CHAPITRE H
Histoire de la doctrine eoneernaat les doeanàeatt aathentlqueo du €hrlstlaalsnie.
§. 54. Résahats de l'histoire do Canon parmi les chrétiens, dans cette période.
Le Canon de rAncien-Testamenl commence à devenir, dans cette période, pour l'Eglise grecque et l'Eglise latine, un objet de dissentiment. Par ses Hexaples, Origêne avait rendu évidente la différence qui existe entre les anciens livres hébraïques de i' Ancien-Testament, qui seuls étaient considérés comme saints par les Juifs, et les livres écrits en grec , d'une origine plus récente. Plus on faisait usage dans l'Eglise grecque des écrits d'Origène, et plus cette diiTéreoce était généralement reconnue \ on la trouve clairement indiquée et hautement exprimée chez tous les Pères de l'Eglise grecque de cette époque. Ainsi Athanase divise en trois classes les livres qu'on avait la prétention de faire admet-
tre au nombre des livres sacrés : les x3tvoviî;ô|xcva, c'est-à-dire ceux qui font partie du canon ou qui sont du nombre des écrits révélés, et devant être considérés comme la norme de la foi ; les ôvvyivoiv^fOfA&va , c'esUà-dire ceux qui, bien que ne faisant pas partie du canon, contenaient cependant des vérités bonnes et utiles, qui par suite étaient lues dans les assemblées des chrétiens et données à lire aux catéchumènes ; et enfin les dtTtôxpxxpa, c'est-àdire les livres rédigés par des lïérétiques sous le nom de personnages respectables figurant dans la Bible, et qui, par leurs titres, prétendaient, mais à tort, être admit au nombre des livres saints. Parmi les livres de TAncien-Testament, Athanase n'admet comme canoniques que les % qui sont écrits en hébreu et qui étaient reconnus par les Juifs. Il désigne par le terme de âvayivoaxôfuva ceux de Tappendicc grec, que nous nommons Apocryphes, et donne le nom d airôxpucpa aux Pseudépigraphes de rAiicien-Testament.* €ette distinction que firent aussi tous les Pérès grecs postérieurs à Athanase, entre les livres canoniques de l'Ancien-Testament, et ceux qu'on y a ajoutés, FEglise grecque la fait encore de nos jours. L'erreur commise par Athanase, Cyrille de Jérusalem et d'autres, en comptant au nombre des livres canoniques la lettre de Jérémie et les livres de Baruch, qui faisaient réellement partie de l'apftendice grec, l'avait été déjà par Origéne, et elle avait pour cause le fait que dans les manuscrits de la Septante ces livres se trouvaient placés immédiatement après les écrits authentiques de Jérémie, comme s'ils en faisaient partie, et, par conséquent, au milieu des livres canoniques. Il faut du reste remarquer que ces mêmes Pérès de l'Eglise grecque qui maintiennent si rigoureusement cette distinction entre les livres canoniques de l'Ancien-Testament, et ceux qui étaient bons à lire, citent cependant parfois, dans d'autres de leurs ouvrages, quelques-uns de*ces derniers écrits, comme s'ils faisaient partie de l'Ecriture-Sainte ; mais cela ne doit être considéré que comme une inexactitude provenant de l'usage que faisait le peuple de ces livres; car la véritable opinion de ces Pères nous est rendue suffisamment évidente par leurs déclarations formelles.
• V. note XXIV.
Dans VÈffUêe kniuê, rexeni|»le d'Origèoe diUnmiia aussi ceux (h^s âavauts Uiéoiogieii£> qui coiiuaissaient ses écrits et «u faisaienl usage , à établir une distûiction entre les écrits hébmques de rAncieu-Testametit, qu'ils coisidéraient comme seuls canoniques, et tes écrits grecs qui y avaient été ajoutés ; c*es4 dans ce sens que se prononcent en particulier Htlairey Rafin et Jérw^ie. RufiB , dans son ExpoêU, in Symb., distingue, ainsi qu'Àihanase , trois classes de Kvres : Canonici ( quos Paires inira cum»iem concltMertmt, ex quibas fidei nosirœ iisserlioHâs coMtmre v^hn^ runljy EcciesiasUci {quos kgi quideyn in ecelesm voUéeruniy non tameu proferri ad auioritaiem ex his fidei confirmandmn ) et Àpocrypfà. De son côté » Jérôme» dans son Prelo^m ffaleakM^ énumére les vingt deux livres canoniques de TAncien- Testament et ajoute ensuite : quàUquid extra haeest^ inler apocryphes ponefèimn, U donne ainsi au terme d'apocryphes * un sens beaucoup plus étendu que cel«i qu'on lui «vait précédemment attribué , s'appliquant à tous les écrits qui n'avmAl pas un droit suffisant d'être reçus dans le canon , et par suit« aussi aux livres grecs ajoutés à rAucien-Testamânt , auxquels h place qu'ils occupaient au milieu des livres canoniques, ainsi que les titres qu'ils portaient, paraissaient donner le droit d'élve classés parmi eux. C'est au moyen des écrits de Jérème que les réformal^rs ont appris plus tard à distinguer les livres caaoniques des livres grecs 'qui y ont été ajoutés, et c'est à son exemple qu'ils ont désigné ces derniers par le termede bbriapwrypki, bien qu« ce Père soit le seul qai se serve de cette expression à leur égard. Cependant l'exemple qu'avaient donné Miêfi», Jérùme et HUaire , en distinguant du canon l'appendica grée de TAncien-Testament , n'exerça aucune influence sur TEgiise latine , qui , en général , se distingue par la teaaicitè avec laquelle eliei toujours maintenu et défendu les opinions une fois reçues, qu'elle a sans doute parfois développées , mais qu'elle n'a jamais abandonnées ; car les autres Périsv latins, Ambroise , AugusUfi , et ceux qui vinrent après eux, ont au cofttoajre coatiauéà citer tous ces livres de la même manière que rËcritiftne-Sainte;et