De recta fide ad reg., Il, 2, col
LE NESTORIANISME. 69
de défendre l'union absolument indissoluble, croyant que le môme est [à la fois] Fils unique et premier-né, Fils unique comme Verbe, de Dieu le Père, et sorti de sa substance; premier-né aussi en ce qu'il est devenu homme et entre plusieurs frères ', »
Et il faut rappeler ici les expressions Ivwaiç xaô' &tco'cTttaiv, çuffix^Q, xatà cpuffiv, déjà signalées, et couronnées par la fameuse formule que Jésus-Christ est [i-ioi «pûaiç Tou 06OÛ Xôyox} (TeffapxiùfjLÉvTj 2. Cette formule, la plus parfaite expression de sa doctrine, si l'on se conforme à sa façon de parler, le patriarche d'Alexandrie ne l'a jamais abandonnée. Il a pu, dans le symbole d'union, adopter un instant le langage de ses adversaires et parler de deux natures (Sûo çudsiç)^. Il l'a adopté parce que, comme il l'explique lui-même, il trouvait dans le reste du symbole des correctifs qui ne permettaient pas de voir dans ces mots l'affirmation de deux natures séparées ou de deux personnes : mais, pour lui, il est toujours revenu à sa locution préféré* comme à la plus exacte expression du mystère du Christ. Ce Christ est l'unique nature incarnée du Dieu Verbe*.
Mais enfin pourquoi l'humanitéj dans l'union, n'estelle pas une personne? Cyrille l'a dit : parce qu'elle n'existe pas à part (îStxôiç) ; elle n'existe pas à part, elle ne s'appartient pas, parce qu'elle appartient auVerbequiTa faite sienne. C'est l'idée de l'ISioTroiiictç, que saint Athanase avait déjà fait valoir et que son successeur reprend à son tour. « Nous disons que le corps est devenu le pro-
1. Deineam. unigen.., col. 1208; Quod B. Maria sitdeipara, 4, col. 260; Apolog. contra orientales, col. 3.!8 B. if
S. Adv. Nestor, blasph., II, col. GO, 61 ; Epist. XL, col. 193; XLVI, 1, s,
col. 240, 24», etc.
3. Et encore peut-on croire que Cyrille appliquait déjà la restriction Iv Èvvot'atç qu'il devait faire en expliquant celte concession à ses amis. V. ci-dessus, p. 67.
4. Et voyez Epist. XL, col. 195, 193; XLY, col. 225,228, 239;XLVI, 1, 2, col. 2 40,241.
pre (tSiov) corps du Verbe, etnon de quelque homrae[existant] à part et séparément, et d'un Christ et fils autre que le Verbe. Et de même que le corps qui appartient à chacun de nous est dit notre propre corps, ainsi fautil le comprendre pour le Christ un. Car, bien que [son corps] soit homogène ou consubstantiel à nos corps (car il est né de la femme), [on ne doit pas moins] le considérer et l'appeler, comme je l'ai dit, le propre corps du Verbe ^ . j) Et plus brièvement : 'ISiov oè ffôif^a TO •fj.u.wv s-Koir,ccfzo (ô Aoyoç) xai trpor^Qev àvôptoTtoçlx yuvaixoç ^. C'est la forme, comme on l'a justement remarqué 2, sous laquelle Cyrille présente l'idée de Venhypostasîey qui sera développée plus tard par Léonce de Byzance. En faisant sienne l'humanité qu'il prend, le Verbe l'attire en sa personne, et en quelque sorte l'y insère.
De cette façon de concevoir en Jésus-Christ l'union du Verbe et de l'humanité résultaient toute une série de conséquences que le patriarche d'Alexandrie a très bien vues, et qu'il a expressément tirées de leurs principes.
l^a première est la légitimité de la communication des idiomes : c'est-à-dire le devoir d'attribuer à la personne du Verbe incarné les actions, passions et propriétés soit de la divinité soit de l'humanité, et d'attribuer à la divinité ou à l'humanité prises in concreto (à Dieu ou à Thomme) les actions et passions de l'autre nature. Saint Cyrille a usé largement et justifié l'emploi de la première forme de cette communication "*,