Sergius mourut le 8 ou le 9 décembre
condamnèrent quiconque professait une ou deux opérations ^ Les difficultés ne pouvaient donc venir de rOrient: les décrets impériaux les plus manifestement abusifs étaient toujours sûrs de rencontrer dansl'épiscopatune adhésion servile. Mais elles allaient venir de Rome et de l'Occident. Honorius était mort le 12 octobre 638, et ses successeurs devaient regarder de plus près que lui à toutes ces questions. La vraie opposition au monothélisme était sur le point de commencer.
Avant d'en rappeler brièvement les diverses phases, il est nécessaire que nous nous fassions ici une idée précise de la doctrine monothélite. Cette doctrine est assez confuse et ne saurait être bien comprise sans quelques éclaircissements.
La christologie orthodoxe admet que le Verbe s'est uni la nature humaine au point de se l'approprier et de la faire sienne. Les actions et passions de cette nature lui sont donc rapportées comme au centre d'imputation : c'est lui, c'est le Verbe incarné qui agit et qui souffre dans et par cette nature. Mais ces mots doivent être exactement entendus. La nature humaine n'est pas aux mains du Verbe ce que serait un instrument aux mains d'un principe actif, la hache aux mains de l'ouvrier par exemple. La personnalité prise à part de la nature en effet n'a en soi aucune activité, n'est pas un principe dynamique : c'est un simple mode d'être de la nature, le mode d'exister à part soi et de former un tout physique indépendant. La personnalité est une condition requise pour que la nature exerce son activité, car une nature àvuTcoffraxoç ne pourrait pas exister, ni par conséquent agir ; mais la personnalité ne met pas en branle cette activité. Si les actions et passions de la nature sont rapportées à la personne, ce n'est pas que