‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 79 sur 1102 · De Trinitate, lib. I, cap. m · texte numérisé non relu

De Trinitate, lib. I, cap. m

4. Ad Aulol., comparez ii, 10, IS avec ii, 22, et ii, 10 avec ii, 30, 33.

». A moins qu'il ne s'agisse ici du Saint-Esprit image du Fils. Voir la note de D- Massuet sur ce passage.

Fils et lui, les « deux mains » par lesquelles Dieu a créé et formé l'homme (iv, Préf., 4; iv, 20, 1; v, 6, 1). Par rapport à l'Église, le Saint-Esprit est la vérité, la grâce, un gage d'immortalité, un principe d'union avec Dieu que le Christ lui a communiqué. Il lui est intimement uni, et donne à ses sacrements leur efficacité et leur vertu (m, 17, 2 ; m, 24, 1 ; v, 8, 1 ; cf. iv, 33,7)'.

On trouve donc, pour conclure, dans les écrivains de la seconde moitié du ii^ siècle, l'ébauche d'une doctrine trinitaire. Celui qui l'a le mieux résumée, et qui a marqué le mieux l'unité à la fois et la distinction des personnes est Athénagore. Les chrétiens, remarquet-il, connaissent « un Dieu et son Verbe, quelle est l'union du Fils avec le Père, quelle est la communication du Père avec le Fils, ce qu'est l'Esprit, quelle est l'union et la distinction de ceux qui sont ainsi unis, l'Esprit, le Fils, le Père » [Supplie. j 12). « Le Père et le Fils ne font qu'un : Le Fils est dans le Père, le Père dans le Fils dans l'unité et la puissance de l'Esprit... Comment, après cela, ne pas s'étonner d'entendre appeler athées des gens qui affirment un Dieu Père, un Fils Dieu, un Esprit-Saint, et qui montrent leur puissance dans l'unité et leur distinction par le rang » [Supplie, 10) ?

§ 4 — Les anges, l'homme, la chute.

Les premières créatures de Dieu sont les anges, créés intelligents et libres 2. Athénagore [SuppL, 10) en fait les ministres de Dieu pour le gouvernement du monde. Dans un passage bien connu (/ ^/?o/., vi, 2),.

1. Pour plus de détails, voir H. B. Swete, The holy Spirii in the andent Church, London, 1912, Part I, v.

2. Tatien, 7; S. JusTi», Dial., lxxxvih, S; S. Irénée, Démonstr., 9. Sur l'angclôlogie des apologistes, voir Fr. K^d^ts, Die Engellehre der griechischen Apologeten de» zweilen Jahrhundert, Paderborn, 1914.

;25S LA THEGLOGfE ANTE1SICEENXE.

saint Justin les nomme entre le Fris et le Saint-Esprit. Mais outre que le passage est unique, cet ordre s'explique par la remarque du saint docteur que le nom d'ange a souvent été donné au Fils, et par le but qu'il «e propose, qui est simplement d'établir que les éliretiens ne sont pas des athées. Le texte prouve en tant <^s que les anges étaient alors l'objet d'un cuî'le (ffeôoueôa xai Tcpotntuvoïïuev). Plusieurs de ces anges n'étaient pas restés dans la voie droite. Les ims avaient péclié avec les filles des hommes ; d'autres s'étaient readus coupables de divers méfaits'. Entre tous, le diable ou Satan est îe plus pervers, l'ennemi spécial de Dieu, l'auteur de la chute d'Adam^.

La démonologie tient dans Tœuvre des apologistes nnc place considéraMe, et leur sert. notamment, comme on l'a remarqué déjà, à expliquer en partie l'origine et les méfaits du paganisme. Tout en offrant des traits communs avec la démonolog'ie des auteurs païens, elle reste, dans ses données essentielles, fondée sur î'Écriture et spécifiquement chrétienne^.

D-ans l'homme les apologistes distinguent deux éléments, l'âme et le corps. On a même accusé saint Justin, sur le chapitre 10 d-u fragment De resurrecîione, d'en distinguer trois, car il y -écrit queie corps est la maison de l'âme, l'âme celle de l'esprit : oTxoç yàp to <rw(xa ^vyr.ç., irveuLtaxoç Si 4'"Z''i o^^oî* L'ensemble de ses osuvrages le représente cependant plutôt comme dichotomiste''. Le Ttvzv^a. dont il iest ici question nr'est pas l'âme raisonnable, le voûç, c'est f)lutôt l'Esprit de J>ieu, principe de Tie surnaturelle. On a de même ol)servé que les apolog-istes enigénéralj'Ctien particulier saint Justin relèvent

i^ s. JCSTIN, II ApoL, V, 'S-Gj Athén., Stqjp'l., 24.

2. S. Justin, I Apol., xxviii, 1; Dial., cm, 5, G; Athén., Sv^pl., 24.

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