‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 769 sur 1102 · De recept. haeret., col · texte numérisé non relu

De recept. haeret., col

affîrmatian mérite d'être vérifiée; Nous allons ici ex« poser leurs vues, en prenant pour centre la doctrine de Sévère, qui les a plus complètement approfondieis et développées ' .

Cette doctrine de Sévère a été jiigée très obscure et contradictoire par ses adversaires : on l'a accusé lui-même d'être un sophiste inconstant et variable ^. Gela vient uniquement de ce qu'on n'a pas compris sa terminologicj et de ce qu'on n'est pas assez entré dans sa pensée, qui est en effet subtile parfois et compliquée, mais qui offre d'ailleurs beaucoup de suite.

Sévère confond d'abord dans un même sens les mots fùaiçy £nro(7Ta(7iç, irpodtoTrov. L'identification des deux pre-

1. Les sources pour connaître la doctrine de Sévère sont: l" Ce qui reste de ses œuvres : beaucoup est encore inédit. On a édité : L. W. Brooks, The sixth book of the sélect Letters of Severus, pair, of Antioch, Loiidon, 1902-^904. R. Duval et M. Brieiie, Les Homélies de Sévère d'Antioche, trad. inédite de Jacques d'Edrsse, Homélies LU à LXIX, dans la Patroïogia orient, de R. Graffis et K. Nau, tom. IV et VIII. E. W. Brooks, The hymns ofSeverus of Antioch, ibid., tonà. VI et VII, 1911. A. KuGENER, Allocution prononcée par Sévère après son élévation, sur lé trône patriarcal d'Antioche, 1902. De plus, on trouve dès fragments importants dans Quaestiones adversus. monophysitas (P. G. LXXXVI, 2, col. 1769-1901); Eustathids monachus, Epistula ad Timothaeum scolast. de duabus naturis adv. Severum (Id., 1, col. 901-942); Fi DiEKAJUP, Doctrina Patrum de incarn. Verbi, Miinater in W., 4907. V. aussi Mai, Classici auclores, Romae, 1828-1838; Spicilegium romanum, Romae, 1839-1844; J, C. L. Gieseler, Commentatio qua monophys... errares... illustrantur, pars II, Gœltingue, 1838. J. B. Chabot, Documenta ■ad origines monophysitarum illuslrandas, Paris, 1908. Si. Lebon, dans son Monophysis7nesévérien,a brièvement analysé le livre III de l'écrit 4)6 Sévère Contra Grammaticum (p. S27-55l>, publié quelques fragments et traduit au cours: de son livre plusieurs passages inédits. — ^o Les historiens anciens qui se sont occupés de Sévère et du monopbysisme, notamment : K. âhbens et G. Krdkgeb, Die sogenannte Kirxhengeschichte des Zacharias Rhetor, Leipzig, 1899. J.-B. Chabot, Chrortique de Michel le Syrien, Paris, 1901, 1902. A. Kogener, Vie de Sévère par Zacharie le ScoUistique. Vie de Sévère par Jean de Beith-Aphtonia, Paris,. 1903, 1904 {Patr. orienL, tom. II). E. J. Goodspeed, The cpnflict of Severus, patr. of Antioch, by Athanasius [ibid., tom. IY^1908). — Travaux : F. LooFS, Leontius von Byzanz, Leipzig, 1887. J. p. Junglas, Leontius von Byzanz, Paderborn, 1908. M. Peisker, Severus von Antiochien. Halle, 1903. J. Lebon, Le monophysisme sévêrien, Louvain, 1909.

2. noXû{i.op!po;, iJLupt6[j.op9o; £evfipo;, noXunotxtXo; ffoçiK (Eustathe, •op. cit., col. 913, 917, 929). ,.

L'ÉVOLUTION: DU MONOPHYSISME. 119

miers termes se rencontre chez lui à chaque instant ; mais il leur assimile aussi le troisième^ : « Quand l'union hypostaticjue qui est parfaite de.deux [natures^] est confessée,. 4it-il, il n'y a qu'un Christ, sans mélange,, une personne, une hypostase, une nature, celle du Verbe incarné 2. » Que si, au contpaire, on divise par l'esprit le Christ en deux natures, on n'a pas; seulement deux natures, mais aussi deux hypostàses et ideux personnes 3. Le sens qu'il donne à ces trois mots, même à celui de «p-jcfiç, est le sens d'individu concret, de sujet, de personne, ^ucrtç n'est nullement l-'équivalent d'oùsia : il s'oppose à oucrt'a comme l'individu et le particulier au commun ''. Jésus-Christ n'«t pas une seule nature, il esiune seule nature^. Dire comme les chalcédoniens qa'il y a deux natures en Jésus-Christ, c'est être nestorienj car c'est dire qu'il- y a en lui deux personnes ^ : le nombre en effet suppose la séparation, et deux natures sont nécessairement deux personnes'^. Et quant à l'expression « deux natures unies », c'est un non-sens, car deux natures unies ne sont pas deux mais une seule nature, une çudiç n'étant telle qu'à la condition d'être x»6' layr^v*.

Ceci posé, Sévère, dans le développement de sa^

1. D'une façon peu fréquente cependant. Ainsi, malgré le témoignage d'Eusta'lie {op.cit., col. 921 A),. Il est fort douteux que Sévère ait accepté la formule iv. 5v)o Ttpoaoîjttov, alors qu'il accepte sans hésiierla formule èx ôûo ûjîocrxaffeuv : la première rappelait trop le nestorianisiiie.

2. Lettre à Sergius, ap. Ledon. p. 243 ; cf. Anastase le Siniïte, Hodegos, col. 148, 304. M. Lehou ayant utilisé dans sa thèse les textes que je signale ici, et dont plusieurs ne se trouvent que- chez lut, j'ai indiqué^ à

la suite des, références, les pages de son livre où ons pourra- 168

trouver.

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