LA VIRGINITÉ HE MARTE DANS LA NAISSANCE DL SAUVEUR 37(J
dinaire, il ne fait attention qu'au mot in parût, et y voit la naissance proprement dite et l'ouverture de la vulva, oubliant qu'alors la Vierge cesse d'être Vierge. Mais il ne voit là rien qui puisse porter préjudice à la virginité; il croit seulement indiquer la vraie et complète naissance du Fils de Dieu : il n'y a pas pour lui atteinte à la virginité, car le Sajnt-Esprit, par qui le corps du Sauveur a été conçu, a préservé le sein de la Vierge, lors de son ouverture dans la naissance de son Fils, de toute atteinte et de toute souillure (1). Ratramne admet donc, lors de la naissance du Sauveur, un effet extraordinaire de la grâce du Saint- Esprit, puisqu'il veut que le Saint-Esprit ait, dans la naissance du Christ, éloigné de la virginité de la mère toute atteinte et toute souillure. Mais il regarde l'ouverture du sein de la Vierge comme un pur événement naturel, et ce qui est naturel n'a rien de déshonorant, même pour la bienheureuse vierge ; la honte n'est que dans les effets désordonnés de la concupiscence, qui vient du péché (2). A plus forte raison, ajoute cet auteur, le Fils de Dieu n'a >as pu dédaigner de sortir du sein de sa mère par la voie naturelle, tel:e qu'il l'avait réglée une fois pour toutes.
Oa voit qu-, de cette manière et avec les mêmes raisons, Ratramne aurait bien pu accepter pour le Fils de Dieu la génération naturelle charnelle, telle qu'elle s'accomplit pour le reste des hommes, et qu'il n'attribue aucune importance au signe le plus certain de la virginité corporelle pour la mère de Dieu, Ynterus clausus.
De la venue extraordinaire et merveill euse du Fils de Dieu
(1) Ib. c. 3 : Sed non propter hanc legem peccati dotninantem in membres nostris opus fuit SaU-atori declinare viam nativitatis lege constitutam ;quandoquidem Spiritus sanctus, qui Virginis uterum, quo Dei Filius incarnaretur, ab omni contagio sanctificavit, ipse quoque et vulvam qua nasceretur purgavit.
(2) Ib. c. 3 : Quod cuua feceris, nihil in naturis turpe praeter inordinatos motus videbis, quos non de creantis sapientia, sed de peccati culpa contraxere, et deinceps non indignam judicabis Incarnatione Verbi ad nascendum virgineam vulvam.
BISTOIRE DES DOG
dans sa naissance naturelle, il est fait ainsi abandon complet. Tout au contraire Ratramne tire de l'existence locale du corps du Christ dans le .cein de la mère, cette conclusion que ce corps devait sortir du corps de la vierge par une ouverture quelconque. « Mais (dit-il) si cela est, pourquoi le Fils de Dieu n'aurait-il pas choisi la voie établie pour tous, celle de la culca (i)î »
En même temps Ratramne pour appuyer sa manière d'expliquer la naissance du Sauveur, donne des témoignages tirés de la sainte Ecriture, par ex. Isaïe (7. 14), où à propos des mots virgo pariet filium, il presse le mot pariet et saint Luc. (2. 22).
Plus importants sont les témoignages tirés des écrits des Pères comme celui de saint Ambroise (2) : Qui ergo vulvam sanctificavit alienam, ut nasceretur propheta, hic est, qui aperuit matris suae vulvam ut immaculatus exiret. — Pour saint Augustin (Sermo de nataliDei) Ratramne donne comme preuve ces paroles Natus est ut homo. Pour ces paroles, comme pour d'autres témoignages tirés des écrits de saint Jérôme, Ratramne doit lui-même accorder que l'organe qui a été actif dans la naissance n'est pas expressément nommé (3), même il cite des passages dans lesquels Y utérus clausus est expressément indiqué, par exemple ces vers du prêtre et poète Fortunat :
Ilaec porta est clausa, in quam introivit nemo nec exit. Ni Dominus solus, cui quoque clausa patent.
B. De même que pour la doctrine de la cène, '/adversaire de Ratramne, sur ce point de la Ghristologie et de la Mariologie, fut son abbé de Vieux-Corbie, Paschase Radbert,
(1) lb. c. 3: Nec illocaliter egressus, hoc estenim incorporeae proprium naturae, longe vero a corporea remotum. Constitue certe quam delegeris patrem. Vulvam ranuis, umbilicum attribue ; vel si malueris, honestius quodcumque corporis ostium : ac si ostia quae dédit natura displicent,. disseca ventrem, nuda costas etc.
(2) L. 2. in Lu-, c. 2. — (3) Cf. I. c. c. 9.