Sermo CCLIII
et ailleurs, « confitendo et paenitentiam agendo ' ». Et il semble bien qu'il veuille parler, en ces occasions, de pénitence simplement privée^.
Quant à l'absolution pour la pénitence privée, saint Césaire, il est vrai, ne la mentionne nulle part explicitement; mais aussi allait-elle de soi, puisqu'elle se confondait avec l'absolution publique du jeudi saint; et ce n'est pas d'ailleurs sur quoi il avait à exhorter ses auditeurs.
Saint Avit, en tout cas, en parle nettement dans sa lettre xvi, et pour un cas où sa doctrine se révèle absolument semblable à celle de saint Césaire. Un vieillard du diocèse de Grenoble est engagé dans un commerce incestueux, et paraît peu disposé à expier sa faute. L'évèque Victorius demande à saint Avit ce qu'il pense de ce cas difficile. Après avoir vu le coupable, saint Avit répond que, puisque le vieillard s'engage à éloigner sa complice, il est prudent de ne pas lui imposer la pénitence plénière : « De caetero quod ad paenitentiam exspectat, moneatur intérim agere, acciperenon cogatur. » C'est un esprit ombrageux [homo crudiis)^ (ju'une trop grande sévérité ferait s'obstiner dans sa résistance ; la suppression de l'occasion du péché lui servira de pénitence, et on pourra le réconcilier après ce sacrifice : « Excussus ab scelere, suscipiatur ad veniam ; patiatur paenitentiam cum perdit peccandi occasionem ; profiteatur, cum amiserit voluntatem^. »