‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 75 sur 1102 · S. JcsTiK, Dial., «, 2; cxxvn; Théophile, n · texte numérisé non relu

S. JcsTiK, Dial., «, 2; cxxvn; Théophile, n

25e LA THEOLQGI^ AmTÉNIOEENI^JB;.

Bft laveur de la doctiine de la génération tei»pQreHe, OU' a eité surtout s^aint Justin;, // ApoL, vi, d-, I^ial., Lxi, 1; Lxii, 4; Tatien,. 5; AXhéxi2,govQy SxippL, llO; Théophile, ii, 10, 22. Celui de tous qui l'a le Hiie;ujx exprimée et qui a le plus clairement t]?a<Juit la pensée commune est Théophile d' Antioehe, ^, Go^paarant le Verbe à la fois à la parole humaine et à J'eafanfi engendré, il le représente enfermé; de toute éternité; dans le sein dui Père (5i« ipav-Tog hhéâmm. --^ Iv Toî(î,tjSwvç,(T-TrX«Y3(MW(; lvSia6eiiov;|v xapSiûf 6eou), et là son conseiller ((jyjiiaouXov.), parce qu'il est son intelligence et sa sagesse (voî^y >m «ppovïifftv). Puis^ lorsrque Dieu veut créer, ce Verhe est proféré comme une parole qui, d'intérieure, devient extérieure (l$spsu^/.Evoç, [ôeoç]) ; il sort du sein; de. Dieu cojQttme l'enfant du sein de sa mère, (touxov tovXqyom [Osqs] Iyçvvjjœïv. wppijiioftxov), pour être l'exécuteur des desseias du Père. — Or ^ces textes prouvent bien en elfet que^ d'après les apologistes, une modalité aouvelle s'est manifestée dans l'état du. Logos au moment, de lacréar tion et pour la création;: mais il est clair auvssi que ce changement d'état ne fait pas passer le Verbe du* nonrêtre à l'être, de^^ l'existen©©; impersonnelle! à rexiistence personnelle. Avant d'être ainsi proféré, d'être çnfanté au dehors, ou, comme préfèrent dire Tatien et Athénagore,, avant de s'avancer (TrpoTrrjSa, 7tpoç)k6(&v!) piour créer, le Verbe existait déj.à, et à l'état persoj)i3,el^. 11

1. M. Puech remarque très bien, en effet, que Théophile ne propose pas sa distinction A^ycir svStdôsToç et Xrfyoç upoçiapty.ô; conmie une nouyegmtè, ni comme une rectification, ni même CQmflive; \|\ie pr,ôets3on aux théories antérieures, et qu'il est fort possible, probable même que ces deux- termes techniques aient été enrployés avétnt lui, à Antiodie tout ail QiftiBS. « L'çrnpioï dje»: deux terme?! CQtB^I^n:içnt<tire$i Vsrb^ intérieur et Verbe proféré, n'ajojite donc rien en réalité à ce. que nous apprenaient déjà les premiers apologistes » {^Les- apologistes grecs, p. 222-225).

% T^iieu semble- l'affirmef positivement dans.uu teste qtie plusieurs critiques ont jugé interpolé, parce qu'il est embarrassé et lourd,, mais qui cependant s'explique fort bien : Êùv oûtô. (6eû) Sià ?>«Y,"'^?;8uvàfiLew;

LE DOGME DATSS l SÉCrôNtoE M^OÏttË 'ÛU il* SIÈCLE. 2^1

vivait dans le sein du Père. Séûlemfent de trétte "^î^ lés apoloig-istés rie se sont pas occupés : ils tf en coïinaissërit rien, sinon ^^ûe le Verbe y étiit le côiïsèîïlêTr du Père. Lès mots ^oyixvt Biiy«fXiç, vooç, ^poVvjmç, dont usent Tàlien et Théôpliile pour désignèrle Yprbe avant sa proîatîon rie prouvent pas, malgré lètiT fotltnë abstraite, qu'ils 1« cbnçusseùt cortimé alors itripèTsonnel, car ces mêmes mots Ou d'autres analogtiBS, Xoyixr) Suvafjtiç, âHça, SuvajjLiç u^iïxou, àoç^a seraient aUSsî, cbez nos auteurs, à le désigner après sa prolatiori et dans son état sûrement personnel '.On ri'eû peut doric rien conclure contre la personnalité du Verbe riôri proféré.

Reste cependant Tobjection qui vient de l'emploi du mot génération. Sî la prolatiori dU Verbe pour là création ne louclie pas, pour àirisi dire, k S'où étire intime et ne constitue qu'une relation extérieure nouvelle, pourquoi saint Justin et Théophile la rèprèseritent-ils comme une génération, ou plutôt coiûîùe là génération du Verbe? On en peut donner plusieurs raisons. D'aboïd, parce que ces auteurs trouvent Uûé ressemblance entre l'acte par lequel le Verbe est èictèriorisé en quelque sorte et manifesté au dehors, et celui par lequel l'enfant est proprement mis au moridé. Ensuite, parce que la mission créatrice du Fils est pour eux comme un prolongement et urie suite dé éà génération, comme un aspect particulier de cet acte. Et enfin, parce qUe les apologistes voient surtout, «inon ©xeliiisivement, dans le Verbe l'organe de la créâtioû et de la tëvéiâtion, et ne i'èri^îsâ'g'ènt paï

«ûtàçjcai ô)âto;v'35^»êv!«ràTa,ûftÉ(it»tfrE <8)v Bt wir aussi Athénagorb, *0, p. 46.

, 1. S. Justin, Dial., txi, d, 3-, ixii, 4; THÉopmtE, h» 10, p. 80; Sfâ,,p. iiS, Comparez ici le symbole de S. Grégoire le Thaumaturge, iliHN, Bièîiô-

252 LA THÉOLOGIE ANTÉNlCÉEiNNE.

conséquent, lui et tout ce qui le concerne, que dans ses rapports avec le monde créé. C'est pour cela qu'ils rapportent à la création même sa génération éternelle, comme si le Verbe n'avait été engendré que pour être créateur. Le Père éternel, remarque saint Justin^, en prononçant au baptême de Jésus : Tu es mon fils, je Vai engendré au^ourdhid, a témoigné que, pour les hommes, la naissance du Fils date du moment où ils en ont été instruits. Les apologistes ont parlé de même. Dans leur langage, la génération du Fils ne date pour le monde que du moment où elle lui devient connaissable.

On comprend dès lors que saint Justin et Tatien fassent de la volonté et de la puissance du Père le principe de la génération du Fils ^ ; car il est vrai que cette génération, en tant qu'elle comprend la mission de créer, est une œuvre de la volonté et de la puissance du Père. Mais, par là même aussi, se trouve éclaircie la difficulté relative à la subordination du Fils. Cette subordination ne vient pas d'une infériorité de nature, car les apologistes supposent manifestement que la nature du Fils est identique à celle du Père^. C'est une subordination qui tient à l'origine du Verbe, le Fils étant ôtto tôv uarépa parce qu'il est (XTcb Toïï TraTpoç : qui tient surtout à son rôle ministériel dans l'œuvre de la création et de la révélation. Le Père

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