‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 73 sur 1102 · S. Justin, I A^joJ., xiii · texte numérisé non relu

S. Justin, I A^joJ., xiii

8. Théophile, ii, 10; S. Justin, I Apol., lxiv; DiaL, xi, i; Tatien, 5; Athén., Suppl,, 4. S. Justin parle, il est vrai, en un passoge de la première Apologie, X, 2 (cf. Lix, lxvii, ^), d'une oiisaiîisîition du monde ê; àyiopçou Q\'/\i, qui ne serait pas une création, mais il ne prend pas cette opinion à son compte.

6. Voir, pour saint Justin en particulier, A. Puech, Les apologistes grec», p. 103, et les références qu'il indique; J Apol., viii, 2; xni, 1, 4; II Apol., VJ, 1,2.

gnoge de l'^armoasier des deux ordres àeila cïréatioa et de la rédemption, puisque le Verbe révélateui? et RédempteuE du Nouveau Testament est aussiMe VerbecréateUiT dei l'A.iaoien. Rien, ne caidipait mieux avec- les besoins de Ie,ui? polémique. .

Sur le Verbi©^ la doctrine des apologistesy et sartou* des principaux d'entre eues, saine Justin;,. Tatien, Athénagore, TliéopMle, a. soulevé des; difficultés. A c)Ôté d'affirmatioas très claires, elle offre des expressions obscures,; et dont l'interprétation a divisé les critiques. Nous: allons d'abord l'exaaniner- à part.

Ils enseignent d'abord nettement, que le Verbe est Dieu. Les chapitres lvi à lxii du Dialogue avec Trpphon sont tout eiitiQTs consacrés' à établie qu'à côté duDieu suprrêrae, il y a un autre Dieu qui n'est pas un ange mais vraiment Dieu, 650c x^JjeTxai, xal 6soç- iazi xa\ îazan [hYUî, 9). Tatien nonitmeUe Saint-Esprit le ministre du Dieu souffrant (13).. Les ekcétienss écrit Athénagore, croient à Dieu .le Père, et au Fils Dieu; et au Saint-Esprit (10) ; et Théopbile conclut toute sa démonstration du rôle du Verbe dans la création par ces mots : (t Le Verbe est donc Dieu et engendré de Dieu » (w, 22).

De plus, le Verbe est préexistant et antérieur à toute créature : il est Dieu avant la création?, irpà Ttotv^tfewç xffffpiou ovTa ôeôv^ Lui-même, par conséquent,, n'est pas une créature, xTtfffxa ou noirifi». Si on lui applique^ souvent le texte des Proverbes, viii, 22, Kupioç eKTiffs [xe — par exemple saint Justin, Dialogue, lxi, 3 —, qut mettait en relief son rôle créateur, c'est à la condition de ne point trop presser le terme IxTitre. Le mot le plus^ fréquemment employé pour marquer son mode d'ôri<

1. s. JdstiS, Dial., lvi, iO; xtvia, 2; lxi, 1; TatiéRj »;■ Athén., Supph^, 10; Théophile, ii, 10, 22.

giiie est Yfvvw.^ Le Vepbe n^est pasi. faitç m; cj!éé : il est: engendré. Et étanit ainsil engendcé,. il= e:s:t. Fils de Dieu. Le Verbe, qui sera plus; tai'd Jfésîusr-CkriiSJb,, est le Fils de Dieu, le senl qui soit fil& proprement : 'O Se oîoç.lxsîvou (ôgou)j. ô'fjiovoç XsYojjievoç xuptô)çuto^, oX^o; irpô twv irptïjffaTOJV, xai auvàv xai y&vvbyjxz-vDtÇlI Apol..,y, vr, 3 \I ApoL, XXIII, 2.).,

Dès lors, et en vertu de cette génération, le Fils est distinct dii Përe . Cettedistintïtion estmise plus ou moins en relief chez lès apologistes' : saint Justin y insiste vivement. Le Fils est autre par rapport au Dieu créateur, autre par le nombre, bien que-d*accord avec lui- : îkt^ci- IffTi TOÎJ' Ttàvxa TTor^travToç ôeoûy à"ptô(*5y Jclya), è^k- ou YvtSfAï) (Z);a/., Lvii 11). Ilne-s'en distingue pas seulement parlé nom, comme là lumière se distingue du soleîî, mafe il^ est' mimériquement quelque chose d'autre : ipi%r]ï Itepo'v rt lorri {Bial., cxxviw, 4). Tatien et AtÈénagorec usent d'^expressions^ équîva:lentes ^ , et l'on connaît ïa célèbre^ distinction du léyoç Iv^tàffetoç et dli ^oyoç Trpoïltîrpixo'ç de TMophile- d' Antioelie, îe premier- qui l'ait appliiquée au Verbe divin (ir, 2^)'.

Est'-ce donc que par cette génération le Fils se trouve sépare du Père, qnie celui-ei soit privé de son Verbe» ou que sa substance soit partagée? Nullement.

Le Verbe^ écrit Tatien ,^ « provient d'une distribution, non dfune. division. Ce q,ui est divisé est retranché de ce dont il est divisé, mais ce qui est distribué suppose une dispensatfon volontaire, et ne produit aucun déMut dans ce dont il est tiré. Car, de même qu'une seule torche sert à allumer plusieurs feux et que la lumière de la. première torche

1. s. Jdstin, D-iai.,. lxi» 1* 3;, I Apol.yXxn, 2; xxiit,. 2; j;J^^qZ., vi,.3j ■fAïlEN, Si 7;. Athén., Siispl,, 10; Théophile, ii» 1,0, 22. Talien est cependan.t moins décisif ; mais le jugement de Bardenbewer sur lui (AUldrckl. ivter.,.!:. 269) me paraît beaucoup trop sévère. Je persiste à croire que iî Diisu, souffrant an. chapitre 13 est bien le Verbe incarné.

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