L'adoration est un témoignage de respect que nous
(1) Ibid. qu. 22. a. 2. - (2; Ibid. a. 4. — (3) Ibid. a. 4.
ne rendons qu'à Dieu, puisque par là nous le reconnaissons comme le souverain absolu et le maître de toutes choses. D'ailleurs en général nous ne rendons l'honneur qu'à une personne, quoique les raisons de cet honneur puissent se tirer de divers privilèges de sa nature. Par conséquent il n'est dû au Christ qu'une adoration, comme cela a été expressément enseigné, dans les anathèmes de saint Cyrille et du troisième concile général contre Nestorius (1), quoique les motifs de cette adoration puissent aussi bien être tirés des perfections de la nature humaine du Christ. En effet, nous adorons le corps du Sauveur dans la sainte Eucharistie adoratione latriae, puisque nous adorons Dieu revêtu de la chair et uni à elle hypostatiquement. Il est vrai que saint Thomas admet aussi que le Sauveur, dans sa nature humaine, pourrait être honoré adoratione duliae ; tout comme cet hommage que nous rendons spécialement aux saints, nous pourrions aussi l'offrir à Dieu, à cause de sa souveraineté sur toutes les créatures (2). Car à la souveraineté revient le culte que nous appelons didie.
Malgré tout, on peut rendre à l'image du Christ aussi Yadoratio latriae, mais seulement une adoration relative, qui se rapporte à Celui qui y est représenté (3). Il en est de même de la croix, en tant qu'elle représente le Crucifié, l'adoration qu'on rend à la croix s'adresse au Seigneur lui-même. Cela est encore plus frappant, quand l'objet de l'adoration sont des reliques de cette croix sur laquelle le Sauveur a souffert "la mort: le rapport de l'adoration au Seigneur est encore ici plus intime.
Par contre, à la sainte Vierge, il ne revient aucune ado-
(1) Voir Hist. des Dogmes, II, § 40.
(2) Ibid. qu. 25 a. 2. Nec hoc est conveniens, quia ipsi Deo Patri debetur honor latriae propter deitatem et honor duliae propter dominiura quo gubernat creaturam.
(3) Ibid. a. 3.