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ET AUX RAPPORTS DE LA SCIENCE ET DE LA FOI

Introduction et aperçu général.

L'histoire des dogmes nous a montré, dans la période anténicéenne et dans les temps patristiques (325-787 après J.-G), non seulement la définition graduelle et continue du dogme dans les symboles et les décrets de l'Eglise, mais encore l'intelligence de plus en plus étendue et profonde qu'eut de ces dogmes la science théologique.

Dans l'étude du moyen âge (787-1517 après J. -G.), elle, doit poursuivre ce double objet, tout en s'attachant de préférence au second. A cette époque en effet l'Eglise eut moins à préciser et à formuler le contenu de la révélation divine contre les hérésies qu'à l'élaborer sous l'influence de la dialectique de la philosophie péripatéticienne et à ériger ainsi la théologie en système. Ce fut là l'occasion

de bien des controverses ; cependant ces discussions ne dépassèrent pas d'ordinaire les limites de l'orthodoxie. Les polémiques, que les difîérentes écoles ecclésiastiques engagèrent sur les questions métaphysiques, psychologiques et théologiques, servirent à éclairer les vérités de foi et à fixer l'accord scientifique entre la foi et la science ; parfois même elles préparèrent une définition plus exacte du dogme. Certaines explications du dogme sont passées en effet des écoles ecclésiastiques dans le domaine de la doctrine de l'Eglise; d'autres, universellement adoptées dans les écoles, acquirent l'approbation indirecte de l'Eglise enseignante ; beaucoup cependant restèrent de pures opinions d'école et furent à ce titre l'objet de vives discussions, qui durèrent souvent de longs siècles. On s'explique ainsi facilement, comment les dogmes, poursuivis jusque dans leurs dernières conséquences, furent de plus en plus étroitement précisés au moyen âge et éclairés sous tous leurs aspects. Avant le concile de Nicée et aux temps patristiques, l'histoire des dogmes se préoccupa surtout d'apporter les témoignages des vérités révélées; au moyen âge elle va nous montrer surtout l'élaboration dialectique et l'examen minutieux et spéculatif de ces mêmes vérités.

Le grain de sénevé se transforme en arbre : dans sa croisance et son développement il enfonce de profondes racines, qui le fixent au sol, puis peu à peu, il s'étend avec ses branches, ses bourgeons et ses rameaux et enfin s'orne de fleurs et de fruits. Ainsi en fut-il de la semence de la vérité divine. D'abord elle fortifia de preuves de plus en plus distinctes et éclaira de témoignages toujours plus éclatants l'affirmation de son origine divine; elle pénétra plus profondément la société humaine dans toutes ses parties de ses racines toujours plus vivaces et plus nombreuses ; elle devint alors le grand arbre de vie, porta tant de branches et de rameaux que sous son ombre tous les hommes peuvent s'abriter, toutes les sciences et les arts

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