sevmtli'èniéeenfaveitrde-laj^iîtkaulé romaiive, daoïe ila &avv£ bén^dictme, t. .SB, 4)893. â. <CfcaiEftiitE«!K, S. Irénée et le canon du Nouveau Testament, Louvain, J896. J. Kusze, BieGottesle^n'e de^ Irenaeivs, l(érpî!Sg,*1891.:L.Î)racKER, Des M. -Irenaeus Cba^stologie, CGitàngen, 4843. 1. KjsaasRR, §• lœnaeus 4e ^m<t* sanclificante, Wirceburgi, 1863. G. Molv.itz, De àvaxe!pa,XaiM(Tea); m Irenaeî theologia polesta'.e, Dresdae, 187*. L. Hopfenjiùller, S. Irenaeus de Euckardecbia, BaniBjprgae i^(Sl. ai.S£nua»MEB, iSkie iEsvliafalfW'ie degfnenaeûs dans les Studien und Kritiken, tom. XXXVI, 1863. E. Klebba, Die anthropologie des hl. Irenaeus, Munster in W., 1894. P. Batiffol, L'Église . naissante et le caifioli-ctsme, Paris,, -1999.
l.tàil.OTTO, Corpus apdi<rgetamm,TS.. yoîr J}. T^oma's, Mélito von Sardes, Osnabrùck, 1893.
LE DOGME DA^S iL^ \SEOÛN©E .'MOITIÉ ©U Jî« SIECLE. 839
Dèmoji'SlraUmw, de Ha prédication apos(to.liqfue,j iretcouvée îCH ■arménien ^ , <et qoii mi fait d'ailieiars ^ue a-epc©duke ies vïies .do:g»matiques exposées déjà parPaiiiieiir. Ces ^ues nîétaient jpas nouyelfes. Les idées îmaîtreases d'iKénôe «ur la .ti^diti^a suEtoiut ay.aaent «Je ;éœàsBs avant hii, et, ^presque ien même 'temps qu'Jffénise^ îHégésippe les -faifiait 'valoir dans ses Mém.air^es. .Mais «mil ne -leur aivait donné autant é& -^m&iûom. et ide .Tseiief que llévêque ide -Lyon»
Dune, tous les apolojgistes du deuxiième siècle, et spécialement Justin, Tatien, Aftliénagoife, Tàëopliile^, piis iesP;èf©s antigaostiqiies «e* .spédalemenè saint ïriénéeiôt Méliton, tels soni les lâuteuns =dont nous, allons ici -étudier la. doctrine.
§ 2. — Les sources de la foi. L'Église romaine.
Les apologistes jqgai'den.t ^o^mmé également inspirés leslayj"es..de.rAflacien.ejt duJNlouveau Testament, et accordent à ^ceuxTci, sans les mettre p'eut-êire sw le même pied, une autorjlé identique ;à \celle .des jsremiejs. .C'ejst lie Verhe dr\''4n., ddt saint Justin, qui a. -ma. les prophètes^; mais ia jnaj^ole .de P^ul, Kemarque Théophile, tejst aussi la iparole. de Dieu (lOeloç ^yoî» twi, 14, cf. 13), et un même Esprit de Dieu a parlé par tous les TtveujAaxocpo'pQi (uij 12)^ Ils 0J3tt été comme la iouche par .où si is'eflit aeaopBimé, la lyite dont il la fait vibrer le cordes".
1. Édit. Ter-Hekerttschian et Erwand IER-JiIIî!AssLVNT^ Des hfiil.lre. naeus Schrift zum Erweise der aposlolïschen Verkûndigung, EU èrUost^ii'^ -xoSj 'Aupaxoliv-ov- XTifi^-ï^iatos, JUeipz., 1S07. PaLr. onenL, Xil.
,2. L?<5tu4edea'efitulU.en.estjejiV;Oj.ée plusJoia.
.4. S, rJusxiN, I.-4poL, xarni, ;!,; A-h9élir,Suiipi„i9.\.Cohorlatio.ad Gen^ aies, 8.
240 LA. THÉOLOGIE ANTÉNICEENNE.
Saint Trénée ne s'exprime pas autrement. Précisément à l'époque ou il composait son grand ouvrage, le canon du Nouveau Testament venait de se fixer d'une façon ferme et dans un sens exclusif, soit à Rome, soit dans l'Asie Mineure ou même à Alexandrie K Ce n'est pas qu'il n'y eût çà et là, et sur tel ou tel livre, des hésitations, — saint Irénée lui-même parle comme d'Ecritures inspirées du Pasteiw d'Hermas et peut-être deVÉpître de saint Clément (iv, 20, 2; m, 3,' 3) ^ — , mais le principe était posé et les limites étaient dans l'ensemble nettement tracées. On voit par ses écrits que l'évêque de Lyon possédait les livres du Nouveau Testament rangés en une collection qui s'opposait à celle des livres de l'Ancien Testament; et cette collection elle-même comprenait, d'une part, les évangiles, ou plutôt l'évangile tétramorphe — le le nombre quatre étant absolument sacré —^, et de l'autre les àrzoaxokwâ, qui désignent les écrits des apôtres et le reste du Nouveau Testament. Saint Irénée cite ou connaît tous les livres du canon actuel, sauf VÉpître à Philé?non qu'il ne cite pas, et la deuxième Epître de saint Pierre qpi'il a peut-être ignorée. \JE~ pitre aux Hébreux est la seule dont il ait rejeté l'autorité, bien qu'il l'ait connue et même citée ^.
Or les Écritures, déclare Irénée, sont parfaites
1. Ce serait ici le lieu d'étudier le canon de Muratori, qui apparaît à peu près à ce moment. On en trouvera le texte et le commentaire dans E. Jacquier, Le Nouveau Testament dans l'Église chrétienne, II, Paris, 1913, p. 189 et suiv.
2. Ses expressions ne prouvent cependant pas qu'il les regardât comme canoniques (Hahnack, Lehrb. der DG., I, 374, note 1). — Quand romTage de S. Irénée n'est pas expressément désigné, il s'agit toujours ici do l'Adve7'sus haereses.
3. PuoTius, Bîbl., cod. 232; cf. Adv.haer., n, 30, 9; Ecsèbe, H. E.,\, 26. Voir sur tout ceci A. Loisy, Histoire du canon du Nouveau Testament, Paris, 1891, pp. 103 suiv. Th. Zahn, Grundriss der Geschichte des neutestamenllichen Kanons, Leipzig, 4901, *« édit., 1904. E. jACQBiF.n, op. cit., p. 178 et suiv.
« puisqu'elles ont été dictées par le Verbe de Dieu et son Esprit » (ii, 28, 2); les quatre Evangiles en particulier décident de la foi et sont la norme de la vérité (m, 1). Et néanmoins ce n'est pas à l'Écriture, en dernière analyse, qu'il en faut appeler contre les gnostiques, — d'abord parce qu'ils ont répandu euxmêmes une masse d'œuvres apocryphes qu'ils prétendent inspirées (i, 20, 1) ; — ensuite, parce que lisant les Écritures authentiques sans amour de la vérité, ils n'en sont pas convaincus (m, 11, 7); — enfin, parce qu'ils les interprètent à leur fantaisie (ii, 10, 2, 3; III, 12, 7; 21, 3) et soulèvent contre elles d'incessantes difficultés (m, 2, 1). Contre ces incorrigibles ergoteurs il faut s'appuyer sur une règle de foi plus simple. Celte règle de foi est le symbole, le xavwv T^ç àXyiôetaç àxXiv^ç que chacun a reçu au baptême (i, 9, 4), que l'on peut bien plus ou moins parfaitement comprendre et expliquer, mais que l'on ne saurait changer (i, 10, 3).
Où se trouve ce symbole? — Dans l'Eglise. Dans l'Église on en trouve la formule, et l'on trouve aussi la vraie foi dont il est le résumé et la prédication fidèle qui l'explique; dans l'Église qui a reçu ces choses, par une succession ininterrompue de ses j)asteurs, des apôtres eux-mêmes ; dans l'ensemble des Églises-mères qui peuvent montrer le catalogue de leurs évêques remontant jusqu'aux origines chrétiennes; dans l'enseignement des pasteurs actuels à qui sont parvenues, par tradition, les vérités qu'ils nous prêchent et qui, par le charisma veritatis certum dont ils jouissent, conservent intégralement le dépôt de ces vérités divines. C'est à eux que doit s'adresser quiconque veut s'en informer d'une façon certaine; à eux qu'il faut demander l'explication diligente et exacte des Écritures (m, 3, 1,4; iv, 26, 2,
242 LA THÉOLOGIE ANTÉNÏCÊENNÉ.
5; IV, 33, 8; dî. iv, 32, 1; iv, 26, 5). Totïte k vérité religieuse a ëtë par les apôtres cdnfïëe à rÉglise. L'Église a reçu, pouT la garder et la répaMte «ans erreur, les arriies de î'incorru^tiMlit'é, feSaiM-Ksprit : c'est donc d'elle, de la prédication 4e fe^ ^véqu^s qu'il la faut recevoir, et il est înûlîle de là (jfeèixhfeï^ ailleurs : « Tantae igitur ostensiofies <Mm *sint, neii oportet adlrac quaerere apud alios v^itatem quam facile est ab Ecclesîa sumere, euiïi apôStoli ^uai^ in depositorium dives plenissime in eam coatuleriïit omnia quae sunt veritails, uti omnîs quîcumque velit sumat ex ea petum vitae » (m, 4, 1). « Hoc enim Ec* clesiae creditum est Dei munus, queiîiadmodum ad inspirationem pla^màtioni, ad hoc tit ottinia wiemlsï-a percîpîentia viviiicentur, et in eo disposita est cômmunicatio Clifistî, id est Spiritus saïictus, atrha incorruptelae et confirmatio fidei îiostrae, et scala ascensionîs in Deum... Ul)i enim Ecclesia ibi et Spiritus Dei, et ubi Spiritus Dei illic Ecclesia et oftinis gratia j Spiritus autem reritas » (m, 24, i ; cf. v, 20, 1).
Le critère dernier de la vérité se trouve donc dans l'enseignement de l'Église; et dès lors, pour décider entre hérétiques et orthodoxes, il faut Voir quel est l'enseignement des Églises particulières qui composent ï'Eglîse universelle, et plus spécialement decèÊes qui remontent, par la succession de leurs pasteUrs, jusqu'aux apôtres (m, 3, 1)^ Mais, comnae il serait trop long de les parcourir toutes, îî suffira d'exiaminer quel est l'enseignement de l'Église de Rome. Avec elle en
i. Cette idée de l'accord doc.trîaal des égUses particulièrea et de la succession ininterrompue des pasteurs comme preuves de la vérité se trouve déjà daos Hégésippe. Au cours de son voyagea Rome, il s'est plu à constater que tous les éwéques -qu'il a vus professent la anême doctrine, et, à Rome, il a établi la succession épjscopale jusqu'à Anicet (Eusèbe, H. E., Vf, SS, 1-3).
LE DOGME Ih^lSSîMSJBeONDBMOlIIÉDBI.II* SIÈCLE. 2«3
effet, àeause de sa primauté prépondérairtie;, il:ést nécessaire que toutes les autres s'accordent. En- eHe. et par elle les fidèles partout disperaés, ont eonseirviéi la tea^ dition venue des apôtres : « Sed quoniam valde longum est in hoc tali volumine omnium ecclesiarum enumerare successiones, maxiinae et antiquissimae et omnibus cognitae, a gloriosis duobus apostolis Petro et Paulo Romaeî fundatae et constitutae- Eceîèsfae<, eam quam habet ab apostolis ti»adi*ii0®em et annuntiata'm hominibus fîdem per successiones episcoporum per«venientem- usque ad nos indicante», eonfundîmus onanes eos qui, quoquoi modo», vel per sibi pïacentia, vel ^amam gloriam^ vel per coecitatem et malams sen?tentàam, praeiterqjiam oportet coliigunt. Adhanc enim Eed^Lamipropterpotentiorem' principalitateiB^ neeresse est; 6Hœmei8H! eonvenipe Ecclesiamy hoc est* e&a^ qui sant U!ndt(jGie. fidèles,. in: qua sempter abbis-qm stmt* undfilqŒe e®ns®!E>îailia, es^; eau qns& est ab apostolr« tradi</K)» » (il*, 3.V 2:)^..
Telte esi, brièTremenfe résumée j la* suite du fem€fux témoignagecd© sadntî frénée sur î'aut^orrté doctrinaie; de l'Église^ en général et de HÉglise romaine enpar{ii3uilier. Cette: asutorité est infaillible .•: elle est î'apanag'e' des évêques, et a pour condition matérielle qu« ces évêques soieiair rattsachés aux apôtres; par une suGcession ininteirrompue : mads elle est, e» demiëre analyse-, le fait de i'Esprit de; vérité myant daajs- l'Église, et garantissant rinté^cifcé Je saifèi et Einerraoce d© sea enseignemenls.
1. Pour l'explication de cette dernière phrase, voir Batiffol, L'Église naissante, p. £50. Certains critiques font rapporter m qua à l'Église noniailoci, dfàuttesii à omnemiEcclesiam. r Ib résultat flnal estlemême. — On a proposé récemment «te corriger le second qui sunti imdique par qui ibi praefuerunt oiu,quelquai ebose d?é<juivalent(Dom;Morin), ou jiATqidsiint undecim (d'Herbigny), ou même on a supposé; une- faute du traducteur : mais letexie piiut; très Uien: sîiiiterprétei;' tel quHl est {hxKDE:uiKV!&R, AUkircht. £itercFÉ:,.I,:p., iWi note i}^
244 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.
L'Eglise interprète des Ecritures et l'Ecriture interprétée par l'Eglise, la tradition vivante du magistère, voilà donc, pour Irénée, la grande règle de foi ^ .
8 3. — Dieu et la Trinité.
Les apologistes donnent plus à la philosophie : cela entrait dans leur plan ; saint Irénée donne plus à la révélation; et ces tendances se trahissent dès qu'ils parlent de Dieu. Les apologistes s'élèvent à sa connaissance par l'argument de causalité 2, par l'argument téléologique ^ : ils le conçoivent comme transcendant et infiniment supérieur à ce que nous en pouvons écrire ou penser: « Ideo sic eum aestimamus dura inaestimabilem dicimus... Aufer additamenta nominum et perspicies eius claritatem ''' ». Pour saint Irénée, Dieu est aussi transcendant, et quelques perfections que nous proclamions en lui, il reste toujours ineffable : « Est autem et super haec et propter haec ineffabilis » (11, 3, 3, 4; cf. 8; i, 12, 2); mais nous ne sommes vraiment en état de le connaître dans sa nature que par la révélation qu'il nous fait de lui-même par son Verbe (iv,6, 4, 5; 20, 4, 5).
L'erreur capitale de la gnose était la distinction du Dieu suprême d'avec le créateur, la distinction du Dieu de l'Ancien Testament d'avec celui du Nouveau, du Dieu juste d'avec le Dieu bon. Il est certain que saint Justin, dans son ouvrage perdu contre les hérésies, réfutait cette erreur^. Quant à saint Irénée, il af-
1. Les apologistes, naturellement, ont moins parlé de la tradition. Voir cependant S. Justin, î ApoL, Lxr, 9 ; lxvi, 3.