S. Justin, Dial., lxxxvh, 2, 3; lxxxviii, 1, i
5. S. Justin, Dial., xyii.„;3;îX0VIj1; cu,;'5, .7,;.cx,'^;>(iatY,\a,:v»;.«a3i?i,»l,«8.
^6i LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.
Méliton, si le fragment vi est authentique, — et il n'y a aucune raison décisive d'en douter — , a été le premier à la formuler explicitement : ôeoç ^àp 3>v ôjaou ts xal avOptOTCo; téXetoç ô aùtoç (•^^pic'co;) tkç 8uo «ôtoîî oOoiaç iTTiffTtoiraTfl ^[aTv. Mais d'autre part, nos auteurs, et par la façon dont ils parlent, et par l'emploi qu'ils font de la communication des idiomes, montrent assez qu'ils n'admettent en Jésus-Christ qu'une seule personne. « Ipse enim vere salvavit ; ipse est Verbum Dei, ipse unigenitus a Pâtre Christus lesus Dominus noster ». « Ipsum Verbum Dei incarnatum suspensum est super lignum »^ Saint Irénée. va même plus loin et, manquant du terme technique pour traduire l'union hypostatique, il la désigne parfois comme une commistio, un mélange de Dieu et de l'humanité 2. Mais il ne faut voir là qu'une impropriété de langage que corrige son enseignement ferme des deux natures. Les expressions communio Dei et hominis, evojoiç xou Xoyou tou 6eou Ttpàçxo itXàcfAa aù-cou, employées ailleurs (iv, 20, 4; 33, 11; cf. III, 16, 6; 19, 1), sont plus près du mystère, bien qu'elles n'en disent pas tout le contenu.
La sotériologie de saint Justin est moins développée que sa christologie. Il serait exagéré cependant de dire, ainsi qu'on l'a fait, que l'idée de l'expiation et de la substitutio vicaria ne se rencontre pas du tout dans ses ouvrages. Non seulement le saint docteur répète que Jésus-Christ a soutlert pour nous, pour nous racheter^, mais il remarque que tous les hommes étant soumis à la malédiction pour leurs péchés, le Père a voulu que son Christ reçût en lui les malédictions de tous. Non que ce Christ ait été maudit de Dieu en
. 1. s. Irénée, iu,16, 9; v, 18, 1; cf. m, 9, 3; 19,2, 3; Méliton, frstgm. VII, Mil, XIV, XYI.
». lY, 20, 4; Démonstr., 41.
- i. 7 Apol., LXiii, 10, 16; Dial., ui, 1 ; cxxxiv, S,
effet, mais c'est nous qui l'étions, et il a souffert pour le genre humain*. L'auteur observe encore ^ue la mort est la conséquence du péché, que Jésus-Christ Ta soufferte cependant non pour lui, mais pour les hommes'' ; d'où il suit bien que le Sauveur a pris sur lui la peine du péché et a détruit par là et le péché et la mort.
Quant à saint Irénée, il expose d'abord cette théorie mystique de la Rédemption, qui voit dans le fait même de l'Incarnation un premier moyen de notre réparation. Le Verbe incarné récapitulait en lui, nous l'avons vu, l'humanité tout entière, et devenait pour elle un nouvel Adam, un nouveau chef en qui elle recouvrait ce qu'elle avait autrefois perdu dans le premier. « Quando incarnatus est et homo factus, longam hominum expositionem in se recapitulavit, in compendio nobis salutem praestans, ut quod perdideramus in Adam, id est secundum imaginera et similitudinem esse Dei, hoc in Christo lesu reciperemus » (m, 18, 1; m, 21, 10; V, 23, 2). Jésus nous représentait tous collectivement et individuellement, et dès lors, par l'Incarnation même qui nous faisait en lui communier à l'immortalité et à l'incorruptibilité du Verbe, l'œuvre de notre rédemption et de notre réintégration était déjà commencée (m, 9, 1 ; m, 18, 7). Cependant elle n'était pas complète : car une rédemption ainsi conçue aurait bien réparé les suites du péché, la corruption et la mort; mais le péché lui-même n'eût pas été expié. Le Christ, notre représentant, devait apaiser la colère de Dieu; et c'est pourquoi l'évêque de Lyon passe à la doctrine classique de notre rachat par l'expiation de Jésus-Christ. Comme le péché est avant tout une désobéissance, saint Irénée insiste d'abord