‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 118 sur 424 · I. Mansi, X, 1000, lOOi, lOOi · texte numérisé non relu

I. Mansi, X, 1000, lOOi, lOOi

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la personnalité prise isolément en soit la cause principale efficace : c'est parce que la personne concrète comprend et la nature et la personnalité, c'est-à-dire exprime le tout auquel doivent être rapportées les actions et passions de la nature, partie improprement dite de ce tout.

Par conséquent, lorsqu'on dit que le Verbe incarné agit et souffre dans et par sa nature humaine, queveut-on dire? Simplement que la nature humaine existant dans l'être du Verbe comme dans son hypostase ou sa personnalité agit et souffre, et que ces actions et passions sont légitimement attribuées au tout concret, à la personne du Verbe incarné. Le même raisonnement pourrait être fait pour la nature divine du Verbe, et nous verrions ainsi que les activités et opérations divines et humaines de Jésus-Christ, Verbe incarné, doivent être considérées comme formant deux séries parallèles * , ayant l'une et l'autre la condition de leur existence dans la personnalité du Verbe, mais procédant de chacune des deux natures comme de leur vrai principe efficient^. Ces séries, dis-je, sont parallèles et non subordonnées : l'activité humaine n'est pas subordonnée physiquement à l'activité divine, parce que ce n'est pas la nature divine, mais bien la personne du Verbe, simple relation subsistante, qui a fait sienne l'humanité. Si donc il y a harmonie entre ces deux activités en exercice, cette harmonie n'est pas obtenue d'une façon en quelque sorte mécanique : elle résulte du con-

l.Le mot parallèle ne doit point se prendre iciaa sens strict et géométrique, puisque les deux séries ont un point commun de rencontre dans le Verbe; la suiteexplique suffisamment le sensque jelui donne.

2. C'est bien ce qu'a voulu exprimer saint Léon dans la phrase fameuse : < Agit enim utraque forma cum alterius communione quod proprium est ». Le mot forma a l'inconvénient d'être abstrait, mais il marque bien que les natures sont, en Jésus-Christ, les principes actifs. Cette activité de chaque nature s'exerce « cum alterius communione », p\Tce que les deux natures sont unies dans le Verbe.

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sentement libre et spontané de l'homme réglant ses résolutions et ses acte$ conformément au vouloir et aux actes divins.

Ces principes ont été complètement oubliés ou méconnus parles monothélites. Sous l'influence du monophysisme sévérien qui mettait partout et toujours en relief la personne du Verbe, ou du monophysisme eutyçhien qui absorbait la nature humaine dans la nature divine de Jésus-Christ; plus en arrière encore, sous l'influence de l'apolUnarisme pour qui l'humanité du Christ privée d'âme humaine n'était qu'un organe mort aux mains de sa nature divine , les monothélites ont considéré la personne du Verbe comme un principe actif mouvant à son gré la nature humaine, ou ils ont fait de celle-ci une appartenance, par ri§toiroir,ffK, de la nature divine en Jésus-Christ. Les deux activités divine et humaine ne s'exercent plus parallèlement : l'humaine est subordonnée à la divine et, suivant l'expression de Sergius, ne s'exerce plus que « quand et de la façon, et autant que le Verbe divin le veut ».

Cette dépendance cependant peut se concevoir d'une façon plus ou moins absolue, et il y a lieu de se demander comment les monothélites l'ont entendue.

On peut imaginer d'abord que les facultés humaines, y compris la volonté, n'accomplissent plus aucun acte éliciteet spontané, mais agissent uniquement sur l'or»dre et sous l'impulsion de la volonté divine. Celle-ci les meut et les applique à l'action, et la volonté humaine, mue elle-même, ne fait que transmettre aux autres facultés l'impulsion divine. La volonté humaine étant ainsi réduite à l'état passif, il n'y a vraiment dans le Christ qu'un seul vouloir, Iv HMi^^t le ôeXr,{Aa divin ou hypostatique, et il n'y a qu'une opération , {x(a IvepYsia, si l'on considère celle«ci dans sa source première.

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Or il xCesi pas douteux que cette forme d'erreur n'ait été professée par Sergius et ses partisans, La façon dont la lettre de Sergius à Honorius, l'Ecthèse, et Paul de Constantinople dans sa lettre au pape Théodore représentent l'humanité du Christ comme s'étant approprié le OsXyiiaçc Oeïov xal àStacpopov du Yerbe ; comme étant utt' auToîi (Aoyou) Ôià TravTOç, |v Traçiy, ayofxsvy, t£ îta\

xiYovpvY), et par conséquent ôsoxi'vrixo;; comme n'exerçant pas son activité propre (çufftxYjv ^çivriaiy) indépendamment dn Verbe et en dehors de son impulsion, mais seulement ôttote, xa\ otav, xal OQryh Ôeoç \6^0(^ '^êovXsTO,

prouve manifestement que ces auteurs supprimaient en Jésus- Christ homme toute spontanéité et tout acte de volonté libre. Et Macaire d'Antioche le signifia sans détour au VI« concile général, lorsque, interrogé s'il admettait en Jésus-Christ deux volontés naturelles et deux opérations naturelles, il répondit : Où Myt^ Buq (pu(nx3t Oehrii^oixa, rj Suo IvcpYsiaç cpuaixàç IttI TÎiç Ivffotpxoy oixov9(a(«ç tou K'jpiou ^{xwv 'Iriffou XpiffTOu , aXX' fv ôgX7j[ji.a xal ôeotvSpijtYiv IvspyÇi'Xv^ .

Mais on peut concevoir les choses d'une façon plus radicale encore, et refuser simplement h l'humanité de Jésus-Christ toute capacité propre d'agir. Cette humanité n'est plus alors qu'une substance inerte dans la-^ quelle se répand et s'exerce l'activité divine, à peu près comme le corps reçoit de l'âme sa vie et son mouve-» ment. Le principe dynamique est unique, et par conséquent unique aussi rivépyfi», l'action et opération de ce principe. C'est plus spécialement le monén^rgi^me. Il semble bien que les monothélites en bon nombre ont reculé devant cette façon extrême de comprendre en Jésus-Christ l'unité d'opération. On a remarqué que, passé les premières années, Sergius, s'il veut que l'on

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