‹ Histoire des dogmesChapitre 5 sur 41 · D'abord l'époque exigeait impérieusement que l'on étudiât · texte numérisé non relu

D'abord l'époque exigeait impérieusement que l'on étudiât

' On peai coosulter sar ces écrits et sar les résultats q^a'ils ont produits , les viDgt-deai dissertations de Knl : De doctorU)as veteris ecclesi», colpa corrapts per ptatonicas seoteatias theorogi» liberandis, bien que cet aotear ait nié d'ooe manière trop disokie t'influence de la pbUoaophle platonteienne.

le christiaDisoie k an point de vue philosophique. Cétait à Taide de la philosophie qu'on Tavaii attaqué ou qu*on avait commencé à le développer dans un sens contraire à son principe. Lie seul moyen de prévenir ces dangers , c'était d'en faire une meilleure élude philosophique. Or, de tous les systèmes philosophiques de cette époque > celui du platonisme avait le plus d'affinité avec le christianisme; car le stoïcisme, dont la morale a souvent été mise en parallèle avec la morale chrétienne, est , par son panthéisme , incapable de s'allier avec le christianisme ; sa morale même n'a avec la morale chrétienne qu'une ressemblance extérieure et en est au fond complètement différente, puisqu'elle n'est pas basée sur la religion. Le platonisme au contraire enseignait >, comme le christianisme^ une divinité toute parfaite, complètement indépendante du monde et qui lui était infiniment supérieure, et c'était avec les traits les plus admirables et lès plus sublimes qu'il la représentait. Il était d'ailleurs plus profondément imprégné d'idées religieuses qu'aucun autre système philosophique. Ainsi Platon enseigne que la divinité ne veut pas être adorée seulement par des pratiques extérieures et par des sacrifices, mais surtout par la vertu ; qu'il n'y a que les hommes purs qui puissent se confier en Dieu , tandis que les méchants ont à redouter en lui un juste juge; que nous devons prier Dieu', mais toujours avec le sentiment que nous ignorons ce qui nous est salutaire ou nuisible; que, dans nos prières , nous devons remettre à Dieu notre destinée*, qu'il nous faut modérer notre colère et ne pas nous venger de ceux qui nous font du tort , mais plutôt chercher à les rendre meilleurs. Plusieurs préceptes de Platon s'accordent d'une manière remarquable avec certaines lois de Moïse. II veut, par exemple, qu'on s'abstienne de prononcer sans raison les noms de la divinité ; * il défend Tusure ,* désire qu'on partage également les biens , et défend par suite la transmission de la propriété foncière d'une famille k une autre ;^

• Lob de Platoo, I. XI, p. 427 ; Trad. Grau, 4 vol. In 12, 4842. — Exode XX-7.

' IM. V. p. 475. — Exode XX1I-S4. — Lé^. XXV-a7. -<« Peot. XXUI-SO, cr. XV-^7.

* 0>id. V. p. 465 et s. ^ Uv. XXV, 23 w.

il ordonne de tuer Taniinal qui aurait tué un homme.* Ces analogies ont porté quelques auteurs modernes à admettre un cerUiu rapport extérieur entre la philosophie platonicienne et le mosaïsme. Aêt'^ pense que Platon a puisé sa sagesse, ainsi que Moïse, dans celle des prêtres égyptiens. Clausen^ estd*avis qu*il a connu les écrits de Moïse. On ne doit donc nullement s'étonner que les Pérès de TEglise aient été persuadés que Platon avait puisé dans Moïse tout cequHI y a de vrai dans sa philosophie.

tt. L'introduction dans le christianisme de quelques idées étrangères , dérivées du platonisme, n*est devenue préjudiciable que plus tard, quand on prit ces idées et les développements dogmatiques auxquels elles avaient donné lieu, non pour ce qu'elles étaient , c'est-à-dire pour de simples opinions théologiques, mais pour des dogmes officiels. Cette conséquence fâcheuse ne doit donc pas être imputée au platonisme, mais à un égarement de l'Eglise, dont il n'était pas cause. D'un autre cdlé, il ne faut pas méconnaître les avantages qui sont résultés de l'alliance de la philosophie avec le christianisme , car il a revêtu ainsi une forme plus appropriée aux besoins des païens instruits; il a pu , par suite, se propager plus facilement dans les classes supérieur res, et il a échappé de cette mamère au danger de dégénérer en superstition, ou en fanatisme , ou de se matérialiser grossièrement, égarements dans lesquels tombe facilement une religion qui , rejetant la science et la philosophie , est complètement livrée à l'influence du sentiment et de l'imagination.

Que le christianisme ait été lui-même exposé à ce danger, c'est ce que prouve son abâtardissement dans le Montànisme ; que la philosophie ait préservé ses doctrines du danger de se matérialiser, c'est ce que nous montre en particulier l'exemple des docteurs alexandrins, du m* siècle.

5. Ce qui justifie déjà suffisamment les philosophes* chrétiens eux-mêmes, c'est que ce n'est pas à dessein , mais à leur insu,

' UM. IX, p. 363. — Bxode XXII, S8-29, ' Vte tt éeiils de Platon (allem). Leipsig, 4846.

' Apologete Eedesitt chrIsUane, Platonis c^Jusque phUoiophUa arMtri Hafû, 4847.

qu'ils ont introduit dans le christianisme des principes philosophiques. Loin de supposer dans la philosophie une vérité supérieure à celle du christianisme, ils admettaient généralement, au contraire, à Texemple de Philon et de Josèpbe, que les philosophes grecs avaient puisé ce quMIs possédaient de vérité dans la révélation divine accordée aux Hébreux , et ils faisaient concorder avec cette opinion la tradition des voyages que Pythagore et Platon devaient avoir faits dans les pays orientaux. Ils pouvaient, avec quelque apparence de raison , en appeler aux rapports assez nombreux qui existent entre les principes de Platon et ceux du mosaisme. Ils croyaient même que Platon indiquait cette source, dans certains passages de ses écrits . quand, par exemple, il s'appuie sur raccord unanime des barbares , ou sur une ancienne sentence, )ôyoç àp^ouo^, ou quand il parle d'hommes ayant été d*une façon particulière Fobjet de Tamour et de la protection de la divinités Mais ils avouaient en même temps que ces philosophes n'avaient saisi qu'imparfaitement la vérité divine , que dans certains cas ils l'avaient mal comprise, et que ce n'ttait que Jésus qui l'avait plus tard révélée aux hommes dans toute sa pureté. Aussi assignaient-ils à sa doctrine une place exceptionnelle et la déclaraient-ils seule exempte d'erreurs, tandis qu'ils en trouvaient de nombreuses chez les philosophes.^ Quand par suite ils intro- , duisaient des opinions philosophiques dans le christianisme, c'était à leur insu et dans la persuasion qu'elles se trouvaient dans la doctrine révélée. Comme l'interprétation allégorique était alors généralement en usage, ils pouvaient facilement, à son aidé, signaler dans les Saintes-Ecritures des passages qui semblaient justifier leurs opinions.

Parmi les docteurs chrétiens du 11* siècle, Irénée^ évéque de Lyon , occupe encore une place honorable. Adversaire des théories outrées sur le Logos, il désapprouvait en |;énéral le mélange de la philosophie avec le christianisme et s'en tenait à cet égard à la simplicité apostolique; et néanmoins c'est un penseur, dont la réfutation du gnosticisme n'est nullement à dédaigner.

' CUmetU d'Alei. Ttrom. IL Cap. t% Buiib€, Prsp. evang. XI, 6-43. ' CUnÊê9n. V. l'ott^n^e d^ii cité.

Lu milieu du uj* siècle Ui témoki de quelques ehangeneiits d«AS l*Églîs6, oecasionné^ prineipaleineiit par Pappartlion des sectes goo^liques , «t qui eureat une grande ûnportauee pour le dévelqpipeafeenli ultérieur des dogmes.

Cq qui doit d*abord être signalé, c*esi le développement progressif de ridée d'une Église eaikohfue. De tout temps les cbréti^BS avaient regardé comité une chose importante ei essentielle pfMAr eux, de sentir qii'ils formaient une unité lAorale, resserrée par les tiens d'une même (bi, d'un même amour et d'une même espérance. Déjà Paul compare la communauté chrétienne à un seul corps dont Christ est le chef. Mais cette unité était puremeni morale; les rapports qui devaient rattacher les unes aux autres les différentes comw^unautés, n'étaient point encore réglés ei n'étaient entretenus que par des individus. Mais quand apparurent des sectes qui se détachaient des fondements de la foi chrétienne» la communauté des chrétiens orthodoxes sentit plus vivement encore le besoin, en fece de ces sectes, de former une véritable unité. Ce fut pour la distinguer qu'on l'appela alors Y Église universelle^ c'est-Mire l'Église qui, d'après la promessie de Christ, devait devenir un jour universelle, qui était déjà b plus répandue et se trouvait partout b même, contrairement aux nombreuses sectes qui, semblables aux écoles philosophiques de de la Grèce (àipé^jciç), ne possédaient qu'une grande diversité d'opinions, mais non la vérité une et invariable, et dont chacune ne comptait qu'un nombre restreint d'adhérents dans une seule contrée, ou du moins dans bien peu de contrées. Dans cette ElgUsc catholique se développa aussitôt la tendance de donner nne forme extérieure et'visible à cette unité interne et spiritueUe^ non pas seulement par l'accord dans la doctrine ou dans les formules^ ni par l'unité de l'organisation et des usages des diverses communautés « mais aussi par une union plus intime et mieux réglée de ces communautés entre elles. De cette façon les nouveaux dogmes trouvaient naturellement un facile accès dans toutes les Églises ; car les arguments avec lesquels un écrivain combattait victorieusement les attaques dirigées contre l'Église catholique, étaient partout accueillis avec un empressement naturel.

Le développement de l'Église catholique conduisit a Tinstitu-

tiofi d'une lltyfk de jfbî gébiftte {^ywy t^^nBAàiç, itegorh lideJ). Lorsque Ton vît les Gnostiquta 8*éK!iA4er si «M>in^t6fli6n% des véritables bases de la foi chrélièvine, M trouva >nécessaîre d'eiHMicifir cbîreiDeDt quelles étaient les vérités fondamenlales du <chftsUanisme, afin de montrer jusqu'à quel poiotles gnostiquefis^èlaient mis en contradiction avec elles. Oo M donc 4e Tensemble des doctrines essentielles du christianisme^ vivant dans la conscience de toutes les communautés ôiiréliefmes, une régie de foi qui ne devait être attaquée par aucune spéculation, mais qui devait au contraire servir de base à toute spéculation, nérilant encore d'«tre*considérée comme chrétienne. Oe «l'était pas «une seule formule, fnais toute «ne série de vérités que chacun était tibre d'expriiner comme il Tentendait, à la condition de nespeeter kfond. Aussi trouvons 4)oas cette régie de foi toujours citée selon les paroles des écrivains chez lesquels elle se rencontre. Il ne faut pas la confondre avec le Syn>bole , «courte confession de foi qui deraK être latte par ceux que Ton baptisait. Ce Symbole «tait une formule, mais qui différait dans les diverses commanau4és, chacune y ajoutant ies articles qu'eUe croyait devoir foire partioulièrement ressortir, à cause des conditions paHioiilières dans lesquelles elle se trouvait, surtout à cause de ses rapports av«c certains partis hérétiques.

Cette règle de foi était le produit , non de Tinterprélation des Saintes-Ecritures, mais de la tradition apostolique , qui s'était propagée dans les communautés chrétiennes. Elle ne pouvait pas être empruntée aux Liv^es Sahits du Noofveau ^Testament, puisqu'ils n'étaient répandus qu'isolém«fnt dans les communautés chrétiennes. D'aifleors les doctrines qui feisaient le fond de cette règle de foi, étaient trop vivantes dans la conscience de toutes tes eoraraunantés et avaient pour tous les "fidèles une certitude trop évidente, pour qu'on ait cru nécessaire de les appuyer d'autres preuves. Do reste, à cette époque, la tradition était encore un moyen |)lus sûr pour conserver la doctrine, que l'exégèse de l^rilur&-Sainte. Car l'interprétation allégorique^ dont on ^ servait génératement, «vait rendu le t^xte sacré très-incertain et Pavait livré à Tarbitrah^ Il esA vrai -que , ne reposant que sur la tradition orale, et n'étant pas exprimée par une formule invaria-

ble, la régie de foi &cilitait la propagation des nouvelles doctrines, et les laissait même sUntroduire successivement parmi tes articles de foi dont elle se composait.

Mais un autre fait qui eut encore une grande importance pour le développement des dogmes, et qui eut lieu vers le milieu du II* siècle, c'est la formation du canon du Nouveau-Testament. Comme les hérétiques avaient coutumede faire dériver leurs opinions d'une doctrine secrète des apôtres et de s'appuyer, pour les justifier, sur de prétendus écrits apostoliques, cela rendait les chrétiens de TÉglise catholique d'autant plus attentifs à l'égard des écrits apostoliques vraiment authentiques, qui se trouvaient dispersés parmi eux. Ils furent recueillis, et nous les trouvons ainsi, dès le milieu du u* siècle, réunis ensemble et en usage dans toute TEglise catholique, bien que plusieurs livres, qui font aujourd'hui partie du Nouveau-Testament, ne fussent pas encore alors généralement admis dans cette collection, et n'y eussent été joints que plus tard. Ce recueil du canon du Nouveau -Testament exerça de l'influence ' sur le développement des dogmes, en ce qu'on commença alors à chercher les preuves des doctrines chrétiennes dans les écrits apostoliques, et qu'ainsi, malgré l'interprétation allégorique, le développement des dogmes trouvait certaines limites, qu'il ne pouvait pas franchir.

§. 11. Théoloipe aleuadriie an m* siède.

Au 111* siècle, Alexandrie, alors le siège de toutes les sciences, était aussi la ville où la théologie était cultivée avec le plus de soin. Là, plus que partout ailleurs, on était poussé à s'occuper de théologie, par les jugements et les attaques dont le christianisme était l'objet de la part des gnostiques et des païens instruits, et nulle part ailleurs la culture scientifique, très-répandue dans cette ville et qui s'acquérait facilement dans ses écoles savantes, ne fournissait autant de moyens pour porter cette théologie à un plus haut degré de développement. L'école des catéchètes, fondée dans cette ville, contribua surtout au développement des dogmes. L'instruction donnée aux catéch4imènes , pour les préparer au baptême, devait nécessairement se régler sur le degré de culture

ÎDielleetoelle qu'ils possédaient alors ; on reconnut par suite de très-bonne heure à Alexandrie, où bien des païens qui avaient reçu une savante éducation, passaient au christianisme, la nécessité de faire donner aux catéchumènes une instruction scientifique. Mais ce n'étaient pas seulement les catéchumènes qui prenaient part à cet enseignement, c'étaient aussi d'autres chrétiens, qui désiraient avoir une connaissance plus approfondie du christianisme, et surtout ceux qui voulaient se préparer à devenir eux-mêmes docteurs; et ainsi se forma de cet enseignement des catéchumènes , une institution stable , VEcole des catéchètes. On choisissait toujours pour les fonctions de catéchète, parmi les membres du clergé alexandrin, celui qui était le plus distingué et qui possédait la plus grande culture scientifique. Son emploi même imposait au catéchète la tâche d'approfondir le christianisme, d'en préciser et d'en justifier scientifiquement les doctrines, ce qui devait nécessairement le conduire à développer, à. son point de vue , tout le système dogmatique. Ck)mme de cette manière, il n'exposait jamais dans son école que ses opfnions personnelles, elles se répandaient dans un cercle assez étendu, et ainsi se formait une école Ihéologique particulière. L'origine de récole des catéchètes d'Alexandrie remonte au ir siècle, et le premier catéchète qui nous soit bien connu est Pantène, qui vivait à la fin de ce siècle. Mais ce ne fut qu'au m* siècle que celte école obtint bne importance théologique particulière,, grâce â deux maîtres très-distingués, C^in^( d'Alexandrie (m. v.330) et surtout Origéne (m. à Tyr, 254). C'est ce dernier qui développa complètement la véritable théologie .alexandrine, en sorte que les docteurs alexandrins qui vinrent après lui, n'eurent plus qu^ modifier sa doctrine, là où elle leur semblait franchir les limites de l'orthodoxie, mais ne purent ni la développer davantage ni la continuer. C'est aussi Origéne qui composa le premier ouvrage systématique sur l'ensemble des dogmes chrétiens, ouvrage qu'il intitula 'Kt(i àpx«»v, c'est-à-dire des premiers principes des objets de la foi chrétienne. Admettant cette foi comme établie et reçue, il se propose, dans les trois premiers livres de son ouvrage, de justifier, à l'aide de la philosophie, les doctrines qui sont l'objet de cette foi; mais dans le quatrième livre, qui

tmite de h divinité de I^r ilcm-Saitite cdde 9<m intorprèWlion, il «sherdM à donner ane base scientifique h là ferme de i» dDCtrines.*^

Ce développement des doctrines chrétiennes par Técole d'Alexandrie doit être considéré comme une contintration des essais faits par les apologéles da ir* siècle, bien qu'il menftt beaucoup plus loin que ceux-ci. Ltô Alexandrins posaient aussi en principe que Pensemble des vérités fondamentales du christianisme, de la ir'urrtç , était à Pabri de toute attaque, mais ils déclaraient, d*ane manière encore plus positive qu'on ne Favait fait avant eux, qu il était permis de se livrer librement à des recherches et à dos spéculations^ en prenant pour base cette loanç, pour arriver à la yvw^ç , c'est-à-dire à une connaissance plus profonde du christianisme. Ils ne considéraient pas cette Gnosis comme un simple sujet de recherche et de curiosité, nmis comme une connaissance qui éclairait et sanctifiait l'esprit, ce qui leur faisait exiger des gnostiques, c'est-à-dire de ceux qui prétendaient être parvenus à cette connaissance, une vertu tout à fait supérieure. Si, par suite, ils admettaient que la Pistis pouvait suffire pour les' chrétiens ordinaires, ils faisaient cependant un devoir au chrétien plus cultivé, d'aspirer à la Gnosis. Ce dernier nom était emprunté aux gnostiques, dont la Gnosis était déclarée faussement appelée ainsi par les docteurs catholiques qui leur opposaient la leur, comtne étant la vraie Gnosis. Les Alexandrins enseignaient que déjà Jésus et les apôtres avaient fait une distinction entre leurs disciples; qu'ils n'avaient communiqué que la Pistis à la foule , mais qu'ils avaient donné de plus en secret la Gnosis à ceux qui étaient plus capables de la comprendre; que c'était ainsi que la Gnosis avait été transmise aux générations suivantes par une tradition secrète. Ils la cachaient par suite aussi à la multitude et ne la communiquaient qu'à ceux qui pouvaient la comprendra et qui avaient été éprouvés. Il est évident que ce que les premiers docteurs de cette école avaient enseigné à leurs disciples, comme résultat de leurs réflexions, et qui avait été répandu par ceux-ci,

' Ortif$nêt. De principiis. éd. Kedepenning. Leipz., 1836; 4 voi. In 8*. — Origenei. Exposé de sa ^ic et de sa doctrine (mr Redepenning, Bonn., f846.

ne pat passer pour une tradition apostolique que plus tard , quand la véritable origine de ces docti*ines fut tombée dans Foubli.

Cette tradition secrète des Alexandrins, ou cette Gnosis, ne pouvait nullement se transmettre comme une chose qui ne demande que de la mémoire ; il fallait se l'approprier par la réflexion , et elle exigeait par suite une préparation philosophique. Aussi les Alexandrins recommandent-ils d*une manière très-pressante rétude de la philosophie. Ils enseignent que, de même que chez les Juifs, la loi avait été une préparation à Tavénementde Christ, de même la philosophie en avait été une chez les Grecs ; que par elle, même avant la venue de Christ, les hommes avaient été rendus plus sages et meilleurs, et qu'après leur mort, dans les enfers, ils étaient amenés par Christ à la foi et à la félicité. Ils en inféraient que la philosophie était maintenant encore une préparation nécessaire pour arriver à une coimaissance plus approfondie du christianisme. Cependant ils ne méconnaissaient pas les erreurs des différents philosophes. Clément dit expressément qu'en recommandant la philosophie, il n'ent«nd parler ni dii stoïcisme, ni dq platonisme, ni de la philosophie d'Epicureou d'Aristote, mais de tout ce qu'il y a de vrai et de bon chez tous ces philosophes, et par conséquent d'une philosophie eeclectique. Cependant la base des idées philosophiques des Alexandrins était le platonisme.

La théologie philosophique des Alexandrins arriva à son complet développement dans le système d'Origène. Quoiqu'il soit parfaitement indépendant, et qu'il forme un seul tout, dont les parties sont étroitement unies ensemble, on ne peut pas méconnaître que ce système a bien des points d'analogie , soit avec les idées des anciens philosophes grecs, soit avec la Gnosis des hérétiques. .Cela ne peut pas étonner, si l'on pense que les gnostiques hérétiques sont , à certains égards , partis des mêmes bases philosophiques, et que des principes communs devaient naturellement conduire aux mêmes résultats.

Les deux principes fondamentaux sur lesquels repose le système d'Origène sont les suivants :

I . Le premier est que Vidée de Dieu doit être dégagée de tous

lea iléoMiDts anthropopathiques , el qu*il font dès lors eoneevoir toutes les doctrines rel^ieuses qui déritent de cette idée, dans un sens purement spirituel.

9. Le seeond est que les conditions dans lesquelles se trouvent tous les êtres libres et moraux ne sont que le résultat de leur conduite.

D'après ce second principe, Origène cooelut de Tinégalité des bummes sur la terre à la préexistence des âmes ; selon lui, tous les êtres moraux ont été créés égaux, et leur inégalité est la eoo* séquence de la conduite diflérente quHIs ont tenue dans. un état primitif; mais ils sont restés capables de remoiiter, par ta moralité de leurs sentiments et de leurs actes, dans un ordre de choses supérieur ; Satan lui-même est à même de derenir meil iftur el de rentrer en grâce. A ces idées se rattachait la doctrine A'\km série infinie de mondes, qui se succédaient les uns aax akutres. Son penchant à spiritualispr toutes les doctrines de la religion, le conduisit à nier la doctrine que le Logos a réellement été engendré de Tessence de Dieu, à attribuer à lésus un corps humain, bien que d'une nature moins grossière, & spiritualiser la doctrine de la résurrection des corps et à rejeta* le chiliasme.

L'interprétation allégorique venait fort à propos à Origène, dans le développement et la démonstration de son système; toutoflNS, il s'acquit aussi le mérite d'établir sur celle interprétation une théorie plus sûre, dans laquelle l'interprétation grammaticale trouvait aussi sa place et était développée, quant à ses principes. Cstv Origène voulait que le sens littéral de chaque passage fût expliqué, avant de passer à l'interprétation allégorique.'

Ce système d'Origéne ne fut sans doute admis, dans son ensemble , que par peu de personnes. Ceux-là même qui phis tardétaieut désignés comme Origénisles, ne partageaient pourtant pas toutes les idées étranges d'Origène. Cependant son système a exercé une très-grande influence sur le développement des dogmes. Plusieurs de ses doctrines passèrent dans le système tbéoiogique de PEglise , par exempte la doctrine d^ane

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