EusÈBE, Hist. eccl., Y
5. T^ èxx>.ïi<Tta; lïpoffeTÉÔTjaav, Eusèbb, Hist. .eecl., V, 4, il r '32-35, i5- 48; 2,6-8.
6. EcsÈBE, Hist. eccl., IV, 23, 6. Denys vivait et éctiVilt "vers l'ait iio.
276 LA THÉOLOGIE ANTENICEBNNE.
pénitence (ui, 14, 4); et il dit que, de fait, beaucoup dliérétiques rentrèrent dans l'Eglise à la voix de Pol^^carpe, quand celui-ci vint à Rome sous Anicet (1115 3, 4). Toutefois, les indications les plus précises sont celles que l'on trouve au livre I, chapitres 6 et 13 de VAdf>e7'sus haereses, à propos des femmes séduites par les gnostiques, et qui avaient perdu dans leur commerce leur vertu avec leur foi. Les chrétiens ne les abandonnèrent pas et s'efforcèrent de les ramener à la vérité et au bien (13, 5j. Beaucoup y revinrent en effet, et saint Irénée nous les montre confessant leurs fautes et passant leur vie dans l'exomologèse publique (xov ^TravT» ypovov l^op.oXoYOUfAévif] — £tç (favEpôv I^ojjloXoyouv, 13, 5, 7) ; tandis que d'autres, désespérant de la vie de Dieu, se retiraient complètement de l'Église, et que d'autres encore ne prenaient aucun parti. Saint Irénée, à la vérité, ne dit pas expressément que les pénitentes aient été réconciliées au moins à la fin de leur vie ; mais on peut le conclure de l'ensemble de sa doctrine.
Le mariage a attiré l'attention de nos auteurs surtout au point de vue polémique, contre les païens et contre les hérétiques. Parmi ces derniers, quelquesuns, comme Tatien et les encratites, condamnaient absolument le mariage', d'autres, comme les montanistes, ou exagéraient l'obligation de la continence, ou prohibaient les secondes noces. Les païens, de leur côté, reprochaient aux chrétiens des promiscuités révoltantes. Contre les premiers, nos auteurs affirment nettement l'honnêteté du mariage : le condamner, c'est indirectement blâmer le créateur qui a fait les sexes différents pour la propagation du genre humain^.
1. On sait combien ce thème revient souvent dans les actes apocrjphes des apôtres, par exemple dans ceux de saint Thomas. 3. S. Irénée, i, B8, 1.
Contre les montanistes, ils font remarquer que la continence parfaite, si glorieuse qu'elle soit, ne saurait être la vocation commune ni imposée à tous indistinctement'. Mais d'autre part, et pour réfuter les calomnies païennes, ils relèvent la réserve que gardent les chrétiens dans la vie conjugale. Les chrétiens n'usent du mariage que pour avoir des enfants : ils ne regardent comme permises ni la polygamie simultanée, ni les secondes noces après le divorce 2. Quant aux secondes noces après la mort du premier conjoint, on sait qu'Athénagore, sans les condamner absolument, les voit de mauvais œil. Elles ne sont d'après lui qu'un honnête concubinage (euTrpsTc^ç [noiyeict] , et celui qui y convole n'est qu'un fornicateur occulte ((Aoiyô; Tcapa- KexaXu(A(jiévo!;)2. L'idéal chrétien c'est la monogamie (piovoY«[i!.i« TYipEÎTat)''. Athénagore ajoute du reste que les chrétiens suivent dans leurs mariages « les lois qu'ils ontétablies » (toù; ôç' ^fjaSv TeOeipiévoui; vou.ouç)^, différentes des lois civiles, et qui régissaient déjà les unions des fidèles.
S 7. — Eschatologie. Conclusion.
Il y a, remarque saint Justin, deux avènements de Jésus-Christ annoncés par les prophètes, l'un dans
1. c'était J'objet probablement de la lettre de Denys de Corinthe aux églises du Pont dont il a été question ci-dessus, et où il donnait plusieurs avis uepî fiiioM xai «Y^eiaî. C'était sûrement celui de sa lettre aux habitants de Cnosos (Eusèbe, //. E., IV, 23, 6, 7).
2. Athén., Suppl., 33; S. Justin, Dial., cxli, 4; I Apoli, xv, 5. C'est en ce dernier sens que plusieurs critiques entendent ce passage de l'Apologie (cf. xv, 3). Mais d'ailleurs, saint Justin approuve la conduite d'une femme chrétienne qui avait divorcé avec son mari païen incontinent (// ApoU, II, 1-7).
3. Suppl., 33. On remarquera les deux adjectifs, qui corrigent ce que jxot^eCa, (Loixô; disent de trop.