Commonit
*. De incarnat.,l, 6.
S. Ibid., V, 5.
une expression faillible, et qui n'a toute sa valeur d'inerrance que lorsque l'Egiise parle l<5ut entière '.
Cette circonstance se réalise quand le's pasteurs dispersés sont unanimes dans leur sentiment sur un point donné de doctrine : elle se réalise aussi dans les conciles généraux. Pour qu'ils soient tels, saint Léon exige que les évéques y aient été convoqués « de cunctis provinciis-» ; mais il n'exige pas que tous ni même le plus grand nombre y aient assisté en effet, puisqu'il donne le titre de général au concile de Chalcédoine, quiue réunit certainement pas cette majorité^. Aux réunions de TEglise universelle saint Vincent de Lérins n'hésite pas à attribuer une autorité irréfragable -* , et saint Grégoire, dans un texte classique, veut que l'on porte la même révérence qu'aux évangiles : « Sic quatuor synodes sanctae universalis Ecclesiae sicut quatuor libres sancti Evangelii recipînaus ^. »
Le sentiment de l'Église universelle est donc une •sûre règle de foi. Et cependant on sait que Vincent de Lérins n'a pas semblé s'en contenter, cpi'îl exige, pour qu'unedoctrines'impose à la croyance du fidèle, qu'elle ait été admise partout, toujours et de tous :<(<juod ubi- -qu«, quod sempe'r,quod ab omnibus creditUTn est. Hoc -est etenim vereproprieque catholicum » ; qu'il veut que
•1. Saint Fulgence, comme tertullien et saiot Irénée, trouve la garantie de cette intégrité de la croyance de l'Éslise dans l'ordre de la succession épiseopale sur les sièges apostoliques : « Quaeifides usque nunc per successionum seriem in cathedra Pétri apostoli Romae vel Aniiochiae, in cathedra Marci evangelistae in Alexandria, in cathedra loan- XLis evangelistaç Ephesi, in cathedra lacobi Hierosolymae, ab episcopis ipsarum nrbium praecKcatur » (De Trinit., I).