SUITE DES DIFFÉRENCES ENTRE LES THOMISTES W
quelque chose de général, comme nous le saisissons dans notre pensée. D'après Scot, cet être est général et potentiel et ne diffère pas réellement de l'essence ; c'est pourquoi il a besoin d'un nouvel être pour la nature individuelle.
Les thomistes invoquent par contre l'analogie du corps ressuscité reçu dans l'être vivant de l'âme humaine (1).
B. Les scotistes n'ont pas, dans les temps postérieurs, élargi les arguments de leur chef ; ils en sont demeurés aux distinctions subtiles de ce dernier. Ils pensent devoir admettre pour la nature individuelle un mode d'être particulier, différent de celui de l'essence (esse essentiae), car ce dernier n'est qu'un être potentiel, et partant n'est pas suffisant pour la nature individuelle. Et, disent-ils, ce mode d'être, particulier à la nature individuelle, il faut d'autant plus l'accepter que l'accident lui-même a un être particulier, bien que la nature humaine du Christ soit plus qu'un accident (2). Seulement cet être particulier à la nature humaine est, d'après la doctrine thomiste, l'être communiqué du Verbe.
(I) Ibid. Ad. 23. — (2) Cf. Dupasquier, de unione hypost. disp. 2.