‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 991 sur 1102 · X, AUrsi, XI · texte numérisé non relu

X, AUrsi, XI

a. Y. supra, p. 404.

tent l'enfer et qu'actuellement nous appelons mortels ^ .

L'expiation est publique et plénière pour certains crimes énormes et scandaleux : plus ordinairement, elle est privée. Cette pénitence privée se substitue de plus en plus à l'ancienne pénitence publique, et devient à peu près la seule pratiquée. Mais de plus, elle tend à se tarifier par l'usage des pénitentiels, chaque catégorie de fautes ayant sa peine fixée d'avance.

L'absolution reçue d'abord publiquement le jeudi saint, en dehors du cas de maladie, se donne maintenant privément et à tout moment' de l'année. En principe cependant, elle n'est accordée qu'après l'accomplissement de la satisfaction pénitentielle ; mais on constate déjà des exceptions à cette règle, et ces exceptions ont tendance à se multiplier de plus en plus.

La pénitence plénière et solennelle ne se réitère pas ; mais la pénitence privée peut se réitérer. De celle-ci le simple prêtre devient le ministre ordinaire : il reçoit la confession, fixe la satisfaction, et réconcilie le pénitent.

1. c'est le sens que donne saint Césaire à l'expression peccala capitalia. Présentant des exemples de cette sorte de péchés, il énumëre : < sacrilegium, homicidium, adnlteriuin, faisum testimoninm, furtam, rapina, snperbia, invidia, avaritia et, si longo teneatur, iracnndîa, et ebrietas si assidua sit in eorum numéro computatur • \Sermo Civ, S; cf. XIII, S; LXVIII, 3). On remarquera que le sacrilège, plus général, a remplacé Vaposlasie ou Yidolâlrie. La tendance est d'ailleurs de considérer les trois anciens péchés ad moriem comme les trois types des péchés contre Dieu, contre le prochain et contre soi-même, sous lesquels ou range tous les autres. Saint Fulgence, distinguant les peeeala 2evia,qui sont le Tait des justes, àespeccata gravia, qui sont t« fait des méchants (tntgui), dit que ceux-ci commettent ces péchés de trois l^açoDs : • aut enim sacrilegiis, aut flagitiis, aut facinoriba* implîcantur >. Les sacritegia comprennent l'apostasie et l'héréBie. les flagitia sont les péchés contre soi-même (in seipsis immtderau atque obseeni iwpiter vivunt) ; et enfin par les faeinora il faut entendre ies domma^'es causés au prochain : • quando atios aut damnis attt <|uibnslibel ojipressionibus crudeliter laedunt » [De ineamatione, SB, 37). — On sait que saint Grégoire compte sept vices capitaux qai naiss«.qt de l'orgueil, leur racine : € inanis gloria, invidia, ira, tristilia, avaritia, ventiis ingluvies, luxuria » {Moral,, XXXI, 87 ; cf. S. Isidore, Différent., II, 161-168).

Enfin le fait d'avoir reçu la pénitence même plénière, si d'ailleurs on n'a point confessé de crime scandaleux et si l'on n'a pas de fait accompli la pénitence publique, n'est plus un obstacle à l'entrée dans le clergé et à la réception des ordres supérieurs. Réciproquement, les clercs même des ordres supérieurs sont admis à la pénitence canonique, et ils conservent néanmoins leurs fonctions, si d'ailleurs les fautes commises par eux n'exigent pas qu'ils fassent publiquement pénitence et n'ont pas entraîné leur "déposition.

§ 11. — L'extrême-onctLon, l'ordre, le maziage.

La mention de l'extrême-onction, que nous avons rencontrée au commencement du v® siècle sous la plume du pape Innocent P"^ écrivant à Decentius, se retrouve plus fréquemment à mesure que l'on descend dans le haut moyen âge, et presque toujours avec rappel du texte de saint Jacques, v, 14, 15, où l'on voit cette cérémonie clairement indiquée : « Quoties aliqua infirmitas supervenerit, écrit saint Césaire * , corpus et sanguinem •Ckristi ille qui aegrotat accipîat : et inde corpusculum suum ungat; ut illud quod scriptum est4mpkatur m ^o, înfirm'OÂur aiiquiSj inducat preshyteros, et orent super eum ungentes eum oleo^ et oratîo fidei salvabit infirnmmj etMleviaMt eum Dominu^; et si in peccatis -sit, dimittentur ei. » Des textes analogues reparaissent dans Gassiodfore ^ dsais Sonnatius de Meims (600-631) ^, dans saint Éloi de Noy on (640-659)-', dans le vénér£d)le

i. Sermo GGLXV, a {P. L,, XXTCIX, 2898).

^. Ëomptexio in epist. sancti §00011,4.1 '{P. L., LXK-, "1380). 3. JStofaito, 15 (iP. L., LXXK, 44o>.

■^.DetrectitudiTue-catfuriicae vonversatîcmis (P. L., XL, WH).

Bède*, Eegbert d'York 2, saint Bonifacede Mayence^, On remarquera que Bède présente cette cérémonie comme un usage reçu dans TEglise de son temps : « nunc Ecclesiae consuetudo tenet » ; mais que, d'autre part, il observe, à la suite du pape Innocent P"" à qui il se réfère, que les fidèles peuvent eux-mêmes s'oindre ainsi de l'huile des infirmes, encore que cette huile doive être nécessairement consacrée par les évêques. Saint Boniface, dans le statut mentionné plus haut, prescrit à tous ses prêtres d'avoir avec eux de cette huile, et de prévenir les fidèles qu'Us aient à réclamer leur ministère en cas de maladie.

Saint Léon donne au sacerdoce le nom de sacramentum "', mais sans préciser le sens qu'il attribue à ce mot- Au v® et au vi* siècle, le nombre des ordres est depuis longtemps fixé dans l'Église latine, bien qu'on semble ne pas s'accorder sur la dignité respective des ordres mineurs. Les Statuta Ecclesiae antiqua (90-98) présentent la hiérarchie actuelle, episcopuSy presbyter, diaconus, subdiaconuSy acolythus, exorcista, leatorj ostiarius, {psalmista id est cantor]. Saint Isidore, . dans ses Mymologies^, la répète, sauf qn'il met le chantre avant le portier ; mais dans son De ecclesiasticia officiis, il en traite dans l'ordre suivant : l'évêque, le prêtre, le diacre, le sous-diacre, le lecteur, le psalmiste, l'exorciste, l'acolythe, le portier^. Il remarque d'ailleurs, avec les Statuta, que les chantres ou psalmistes n'étaient pas proprement ordonnés, mais pou-

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