DÛCTIÏINE DE SAINT THOMAS SIR LA TRINITÉ
la Trinité contre les Ariens, avaient obéi à l'influence d'un monothéisme rigide et avaient représenté Dieu comme un principe stérile. LesScolastiques et surtout saint Thomas apportent plus d'exactitude et de précision dans leur explication; ils montrent qu'en Dieu doit se manifester premièrement une activité et un développement vital immanents, et qu'ensuite seulement doit venir au second plan une opération ad extra. Il ressort de là que la première processif) immanente en Dieu doit être celle de la connaissance ou la génération du Fils, et la seconde, celle de l'amour ou l'aspiration du Saint-Esprit.
Saint Thomas expose la question spéciale de l'ordre qui existe entre les relations de génération et de procession (processio) en Dieu. Il ne saurait y avoir de priorité chronologique, mais seulement logique [ralionis) dans notre esprit : la relation de paternité qui caractérise le Père précède la génération; la relation de filiation vient ensuite, car elle est le terme de la génération (1). C'est pourquoi il est plus juste de dire de la première personne : Quia Pater est, générât, que de dire : Quia générât Pater est (2). En outre les relations ne sont pas en Dieu quelque chose d'accidentel, elles sont au contraire identiques avec l'essence divine, quoiqu'elles soient réellement distinctes les unes d-s autres, car leurs termes expliquent l'opposition.
3. La définition que donne saint Thomas de la personne est identique à celle de Boèce, et presque tous les Scolastiques l'ont retenue. L'hypostase {hypostasis) désigne surtout l'être individuel (indiuidua substantia ; au contraire la personne [personna) est la substance individuelle raison-
transeuntis Deo attribuimus. in quantum dicimus quod créât, conservât et gubernat omnia. Ex quo quidem operationis génère nulla perl'ectio Deo advenire significatur. sed magis quoi proveniat in creatura perl'ectio ex perfectione divina. Aliud vero operationis genus Deo attribuimus. in quantum ipsum intelligentera et volentem dicimus Et haec es7, processio personae Filii a Pâtre, qui est Terbum ipsius et Spiriti s sancti, qui est amor ejus et spiramen yivificum. (1] lb. a. 3. — ('.!) S. th. 1. qu. 40. a. 4.
nable [rationalis naturae). Le mot latin substantia qui correspond au mot grec l-ia-^c^ désigne ici la substantiel prima par-opposition à la substantia secundaûe l'essence purement logique, c'est-à-dire un être existant en lui-même par opposition aux accidents. En effet elle a l'existence en elle-même tandis que les accidents l'ont dans un autre, c'est-à-dire ilans une substance. Ce concept de la personne renferme la qualité d'être par soi {esse perse) d'après laquelle la substance n'existe pas comme partie d'une autre substance; c'est la condition d'un concept adéquat de l'hypostase ou de l'individu (1). Les êtres spirituels possèdent cet esse per se d'une manière plus parfaite qus les choses matérielles et il se révèle en eux par les actes de leur volonté libre : ils ne sont pas nécessités par une force extérieure, mais ils se présentent à nous sûus la forme de causes agissant spontanément et d'elles-mêmes et ayant conscience de leur action (2). La personne est donc ce qu'il y a de plus parfait dans le domaine des êtres raisonnables (3).
Transportons en Dieu ce concept et nous verrons que la personne divine est la relation subsistante par elle-même. Patemitas igitur subsistens est persona Patris ; et Filiatio subsistens est persona Filii (4). En outre, il existe une troisième relation constituée par la procession du Saint-Esprit; mais l'aspiration active ne constitue pas une quatrième personne, parce qu'elle est commune à deux personnes et ne détermine aucune différence entre elles.
4. De ces relations, qui sont réellement distinctes, entre elles, nous devons distinguer d'autres déterminations particulières que nous attribuons aux personnes divines pour mieux les définir, tout comme nous énonçons de Dieu luimême beaucoup de propriétés telles que la sainteté, la justice, la sagesse, la bonté, etc. Ces qualités appliquées aux Personnes divines prennent le nom de notiones. En dehors
(I) S. th. 1. qu. 29. a. 1. — (2) 1b. a. 1. — (3) Ib. a. 3. (4)i6. qu. 30. a. 2.