‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 161 sur 424 · In psalm. XXXI, v. 22 (col · texte numérisé non relu

In psalm. XXXI, v. 22 (col

6. Cyrill., In Isaiam, I (col. 68); In Lucam, X, v. 34 (col. 681).

7. ÏHÉODORET, In Isaiam, LXF, v. 6 (col. 472); In epist. I ad Corinlh., ni, V. 1 (col. 804).

Les prêtres, dit Théodoret, sont comme la face de l'Eglise, à cause de leur prééminente dignité^. Leur pouvoir vient de Dieu, et les laïcs ne doivent point les juger 2 : la dignité des princes mêmes est inlérieure à la leur^. Ce dernier point est et reste vrai en théorie, et lorsque les empereurs deviendront hérétiques ou favoriseront l'hérésie, les persécutés sauront, au besoin, le leur rappeler. Mais, en pratique, nous ne devons point oublier qu'avec le cinquième siècle surtout se développe ce que l'on peut appeler le byzantinisme théologique, c'est-à-dire l'immixtion permanente en Orient du pouvoir civil dans le gouvernement de l'Église et dans les conflits doctrinaux. L'empereur convoque les conciles, les dissout, en approuve ou en rejette les décisions, lance des confessions de foi et oblige l'épiscopatà y souscrire, dépose àpeu prèsàson gré les patriarches et évêques récalcitrants, en un mot regarde les causes ecclésiastiques comme ressortissant à son pouvoir suprême. C'estlàune situation dontl'Église grecque s'accommodait tout en en gémissant, que repoussaient cependant les âmes plusfières. Malheureusement, cette situation était, en partie, le résultat de la faute commise dans l'attribution au patriarche de Constantinople — patriarche de la cour — d'une dignité et d'une autorité exceptionnelles. Le concile de 381 lui avait déjà donné le second rang dans l'Eglise, après l'évêque de Rome, parce qu'il siégeait dans la nouvelle Rome, la Rome de l'Orient. C'était blesser et affaiblir Alexandrie. Le concile de Chalcédoine aggrava le mal, en supprimant l'autonomie des diocèses du Pont et de

1. In psalm. XLV, v. 13 (col. 1196); In epist. I ad Timoth., V, v. 21 (col. 821).

2. Théodouet, De providentia, orat. vni (col. 684); S. Nil, Epist. U, 261 (col. 333); Pseudo-Denys, Epist. VHI (col. 1088).

3. Théodoket, Quaest. in Levit., laterr. I (col. 308); Isid. Peuis., Epist. IV, 219 (col. 1313).

l'Asie (Néocésarée et Ephèse) qu'il soumit à Constantinople, et en diminuant, par la création du patriarcat de Jérusalem, le prestige et la force de celui d'Antioche. Tout cela, légitimé par cette considération que rimportance civile de la cité devait valoir au patriarche une autorité plus grande, conduisait naturellement à penser que Tévêque dans la communauté chrétienne tenait, sinon son pouvoir essentiel, du moins l'étendue de sa juridiction du pouvoir civil, et partant que le prince avait qualité pour légiférer dans l'Eglise. Rien n'était plus désastreux pour l'indépendance de cette Eglise et pour la pureté de son dogme. Le patriarche de Constantinople était devenu, en fait, le prélat le plus influent de l'Eglise d'Orient, et ce prélat était sous la main de l'empereur plus adulé que jamais.

Les papes, et saint Léon surtout ^ jprotestèrent contre ces décisions qui méconnaissaient les droits acquis, et qui, en leur créant à eux-mêmes des rivaux, préparaient le schisme. L'événement prouva qu'ils avaient vu juste. En principe cependant, leur autorité était reconnue de l'Église grecque, et même ne s'exerça jamais plus activement que dans la période qui va du V® au milieu du vi® siècle.

D'abord, le fondateur de l'Église romaine, l'apôtre Pierre, continue d'être considéré par nos auteurs comme le premier, le chef, le coryphée du collège apostolique, /rpwToç, TcpoxpiTOç, xopucpaîoç xwv aTTOorToXtov^. La pierre de Math., XVI, 18, n'est pas toujours, il est vrai, interprétée de la personne même de l'apôtre. Elle l'est, par Cyrille, du Christ lui-même ^ ; par Cyrille encore, Théo-

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