Epist. CLXVII, inquis
3. Je ne vois pas de raison de restreindre la décision de saint Léon au cas de fautes secrètes : la pape parlé généralepient « pro crimine aliquo ». La règle qu'il pose est encore celle que rapporte saint Isidore : tout le monde doit faire pénitence, mais « a sacerdotibus et levitis, Deo lantum teste... a caeteris vero attestante coram Deo soiemniter sacerdote » (De eccles. offic, II, 17, 6).
*. Conc. d'Epaone de 517, can. 22 (Mansi, VIII, S61); S. Gkégoibk, Epist. IX, 63; XII, 31.
causes qui introduisirent dans le clergé l'usage de la pénitence canonique. Dans les monastères en effet, les clercs coupables furent soumis, au vu" siècle, comme les moines avec qui ils vivaient, à l'imposition de la main et à la réconciliation sacramentelle : ils reçurent la pénitence. D'autre part, le clergé ne resta pas étranger au mouvement qui portait les fidèles à demander la pénitence au lit de mort; et de cette pratique naquirent parfois des cas embarrassants. Le concile de Tolède de 683 eut précisément à trancher un cas de ce genre, à propos de l'évêque de Valeria, Gaudentius, « quod incommodae valetudinis nimietate praeventus, per manus impositionem subactus fiiisset paenitentiae legibus ». Gaudentius, revenu à la santé, demandait s'il pouvait conserver ses fonctions épiscopales. Le concile décida qu'il le pouvait, parce qu'il n'avait pas d'ailleurs accusé de faute grave et scandaleuse ^ . Ainsi, au vu" siècle, la discipline tombait qui interdisait aux clercs supérieurs le bénéfice delà pénitence canonique. Au viii* siècle, saint Chrodegand, on l'a vu plus haut, enjoignait par sa règle à son clergé de se confesser au moins deux fois l'an ^ ; et les livres pénitentiels contiennent, aussi bien pour les clercs des différents ordres que pour les laïcs, les tarifs des diverses fautes qu'ils peuvent commettre.
Voici donc le terme auquel avait abouti le développement du dogme et de la discipline pénitentiels vers le milieu du vin* siècle.
L'actio paenitentiae comprend toujours trois parties : la confession, l'expiation, l'absolution.
La confession est secrète : elle a pour objet tous les peceata capitalia, c'est-à-dire tous les péchés|qui méri-