IV. HISTOIKE DES UOGMLf OO
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fruits du ses bonnes et de ses mauvaises actions. Celles-ci appartiennent à sa personnalité et il aura à en rendre compte, dans cette mesure.
L'œuvre rédemptrice et satisfactoire dans l'école de Scot.
Duns Scot, le père de la méthode critique dans la dialectique, la métaphysique et la théologie spéculative, n'en a montré nulle part plus nettement les ombres que dans la doctrine du salut. Il lui arrive souvent de faire appel à la volonté libre de Dieu, et, après la faillite des raisonnements spéculatifs, au mystère de la foi: ainsi a-t-il fait pour la doctrine du salut.
Dans le troisième livre des Reportata, qui, à ce que montrent leurs divers caractères furent composés à Paris il ramène la sotériologie de saint Anselme à ces quatre propositions étroitement enchaînées.
1) La rédemption du genre humain tombé était nécessaire, parce qu'il fallait ainsi combler les vides faits dans le nombre des élus par les péchés des Anges ; parce que sans eux toute une espècede créatures, à savoir les hommes, auraient été éloignées du royaume de Dieu et le plan de Dieu n'aurait pas été réalisé.
2) Pour cette rédemption une satisfaction équivalente était rigoureusement nécessaire selon les lois de la justice ; Dieu devait donc l'exiger selon sa justice.
3) La satisfaction équivalente ne pouvait être offerte que par un Homme-Dieu : c'est pourquoi l'Incarnation se présentait comme une condition nécessairement préalable pour la réalisation du plan nécessairement arrêté par Dieu.
4) La rédemption ne pouvait s'opérer que par la mort volontaire de l'Homme-Dieu. Sans doute Duns Scot fait la remarque, comme d'autres Scolastiques, que l'argumenla-
L'ÉCOLE !>l. SCOl oi'-y
tion de saint Anselme dans le livre Cur Deits Itomo peut s'entendre dans ce sens qu'il faut recourir à une nécessité consécutive telle qu'elle résulte dos décrets de Dieu une fois établis et arrêtés de toute éternité (1). Mais du reste ii ne rejette pas seulement la première proposition par la raison que Dieu a librement et par amour destiné l'homme à un bonheur surnaturel ; la seconde parce que Dieu pouvait pardonner le péché sans aucune satisfaction, la quatrième parce que le Christ a subi volontairement la mort — en cela il est d'accord avec les autres Scolastiques,— mais aussi bien la troisième. Il en revient donc dans l'étude de la rédemption sur chacun des points proposés, à la liberté absolue de Dieu qui pouvait non seulement remettre purement et simplement les péchés sans aucune satisfaction; mais attribuer aussi aux divers actes de charité d'un homme ou d'un ange, par pure volonté, une valeur infinie tout comme il a attaché à l'œuvre de l'Homme-Dieu par sa libre acceptation une valeur infinie pour l'expiation des péchés du monde.
Dans cette conception de Scot qui s'écarte beaucoup de celle de saint Thomas et des autres Scolastiques il y a une double erreur qui renverse et altère gravement toute la doctrine de la rédemption comme celle du mérite et de la justice. Par là en effet : 1° Le mérite et la satisfaction de la créature libre sont en général dérivés tout à fait à tort del'acceptation gracieuse ou de la libre bonté de Dieu et sa valeur infinie est même considérée comme possible.
2) En outre le mérite de l'Homme-Dieu est assimilé à celui de toute autre créature, et par là la situation et la dignité de l'Homme-Dieu en face de toutes les autres créatures sont tout aussi méconnues et travesties que le but principal et décisif de l'Incarnation du Fils de Dieu, qui est de délivrer les hommes du péché et de la misère ; car ce but pouvait d'après Duns Scot être atteint par une créature et par la
(1 Cf. Oxon. 3. dist. CO. — Reportt. ib, scLol. i, 12.
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miséricorde de Dieu. L'abaissement infini et l'humiliation de l'Homme-Dieu jusqu'à la mort sur la croix restent encore comme quelque chose de convenable, mais non plus comme essentiels et nécessaires pour une satisfaction et une rédemption proportionnée; elles perdent donc leur intime connexion avec les plans rédempteurs de Dieu.
1) Relativement au premier point le mérite et la satisfaction restent sans doute possibles avec l'aide de la grâce. Il faut encore pour fonder le mérite notamment dans l'ordre surnaturel une promesse du côté de Dieu qui confère pour ainsi dire à l'homme un droit contractuel à une récompense promise et assurée. Mais d'autre part l'homme par le bon usage de sa libre volonté acquiert des droits à une récompense devant la justice divine. Par la prière nous obtenons simplement quelque chose de la bonté divine et nous nous en remettons à la libre acceptation du côté de Dieu, mais par le mérite proprement dit (meritum de condigno) nous nous acquérons des droits au point de vue de la justice. Dieu a en effet abandonné aux créatures intelligentes l'usage de leur volonté libre comme la jouissance d'un droit qui leur appartient et les fruits de cette liberté doivent être leur propre bien. Par le sacrifice volontaire de ces droits à Dieu, ils acquièrent certains droils au moins en face de ia justice distributive {justitia distributiva), sans que l'homme obtienne pour elle un jus striction. Ce dernier ne s'obtient qu'entre égaux. Par contre Duns Scot assigne à toute action méritoire un mérite proprement dit {yneritum de congruo), où n'apparaît d'après la doctrine de la théologie de l'Eglise qu'une lointaine proportion de récompense et où doit intervenir une acceptation gracieuse et volontaire, avant que la récompense ne soit accordée.
Il est encore un autre point où Duns Scot dépasse les limites du mérite humain, c'est quand il admet, au moins comme possible, une valeur infinie pour le mérite comme pour l'œuvre satisfactoire de l'homme, pour le cas seulement, il est vrai, où Dieu par suite d'une particulière misé-