Dial., Lxxxviii, 8. Cf. S. Ikf.née, Démonstration
2. S, Justin, Dial., lxi, 1; cxxvii, 4; cxxvui, 4; Tatiek, 5.
3. S. Justin, Dial., cxxviii, 4; Athén., Suppl., dO. Évidemment les apologistes ne connaissent pas le mot consubstantiel , mais leur doctrine sur cepoint résulte 1° de ce qu'ils fontdériver le Fils p.ar génération 2° de ce qu'ils remarquent que cette génération ne se fait pas par division de la substance du Père (où xarà àTroToptriv, «b; à7ro;i.epiÇo{j.£VY)? tîjç -coù TraTpôçoûffîaç). Les passages cités plus haut de saint Justin, ëTepo;... àpie{ji(3 \éyiù, à)Aà ou yvwjjLij — àpt6|xw HTspévTt, ne vont pas contre celte conclusion, parce que, dans ces passages, il ■veut surtout prouver que le Verbe se distingue personnellement du Père.
crée et se révèle par le Fils ; et celui-ci apparaît donc comme l'instrument du Père dans ces deux actes, donc comme l'exécuteur de ses volontés et dans un rôle subordonné. Seulement — et ceci répond aux derniers textes allégués de saint Justin et de Théophile — , si le Verbe seul entre ainsi en contact immédiat avec le fini, et se montre en un lieu déterminé ; si on lui attribue à lui seul les théophanies, ce n'est pas qu'on lui suppose une nature différente de celle du Père : c'est simplement parce que l'économie divine a voulu en fait que les choses soient ainsi. « Tout a été fait par le Verbe (Sià îvoyou)... Personne n'a vu 4e Père : le Fils unique qui est dans le sein du Père l'a révélé » [loan., 1, 3, 18). Voilà ce qu'atteste l'Évangile. Les apologistes partent de là et en concluent que, dans l'économie divine actuelle, le Père est invisible, qu'il n'apparaît pas et ne se montre pas dans un lieu déterminé ; que le Verbe seul apparaît,parle et agit « en la personne du Père ». Ils ne fondent donc pas cette différence entre le Père et le Verbe sur une impossibilité métaphysique, pour le Père, d'apparaître à cause de sa transcendance, et sur une possibilité, pour le Fils, d'apparaître à cause de sa non-transcendance : ils tirent simplement la conséquence des faits qu'ils ont appris par l'Ecriture, et qui correspondent évidemment à un plan spécial de Dieu^.
Telle est, sur le Verbe, la doctrine des apologistes : celle de saint Irénée, plus sobre, a prêté à moins de difficultés. Il s'est d'ailleurs peu occupé du Verbe en dehors de l'incarnation. Homme de tradition, ayant à lutter contre des adversaires qui multipliaient les systèmes sur les générations et les opérations divines ad intra, il s'enferme dans la doctrine pure et s'inter-
1. C'est à peu près la conclusion dt H. Puecb, op. cit., p. 101, lOB.
LA THÉOLOGIR ANTÉNIGÉENNI. — T. I. 15
254 LA THÉOLOGIE ANTÉKIOÉENNE,
dit toute spéculation. Au nom dé Vei^èè il préfère généralement celui de Fils.
Le Fils est Dieu, vraiment Dieu (in, 6, 1, 2). Gomme plus tard saint Athanase, saint Irénée Voit daiis dette divinité ùiie condition de la Rédemption telle qu'il la conçoit. Ge Fils identique au Verbe (ii, 28, 6 ; iir, 18, 2; cf. m, 16,6) est engendré par le Père (ii, 28, 6), êl cette génération est éternelle : « Sèmpér autefti eoexistens Filius Patri » (ii, 30,. 9). « Non enim infectus es, o homo, neque semper coexistetis Deo sicut proprium ejus Yerbum » (ii, 25, 3; cf. m, 18, 1) ^ Ainsi Irénée repousse la doctrine de la génération temporelle : il ne veut ni de la, projection au dehors (Trpoêo)^^) des gnosti^ ques ni des théories ahalogtieè. A la question : comment le Fils est-il né? il répond simplement que le Père et le Fils seuls le savent^ et que les gens qui prétendent donner sur cela des explications, et qui assimilent la |)rolation du Verbe à celle de la parole humaine n'ont pas le sens commun : « Non suiït compotes sui. — Quasi ipsi obstetricaverint ! » (ii, 28, 6; cf. ii, 13, 8).
Saint Irénée attribue, sans doute, comme les apologistes, la création au Fils : le Fils est la « main de Dieu » par laquelle celui-ci crée (iv, 20, 1 ; v, 6, 1). Néaiimoins il insiste plutôt sur son rôle de révélateur. Le Fils est dans le Père et le Père est en lui (m, 6, 2; IV, 4, 2) : « Invisibilè êtenim Filii Patér, visibile èfutém Patris Filius » (v, 6, 6). « Agnitio ehim Patris est Filii manifestàtiô » (iv, 6, 3). G'estpârlé Fils qiièlePère èM connu. Par lui il se manifesté d'abord aux âbgés et au^ vertus célestes dès le commencement et ^vant la «réatie^du monde, puis aux hommes (ii, 50j 9; iVj 6, 5, 7; IV, 7, 3; ivv -20, 7).