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sance volontaire qu'ils en iireraient.g Tons ces Pères étaient également d*avis que la diff^enoe des sexes continuerait d'exister après la résurrection, puisque les hommes ressusciteraient avec toutes les parties de leur corps , et que la génération seule cesserait.
Afin de faire accepter aux Païens cette doctrine de la résurrection, les Pères de rÉgiise cherchaient par des arguments rationnels à en prouver et la possibilité et la nécessité. Quant à la possibilité, ils en trouvaient la preuve dans la toute pdissance de Dieu ; et pour la rendre plus évidente, ils citaient les phénomènes analogues qui se passent dans la nature. Clément de Rome voit dans le retour successif et régulier du jour et de la nuit, dans le développement du fruit de la semence, et surtout dans l'histoire du phénix, qu'il prend pour une vérité indubitable, des phénomènes semblables à la résurrection des corps et qui en prouvent la possibilité. Théophile d'Antioche * et Tertullien ^ allèguent les mêmes analogies ou d'autres pareilles. Une preuve de la résurrection du corps beaucoup plus convainquante pour des chrétiens, était celle que l'on lirait des résurrections opérées par Jésus et de sa propre résurrection. Parmi les arguments rationnels qu'allèguent les Pères de cette période pour démontrer la réalité de la résurrection, les plus fortes sont les suivantes. Justin ^ raisonne ainsi : Dieu ayant promis à l'homme k félicité, et celui-ci étant composé d'un corps et d'une âme, le corps doit nécessairement parvenir, ainsi que l'àme, à cette félioité. La justice et la bonté de Dieu en sont aussi une garantie, puisque les deux parties ont été lavées (ce qui veut dire qu'elles ont également participé par le baptême aux promesses divines et ont fait toutes deux du bien). A cette argumentation s'en rattache une autre, qui , comme le remarque Athénagore , est considérée par plusieurs comme la seule bonne et la plus forte. La justice de Dieu exige que l'hdmme entier, du momenf qu'il a péché, soit également puni, et pr suite aussi le corps qui, par ses convoitises, a induit l'âme à bien des péchés. Il faut donc qu'il y ait une résurrection par laquelle l'homme, afin de pouvoir recevoir ce qu'il a
' Ad Aulol. 1, g. 43. — 'Dp rcsurr., c. 4Î, 43. — " Fragm. de resarr.
mérité, soit reconslilué dans toutes ^esjpàviies. Chez Athénagore qui, dans son traité, n'apporte que des arguments rationnels en faveur de la résurrection, se trouve encore ce raisonnement : L*homme, en tant qu'être doué de raison et de liberté, n'ayant été créé que pour lui-même, ne saurait cesser d'exister, puisque sa raison d'être est en lui-même. Aussi le corps qui forme l'une des parties intégrantes de l'homme, peut bien subir toute sorte de modifications, mais il ne peut pas cesser d'exister. Il est évident que toutes ces démonstrations se fondent sur la supposition que le corps est une partie essentielle de la personnalité de l'homme, si bien que sans, lui l'homme ne peut plus être considéré comme la même perso/ine. Tertnllien ■ va même jusqu'à déduire le nécessité de la résurrection de ce que l'àme, sans le corps, ne peut rien sentir, que, par conséquent, sans lui, toute rémunération est impossible. Cependant il rejette ailleurs^ celte argumentation comme inexacte , parce que l'àme étant corporelle de sa nature , peut aussi avoir par elle-même des sensations.
D'autres preuves se tiraient dos autres dogmes chrétiens, ainsi que des Saintes Écritures , et ne pouvaient par conséquent avoir de valeur que pour les Chrétiens. Telle est la suivante que nous trouvons chez Irénée : L'homme entier ayant été créé à l'image de Dieu, le corps, qui l'a été aussi, sera également glorifié,' Il est impossible que la chair, qui a reçu le baptême, et qui est nourrie du corps et du sang du Seigneur dans la Sainte-Cène, soit absolument détruite. On considérait naturellement aussi la résurrection de Jésus comme un gage de la nôtre; et l'on faisait enfin valoir tous les passages du Nouveau-Testament dans lesquels est enseignée la résurrection des corps.
Cette conception grossière de la résurrection du corps était aussi antipathique aui docteurs alexandrins que le Chiliasme. D'après eux , le passage à une condition pareille à celle des anges et l'union des âmes à des corps spirituels et glorifiés, faits que les Chiliastes renvoyaient à la fin du régne de mille ans, devaient avoir lieu en mènie temps que la résurrection. Sans douter de la
' Apolog.» c. 48..— • De resorr., c. 47. — ' V, c. 4.
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réalité de la résurrection, ridée qu'ils s'en faisaient était celle que du corps, après la mort, s'en développe un autre, inflniment moins grossier, un corps glorifié, de même que la plante se développe de la semence. Il est vrai que les écrits de Clément d'Alexandrie et d'Origène sur la résurrection ont été perdus ; mais ceux qu'ils nous ont laissés réfléchissent très-clairement cette manière de concevoir la résurrection . Les passages les plus explicites à ce sujet sont ceux d'Origène De prtnc. ##, c. iO : Seketa in Psalm. 0pp. H, p. 532, ss. Dans ce dernier passage il comtMit formellement l'opinion de certains chrétiens, qu'il qualifie d'inintelligents, d'après laquelle le corps que nous avons actuellement devait ressusciter avec toutes ses parties int^rantes, chose impossible puisque la substance du corps est soumise à de perpétuelles variations et que, quant à die, notre corps ne reste peut-être pas deux jours le même. D'après ce passage de saint Paul, Origèue s'explique la résurrection comme opérée par une certaine force inhérente au corps et qui ressemble à celle en vertu delaquelle la semence se reproduit d'elle-même ( après sa décomposition ). Reconstitué par cette force, le corps reprend son ancienne figure, mais se compose d'une substance plus délicate qui se trouve dans chaque corps et qui en forme l'élément impérissable. Ce corps nouveau est par conséquent , dans un certain sens, le même que le précédent, tout comme dans cette vie le corps d'un homme semble rester toujours le même, bien que sa substance change continuellement. Mats sous un autre rapport, ce corps nouveau est complètement différent du corps actuel , car il n'est pas matériel, mais lumineux, composé d'une substance plus subtile, éthérée, semblable à celle des anges; il n'est pas charnel , mais spirituel, et n'a pas ces organes et ces membres qui ne se rapportent qu'aux besoins terrestres, tels que le boire, le manger et la propagation de l'espèce. *Origène admettait du reste qu'il y aurait une grande différence entre les corps dont on serait revêtu après la résurrection, que chaque individu recevrait un corps en rapport avec son mérite et à la mesure de félicité ou de misère qui lui serait réservée; que les saints seraient revêtus de corps lumineux et magnifiques, les autres de corps progressivement moins beaux, et les impies de corps complète-
— Marnent obscurs et difformes, mais qui seraient néanmoins impérissables et qui ne pourraient pas être détruits par les ch&timents. Cette idée que se faisait Origéne de la résurrection rencontra bientôt de nombreux adversaires, et fut surtout très-violemment attaquée par Méthodius. Une résurrection telle que l'enseignait Origéne semblait aux partisans de Topinion plus matérialistei n*étre nullement une résurrection réelle du corps, et ils repoussaient par suite sa doctrine comme niant cette résurrection. Aussi cette prétendue négation fut- elle condamnée sous Justinien comme une des erreurs d'Origène.
§• 45. DedriBe du Jignbnt dernier et muTersel ; des rée«Bpeues et des |NiiitioBs
qui en serrat la snte.
La plupart des Pères de TÈglise , qui étaient partisans du Chiliasme , plaçaient le jugement dernier à la fin du r^e de mille ans. Justin seul le met au moment du second avènement de Jésus ou du commencement de ce règne^ en sorte qu'il n'admet non plus qu'une seule résurrection.
D'après l'opinion commune des Chiliastes , la fin du règne de mille ans devait être signalée par la seconde résurrection ou la résurrection générale, le jugement dernier et ensuite la transformation du monde par le feu ; car ce feu détruirait tout. Selon Méthodius, il n'y aurait que les corps qui auraient vécu dans la pureté et dans la justice qui le traverseraient comme si c'était de Peau froide. Lactance explique aussi ce jugement comme étant une épreuve par le feu qui n'épargnerait que les justes parfaits, mais qui se ferait sentir à ceux qui seraient chargés de péchés.* Ce feu transformerait le ciel et la terre et il se formerait par suite un nouveau ciel et une nouvelle terre, propres à servir de demeure aux esprits bienheureux. En même temps commencerait la félicité étemelle des justes et le châtiment éternel des impies. Selon Irénée,^ les joies des bienheureux dans la vie étemelle ne seront point égales, mais se régleront sur leur mérite. Quelques uns passeront dans le ciel; d'autres goûteront les joies du
' ImUU. dW. vn, c 24. — ' V, c. 33 , s* 4. 2.
paradis; d'autres encore habUeront la Jérusalem céleste ; le Sauveur se manifestera réellement à tous, dans la mesure que chacun s*en sera rendu digne. Quant aux châtiments des damnés, Irénée est le seul qui les décrit comme consistant non pas tant dans des souffrances positives, que dans une exclusion de la communion avec Dieu et dans la perte de tous les bienfaits divins ; tandis que tous les autres Pères les représentent comme de cruels tourments produits par le feu de la Géhenne. Ce feu ne fait que tourmenter les impies ; il ne les consume pas ; il leur donne au contraire, d'après Tertullien, l*încorruptibilité,oubien, selon Lactance, il consumera les méq^iants et les revivifiera par la même force. Tertullien voit dans les volcans les cheminées de la Géhenne, qui peuvent donner une idée du feu terrible de Tenfer.* Le mot qui chez les Juifs et chez les chrétiens sert ordinairement à désigner le lieu des châtiments, ^ccw», est le mot hébreu ggi hinnom, ou dans sa forme complète ggé béné hinnom. C'était réellement une vallée prés de Jérusalem, un ravin dans les .rochers, dans lequel, à diverses époques» les Israélites idolâtres avaient sacrifié leurs enfants â Moloch, divinité moabite (3 Rois 33, 10. Jérem. 7, 31, 19, 5. 3%, 85). Lorsque Josias eut aboli ces sacrifices, il affecta cette vallée à être le réceptacle des corps morts et des immondices, qui étaient consumés par le feu. C'est ainsi que le mot Géhenne , auquel se rattachait Tidée d'un lieu où est consumé tout ce qui est impur, fui mis en usage chez les Juifs pour désigner le lieu du châtiment après la mort ; aussi le rencontrons-nous déjà fréquemment dans le Nouveau- Testament.
Tous ces Pères partagent l'opinion qu'après la mort il n'y a plus d'expiation du péché , et que , par conséquent , les méchants ne seront jamais exemptés de leurs punitions. C'est pourquoi la plupart d'entre eux enseignent formellement Télernité des peines de l'Enfer. Justin seul semble croire possible que les âmes des méchants soient un jour complètement anéanties.^ Arnobe déclare, comme une chose certaine, qu'elles seront consumées par la violence du châtiment , au point qu'il n'en
• De pœntt, c. 4J. — ■ Dtal. c. Tryph., c. 5.
restera absolument rien. Mais cet écrivain est trop hétérodoxe , pour pouvoir être considéré comme un représentant impartial de la foi ecclésiastique de son temps. '
Nous trouvons chez les Pères Atexandrins de tout autres idées sur le jugement dernier et sur la rémunération. Rejetant le Chiliasme, ils ne pouvaient naturellement admettre qu'une seule ré* surreclion, qui aurait lieu à la vérité immédiatement avant le jugement dernier. Déjà Clément allie à ce jugement une purification des âmes par un feu spirituel (irOç> tppovifjLov), et admet que la félicité s'élève de d^rés inférieurs à des degrés supérieurs, insinuant en même temps que les punitions de l'autre monde, ayant pour but Taoïélioration, étaient par conséiiuent aussi d'une durée limitée. Parfaitement d'accord avec Clément sur les points essentiels, Origène se prononce d'une iqanière plus explicite sur ces matières. Selon lui, non-seulement tous les hommes, mais même toutes les créatures seront soumises au jugement. Christ ne se trouvera pas alors dans un certain lieu déterminé, mais se manifestera partout. Car par l'effet d'une force divine, la mémoire de chacun reproduira tout ce qu'il a fait, en sorte que le jugement, ainsi que la résurrection , n'exigera aucun intervalle de temps, mais aura lieu au' même instant. Par suite de ce jugement, les méchants seront séparés des justes et à chacun sera assignée la place qui sera en rapport avec son mérite. D'après Origène, une purification par le feu accompagnera nécessairement ce jugement ; car le feu qui détruira le monde présent, devra en même temps être un feu purificateur pour les hommes. Toutes les âmes étaient déjà, selon lui, souillées par suite de leur union avec le corps, et à cette souillure s'ajoutaient encore celles produites par des péchés plus ou moins nombreux; aussi devaient^lles toutes passer par le feu, afin que tout ce qu'il y avait d'impur en elles se fondit comme du plomb et qu'il ne restât que l'or pur. Les justes traverseront ce feu sans en être atteints ; les moins bons seront plus ou moins consumés par le feu, selon le degré de leur impureté; mais ceux enfin qui sont complètement de plomb seront plongés dans l'abîme, comme le plomb dans l'eau. Origène applique l'expression de Paul : « Il échappera comme au travers du feu » ( 1 Cor. 3, 15) , à ceux qui, à côté de beaucoup
de bonnes qualités, ayant cependant aussi toute sorte de défouts, devaient nécessairement être consumés "par le feu ; et prône la félicité de ceux qui n'auraient pas besoin d'un pareil baptême de feu. Il admet bien des degrés dans la félicité y selon les degrés du mérite de ceux qui sont appelés. Les bienheureux seront placés dans différentes demeures et obtiendront une gloire différente ; les moins purs d'entre eux seront encore soumis à certains anges; ceux qui seront le plus avancés seront placés immédiatement sous le Christ. Mais toutes les âmes, à quelque degré qu'elles soient placées, seront appelées a progresser et à s'élever successivement à des degrés supérieurs. Quant à la félicité elle-même , Origène se la figurait comme éloignée de toute jouissance sensuelle; elle consiste, selon lui, en un progrès constant dans la connaissance et dans la vertu ; c'est dans ce développement incessant , que le désir d'arriver à la sagesse , qui ici-bas tend en vain à se satisfaire , trouvera sa pleine satisfaction. Les bienheureux apprendront à connaître d'abord les causes et la nature des choses terrestres , puis celles des choses célestes ; mais ils feront surtout de continuels progrès dans la connaissance de Dieu et dans leur ressemblance avec lui.
Quant aux punitions des méchants, Origène se les figurait également comme d'une nature complètement spirituelle, ce qui ne les empêcherait pas d'être très-douloureuses. Il voit dans le feu de l'enfer non pas un châtiment extérieur et naturel, mais une conséquence résultant des péchés eux-mêmes. C'est la conscience des actions coupables que l'on a commises, qui tourmente constamment l'âme; ce sont les violentes passions qu'elle a précédemment nourries, qui continuent à l'agiter douloureusement. Les ténèbres du dehors, dans lesquelles, selon la parole de Jésus, les méchants seront jetés , sont, d'après Origène, les ténèbres de l'ignorance; il présume en outre que lors de la résurrection les impies recevront des corps sombres et noirs, afin que l'obscurité de leurs âmes se manifeste aussitôt par l'aspect de leurs corps. Mais Origène admet aussi chez les damnés une différence de punition, selon le degré de leur faute, et , par suite, nonseulement une gradation des châtiments, depuis les moins rigoureux jusqu'aux plus graves , mais aussi une cessation finale de
tout châtiment. Cette dernière opinion qu'on imputa plus tard à Origène comme la pkis grande de ses hérésies, se rattachait étroitement à tout le reste de son système. Car du moment qu'il déclarait /a liberté et par suite la faculté de s'améliorer , un privilège imprescriptible de tous les êtres intelligents, il devait nécessairement admettre aussi ({ue les méchants eux-mêmes, réveillés par les châtiments qu'ils subissaient, seraient déterminés à se convertir et à s'améliorer. Enseignant en outre et d'une manière tout aussi formelle que la condition de tous les êtres intelligents n'était que le résultat de leur conduite morale , il devait aussi proclamer que les impies, en faisant de continuels progrès dans leur amélioration morale, amélioreraient aussi leur condition. Par une conséquence naturelle il voyait également dans toutes les punitions infligées par Dieu un but pédagogique ; car d'après lui, Dieu ne les impose pas dans l'intention de rendre le mal pour le mal , mais seulement pour corriger et améliorer ceux auxquels ils les inflige. Origène n'était que conséquent quand il déclarait le diable même capable d'être un jour converti et admis à la félicité. 11 voulait du reste que cette doctrine d'une durée limitée des peines de l'enfer, fût exclue de l'enseignement populaire, pour ne pas favoriser chez le peuple une trompeuse sécurité et le dévergondage des mœurs ; dans son opinion , elle ne devait être communiquée qu'aqx gnostiques. Il croyait en cela observer la prudence pédagogique dont TËcriture-Sainte nous donne l'exemple. Si ces punitions y sont désignées comme éternelles , comme un feu inextinguible, comme un ver qui ne meurt pas , Origène ne voit eir cela qu'un déguisement de la vérité, salutaire pour les hommes et y rapporte ces paroles de Jérémie (%,7 ) : TiiTàcTi^àç fAc xv^u, xat fi7ra^rt6tiv (Seigneur, tu m'as trompé et je me suis laissé tromper).* Combien d'hommes, dit-il ,2 qui se croyaient sages, qui avaient reconnu la vérité relativement à la punition , et qui avaient soulevé le voile qui la cache à d'autres, sont tombés dans une vie encore plus déréglée I II eût mieux valu pour eux conserver leur ancienne foi au ver qui ne meurt pas et au feu qui ne s'éteint pas ( d'après Esaïe 66, 24).
• In Jer. hom. XVIII , c. 45 el hom. XIX. — ' Hom. XIX, c. 4,
ÎZZO —
DEUXIÈME PÉRIOPE
DinnS CORSTAimi JOSQiriTIX QUEUILES sur les IIi6ES.