‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 49 sur 112 · DOCTRINE DE SAINT THOMAS SUR LA TRINITÉ · texte numérisé non relu

DOCTRINE DE SAINT THOMAS SUR LA TRINITÉ

l'intelligence l'effort de la volonté pour l'atteindre. Rattachant sa doctrine à celle de saint Augustin, Albert le Grand compare ces trois facultés de lame, leurs propriétés particulières et leurs relations réciproques avec les trois Personnes divines et les relations de ces trois Personnes divines entre elles (1).

Doctrine de saint Thomas sur la Trinité

La principale tâche de la Scolastique ne consista pas àdéfendre la vérité contre les essais multiples de conceptions hérétiques et erronées, non plus qu'à préciser plus exactement le dogme ; les premiers Pères avaient satisfait à ce devoir. A part quelques discussions dogmatiques sur la Trinité de Dieu, que nous avons déjà mentionnées, la théologie au moyen âge ne fut pas interrompue dans son cours elle ressembla assez à un fleuve qui s'écoule paisiblement dans son lit, qui ne sort de ses rives accoutumées que pour fertiliser les campagnes voisines, se borne d'ordinaire à se creuser un lit plus profond et régularise toujours de mieux en mieux son cours.

La doctrine de la Trinité acheva alors de s'élaborer et pour la profondeur de son concept et pour l'exactitude de sa formule. On essaya même à plusieurs reprises d'écarter les contradictions apparentes entre ce dogme et les vérités naturelles. La génération du Fils, l'aspiration du Saint-Esprit et l'idée de personne furent les principaux objets sur lesquels portèrent ces essais de la spéculation. Ici encore la palme appartient à l'Ange de l'Ecole.

l.Déjà saint Augustin avait expliqué commentlesdistinctions des personnes en Dieu ne sont que des relations, car il faut nier en lui autant les distinctions substantielles ou

(1) Ib. artic. 2.

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essentielles que les distinctions accidentelles. Les Ariens admettaient les premières et les Sabelliens les seconde

Mais si d'après le dogme il existe en Dieu trois Personnes réellementdistinctes, il y aussi les relations déjà indiquées. Si elles n'étaient que purement idéales dans notre connaissance {differentiaerationis), comme lorsque noussemblons distinguer le commencement et la fin d'une ligne, on devrait les énoncer réciproquement l'une de l'autre, par exemple attribuer la paternité au Fils et la filiation au Père cela n'est évidemment pas admissible ; ce serait embrasser l'erreur du Sabellianisme. C'est pourquoi en Dieu les relations sont réelles (1).

La relation ou rapport entre deux choses finies tire sa réalité de la quantité, de l'activité ou de la passivité de chacune. Mais il faut absolument exclure de Dieu la quantité et la passivité. C'est pourquoi la relation en Dieu ne peut naître que de son activité et de son activité immanente, c'est-à-dire de la connaissance et de la volonté, d'une activité qui ne s'exerce- pas sur quelque chose d'extérieur et de fini. Les relations de Dieu avec la créature ne sont pas quelque chose de réel en Dieu ; elles ne l'ont que s'attacher à la créature et la conserver : telles les relations de créateur, souverain, conservateur, législateur, sauveur (2).

La connaissance engendre dans un esprit fini plusieurs relations, car elle établit d'abord une relation avec l'objet connu, ensuite avec l'image intelligible (species inlelligibilis) engendrée par la perception sensible. L'esprit a d'abord dépouillé celle-ci de l'individuel et du matériel pour former le commencement ou le travail initial de l'intellect agent et achever enfin la pensée ou le verbe (intentio, verbum mentis sive species expressà). L'objet connu n'est ordinairement pas immanent à la connaissance ; il lui est extérieur,

(1) Quaestt. ùispp. qu. a. 1.

(2) L. c. : Relinquitur c-rgo qi:od consequatur relatio realis in Deo actionem manentem in agente, cujusmodi actiones sunt intelligere et \elle in Deo.

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