‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 50 sur 112 · DOCTRINE DE SAINT THOMAS SUIS LA TRINITÉ · texte numérisé non relu

DOCTRINE DE SAINT THOMAS SUIS LA TRINITÉ

mais la pensée formée, le verbe spirituel, quoiqu'extérieur à la faculté de la connaissance, lui est cependant essentiel, parce qu'il parfait lui-même la connaissance (4).

Mais s'il existe une intelligence dont l'activité soit réellement une et identique avec son être et son essence, son verbe, le terme de la connaissance, sera aussi un avec l'activité et l'être de l'intelligence. C'est ce qui arrive en Dieu ; il peut donc y avoir en lui un principe d'une seconde personne, le Logos, sans préjudice de l'unité de l'essence divine.

2. Les personnes proviennent en Dieu des relations réciproques de leur origine. Mais il n'y a en Dieu que deux actes immanents : la connaissance et la volonté ; et par conséquent il n'y a que trois Personnes divines, caria seconde est le résultat de la connaissance, et la troisième, de la volonté.

La connaissance et la volonté chez l'homme ne sont pas clés actes immanents mais ils se terminent dans le verbe et dans l'amour. Dans la connaissance et la volonté des esprits finis et de l'homme ii se produit comme un mouvement circulaire : la connaissance est mise en branle par un objet extérieur perçu par les sens ou représenté par l'esprit; le sujet connaissant reçoit ainsi en lui-même et s'approprie les choses qui sont en dehors de lui. Si l'objet est connu comme bon, il s'en produit le désir; l'âme entre en activité comme sujet aimant et tendant vers ce bien extérieur pour l'atteindre ; et c'est dans la possession de ce bien qu'elle jouit de sa félicité.

Dieu ne reçoit pas sa science des choses extérieures ; c'est plutôt sa connaissance qui produit les choses. Sa vo-

(I) L. c. : Et ideo verbuni quoi oritur ab intellectu est similitude» rei 'ntellectae, sive sit idem quod intellectus sive aliud. Hujusmodi autem verbum nostri intellectus est quidem extrinsecum ab esse ipsius intellectus. Non enim est de essentia, sed est quasi passio ipsius. Non tamen est extrinsecum ab ipso intelligere intellectus, cum ipsuni intelligere compleri non possit sine verbo praedicto.

lonté non plus n'est pas attirée par les choses qui lui sont extérieures; c'est plutôt sa volonté qui les attire comme vors le but tinal qui est lui-même. Si ce mouvement circulaire, dont nous avons parlé plus haut, de notre connaissance et de notre volonté s'arrête dans l'amour et la possession du bien suprême, ce mouvement en Dieu doit être immanent sous tous les rapports, parce qu'il est lui-même l'objet le plus élevé de sa connaissance et de son amour. Dieu, en se connaissant lui-même, engendre son Verbe par lequel il connaît en même temps tout le reste ; et par cette connaissance de lui-même dans son Verbeil arriveàl'amour de lui-môme (1). En dehors de cette procession intime et immanente, il n'y en a pas d'autre en Dieu.

Outre ce développement intime et cette procession (processio) immanente de la connaissance et de la volonté nous observons dans les choses une activité extérieure : le soleil, par exemple, répand en dehors de lui sa lumière et sa chaleur dont bénéficient les êtres, mais dont il ne reçoit point lui-même l'avantage. La connaissance et la volonté d'un esprit fini vont d'abord vers les choses extérieures, mais elles se réfléchissen tensuite dans son être pour se corn pléter ; cela est vrai de la perception sensible et du concupiscible, aussi bien que de l'activité vitale de tout être vivant (2). Tout cela se retrouve en Dieu comme dans l'original le plus parlait; il y a en lui une puissance et une activité (processio) qui va aux choses extérieures et une production immanente. La première, c'est la création et la manifestation de Dieu ad extra ; la seconde, c'est la génération du Fils et l'aspiration du Saint-Esprit (3J. Les premiers Pères, pour défendre

(1) L. c. a. 9 : Nam Deus intelligendo se, concipit verbum suum, quod est etiam ratio omnium intellectorum per ipsum propter hoc quod omnia intelligit intelligendo seipsum et ex hoc verbo procedh in amorem omnium

et sui ipsius Et ideo non potest sequi tertia processio in natura di-

vina, sed sequitur alterius processio in exteriorem naturam.

(?) Qu. dispp. qu. 10. a. 1 : Nam quidquid invenimus j.ei' se et in se operari quoeumque modo, dicimus vivere.

(3) L. c. qu. 10. a. 1. : Genus quidem operationis in aliud extrinsecum

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