‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 59 sur 112 · LES BONS ET LF> BU VUS ANGE · texte numérisé non relu

LES BONS ET LF> BU VUS ANGE

7. Un peu à côté du domaine de la dogmatique et encore plus de celui du dogme, nous trouvons l'opinion, admise par plusieurs Scolastiques,que les Anges meuvent lescorps célestes. Cette opinion tire son origine des Aristotéliciens arabes, qui allaient encore plus loin et qui regardaient les corps célestes comme des êtres animés par des intelligences spirituelles, par analogie avec l'animation du corps humain par l'âme (1). Albert le Grand rejette cette théorie : mais il laisse indécise la question de savoir si l'opinion du simple mouvement dos corps célestes par les Anges a un fondement de vérité (2).

Saint Thomas est par contre pour cette dernière opinion, et il pense que les corps célestes sont mus non seulement d'après les lois nécessaires de la pesanteur, mais encore par des êtres raisonnables. Le mouvement dépendant des lois de la nature inconsciente s'élève toujours vers un poin déterminé, et ce point atteint, il cesse. Mais ce n'est pas ainsi que nous apparaît le mouvement des corps célestes, et pourtant il faut qu'ils soient mis en mouvement par des êtres raisonnables, sans que cependant ces êtres soient unis comme formes aux corps célestes pour former des êtres vivants (3). Saint Thomas aurait rétracté lui-même ce raisonnement, s'il avait connu les progrès de l'astronomie dans les temps qui ont suivi. Il est certes bien démontré que les lois des corps célestes de notre système solaire sont purement physiques.

(1) Méiaph. p. 381. — (1) Ibid. p. 37.

(S) S. th. i. qu. '0. a. 3 : Quod autem corpora caelestia moveantur ab aliqua substantia apprehendente, et non solum a natura sicut gravia et levia, patet ex eo, quod natura non movet nisi ad unum, quo habito quiescit.... quod in motu corporum caelestium non apparet. Unde relinquitur quod moventur ab aliqua substantia apprehendentef

§ 47 La création du monde matériel et l'œuvre des six jours.

A. La fin du monde matériel se confond avec celle de la création. Cette opinion d'Origône que Dieu a, dès le commencement, donné au monde matériel comme destination et but final de servir de lieu de punition pour les Anges déchus, est rejetée par les Scolastiques. Le monde entier ne forme qu'un cosmos, tout comme dans un ordre moindre les différents membres et les parties constitutives du corps ne forment qu'un corps organisé. Les parties diverses d'une chose servent à des activités déterminées : l'oeil sert à voir, l'oreille à entendre, le pied à marcher etc., mais toutes ces activités se confondent harmonieusement et serventà un tout unique, de sorte que les parties et les activités les plus basses et les moins parfaites sont subordonnées aux plus élevées, et toutes ensemble contribuent à la perfection du tout. Il en est absolument de même pour l'ensemble de l'Univers. Chaque créature est créée pour une activité déterminée ; les êtres les moins parfaits servent les plus parfaits ; toutes les choses terrestres ont été subordonnées à la domination de l'homme ; toutes les créatures augmentent et élèvent la perfection de tout l'univers, et celui-ci sert à la glorification de Dieu. En outre les créatures raisonnables ont comme but final de glorifier Dieu et de manifester sa bonté afin qu'elles le connaissent et l'aiment et que par là elles aient part d'une manière bien plus élevée à sa perfection (1).

B. Sur J'œuvre des six jours, il y a à côté de l'explication littérale ordinaire du premier chapitre de la Genèse une autre explication de saint Augustin, que nous avons exposée en son lieu, et qui veut limiter la création à un seul

(t) Cf. Thom. S. th. 1. qu. 65. a 2.

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