‹ Histoire des dogmesChapitre 12 sur 41 · IV · texte numérisé non relu

IV

' V, I, r — • L, Duncker. La Chrislologic dcsalnl Iréncc. Gu;Hingucj843, (allcm.)- — * InJoh., t. VI, p. 36.

Origene est le premier qui traite ces questions plus à fond et qui cherche à montrer comment la mort de Jésus a pu influer sur la délivrance des hommes. Pour les résoudre, il allègue préalablement que, d'après le témoignage de Fhistoire, il est arrivé fréquemment que pour éloigner des calamités publiques, telles que la peste, la famine, etc., un innocent s'est voué à la mort et a mis ainsi fin à ces calamités, par la raison que la puissance du démon , d'où elles proviennent, est brisée lorsque quelqu'un se dévoue pour tous les autres, de la même manière qu'une béte venimeuse est rendue innoffensive par des incantations. C'est pour produire un effet semblable que Christ a subi la mort sur la croix, c'est-à-dire pour chasser et vaincre le chef des démons qui avait soumis à sa puissance les âmes de tous les hommes; parce que lui seul était capable par sa valeur morale de délivrer les hommes du fardeau des péchés qui les rendaient esclaves du diable.' Origène pense que de même que l'humanité tout entière a été rachetée par le sang de Christ, quelques-uns pourraient bien aussi être rachetés par le sang des martyrs.'^

Toutes ces analogies ne pouvaient cependant faire comprendre aux Païens que la réalité de la rédemption par la mort de Jésus ; elle ne leur expliquait nullement de quelle manière elle s'était opérée. Mais Origène entreprend aussi de résoudre cette dernière question, et voici ce qu'il dit H l'occasion du passage Matth. %, 1 : Le diable, de crainte que par sa doctrine Jésus ne lui enlevât l'humanité, a livré le Sauveur à la mort de la croix, sans pressentir que par cette mort les hommes lui seraient encore bien mieux enlevés que par les doctrines et les miracles de Jésus. C'est précisément pourquoi, ajoule-t-il (à propos de Matth. 17,22)* Dieu a, par amour pour les hommes, livré son Fils au diable, afin que de cette manière le règne de Satan fût détruit. Le passage de Matth. 20, 28,^ lui inspire les réflexions suivantes : Le Christ, en mourant, a remis son esprit entre les mains de Dieu (Luc, 23, 46) ; mais il a livré son âme en rançon (Xùr^ov) pour nous ;

' Coatr. ceis. 1. G. a. g. 4. ~ Id Job. XXXIU, §. 44.

' ExhorU ad l^rlyr. — * GommeoUrioram séries» g. 75.

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