Epist. Xn
que le pape Pelage écrit à l'occasion de la consécration de PaïQin d'Aquilée, en 557, par l'évêque schismatique de Milan, Vitalis, et à l'occasion de la fuite d'un autre Paulin, évêque schismatique de Fossombreuse , en Tuscie * . Si Pelage ne mesure pas assez ses expressions^, sa pensée cependant n'est pas douteuse. Mais, dans les siècles suivants, les préjugés, l'ignorance et la passion obscurcirent manifestement la doctrine que le génie d'Augustin avait éclaircie. Les grecs, on l'a vu, inclinaient à rejeter les ordinations des hérétiques. Dans le conflit qui divisa, au vi® et au vu® siècle, les églises anglo-saxonnes et bretonnes, le moine cilicien Théodore, devenu archevêque de Cantorbéry, n'hésita pas à appliquer les principes dont il avait été imbu dans sa jeunesse, et s'en fit une arme contre ceux qu'on appelait hérétiques quartodécimans , c'est-àdire contre le clergé breton 3. Ceadda, northumbrien de naissance, avait été ordonné évêque d'York par l'évêque de Winchester assisté de deux évêques bretons : Théodore le fit déposer et, regardant comme nulles les ordinations qu'il avait reçues, les lui fit toutes renouveler avant d'en faire un évêque de Lichfîeld"*. En même temps, il insérait dans son pénitentiel la prescription 26 : « Si quis ab ereticis ordinatus sit, iterum
1. p. L., LXIX, 411, 412. Sur ces faits v. L. Sàltet, Les réordinations p. 79-81.
2. ( Pudenda, ut ita dicam, rapina in divisione non est consecratns sed execratus episcopus. Si enim Ipsum nomen consecrationis rationabill ac vivaci intcllectu discutimus, Is qui cum universali delrectat consecrari Ecclesia, consecratus dici vel esse nnlla ralione poterit > (col. 411). Et ailleurs : < Non est Christ! corpus quod schismaticus conficit, si veritate duce dirigimur » (col. 412).
3. Une des. particularités des églises bretonnes était de célébrer la fête de Pâques suivant un vieux compui romain de 343, abandonné à Rome depuis longtemps, , mais qui n'avait rien à voir avec l'ancien cotnput quartodéciman : on n'en traitait pas moins ceux qui le suivaient d'hérétiques quartodécimans.
4. Eddii Stephani vita Wilfridi episcopi, XV, ap. Saltet, op. cit., p. 89; BEDE, Ilist. eccles., ÎU, 28; IV, 2, 3.
4t8 HISTOIRE DES DOGMES.
débet ordinari^. a Une brèche plus grave encore fut faite dans les principes augustiniens par le concile romain de 769, qui déclara nulles toutes les ordinations faites par le pape Constantin, usurpateur il est vrai, mais véritablement évêque, et obligea ceux qu'il avait ordonnés à recevoir de nouveau l'ordination, dans le cas où ils seraient choisis pour les fonctions auxquelles Constantin les avait élevés 2. Ces faits et les formules exagérées de Pelage dont j'ai parlé jetèrent dans la pensée théologique, sur la question de la validité des ordinations conférées par les hérétiques et les schismatiques, un troublé qui ne fit que s'accroître dans les siècles suivants, et dont elle fut bien longtemps à se délivrer.
On a vu plus haut ^ que saint Augustin avait déjà donné au mariage chrétien, en tant que figure de l'union de Jésus-Christ et de son Église, et en considération de son indissolubilité, le nom de sacramentum. Cette expression, empruntée à saint Paul, se retrouve, nous l'avons dit aussi, sous la plume de Salvien : cannubiî saeramenta, venerabilis connubii sacra" menta ^ ; et saint Isidore l'explique : « Sacramentum autem ideo inter coniugatos dictum est, <juia sicut non potest Ecclesia dividi a Christo, ita et uxor a vire. Quod ergo in Christo et in Ecclesia hoc in singulis quibusque viris atque uxoribus cuniunctionis inseparabile sacramentum est^. »
C'est donc du , symbolisme du mariage que saint