Pierre Lombard s'attache tout particulièrement à
(t) L. e. dist. 14, 2 : Quibus respondentes. dicimas animam Christi per sapientiam sibi gratis datam in Verbo Dei, cui unita est. unde etiam perfecte intelligit, omnia scire quae Deus scit, sed non oinnia posse quae potest Deus, nec ita clare et parspicue omnia capit ut Deus.
(2) Dist. 13. 2.
(3) Voir Hisi. des Dogmes, il. § 32.
LA DOCTRINE SUR f.A PERSONNE 1)1 SAIVEIR 399
montrer que In Verbe divin, môme dans la mort, n'a ni abandonné, ni interrompu l'union hypostatique ni avec l'âme humaine, ni avec le corps humain (1). Par conséquent le Christ était comme Homme-Dieu dans les limbes comme au tombeau, et dans le tombeau il était digne d'adoration, car le cadavre divin du Sauveur était uni personnellement au Verbe divin et demeurai! !e cadavre d'un Di^u. Ceci tous les Scolastiques Ton. admis; mais ils ne s'entendaient pas aussi bien avecPierre Lombard pour savoir si le Christ pendant les trois jours où il est demeuré dans le tombeau pouvait être appelé homme. L'union de l'âme et du corps est de l'essence de l'homme ; or par la mort elle était ici interrompue.
B. A la troisième, explication de l'Incarnation, donnée par Pierre Lombard et que nous avons mentionnée, se rattache l'erreur des Nihilistes, qui outraient la comparaison la nature humaine avec un vêtement, et prétendaient que la nature humaine était équivalente à rien, que le Christ en tant qu'homme n'était pas quelque chose (non erat aliqnid). Contre ces erreurs issues de l'école de Pierre Lombard, s'élevèrent les Conciles de Tours et de S'ms, que le pape Alexandre III tint en France en 1163, et ce pape lui-même, dans un écrit de l'an 1179(2), condamna ces erreurs. En faveur de l'erreur s'éleva un théologien du nom de Jean Cornubiensis, qui se dit élève de Pierre Lombard, dans un écrit particulier, VEulogium (3).
Celui qui opéra la transition entre ses devanciers, Pierre Lombard et saint Anselme, et son successeur saint Bonaventure, ce fut le maître de ce dernier, le premier professeur de théologie de l'ordre de saint François à l'Université de Paris : Alexandre de Halès.