‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 100 sur 480 · LE PÉCHÉ D'ADAM · texte numérisé non relu

LE PÉCHÉ D'ADAM

grâce et la nature et à distinguer des autres grâces proprement surnaturelles, les grâces el les privilèges qui donnent à l'homme les capacités el les dispositions requises pour atteindre sa fin naturelle ou pour perfectionner sa nature. Mais le fond de la doctrine se trouve expressément dans saint Augustin. Il parle d'une ressemblance (imago) avec Dieu, perdue par le péché et reconquise par le Christ. « L'image de Dieu, imprimée dans l'esprit, fut perdue par Adam. Nous la recouvrons par la grâce de la justification { ». 11 fait même dériver de celui-là tous les autres privilèges qui n'en sont que le complément2.

Il fait spécialement remarquer que la justification de l'homme n'est pas seulement la rémission de sa peine, ni une extinction purement extérieure de la dette, elle est toujours unie à une infusion de charité qui donne à l'homme le pouvoir d'accomplir des œuvres méritoires3. Ailleurs*, il dit qu'avant sa chute, Adam possédait la vraie vie de l'âme qu'il perdit par le péché.

Cependant le don de la ressemblance surnaturelle avec Dieu et la grâce habituelle ne suffisaient pas même dans l'état primitif pour agirméritoirement ; le secours de la grâce actuelle était encore indispensable. Saint Augustin fait ici, en faveur de sa doctrine de la prédestination dans son livre <( Decorr. et gr, » une distinction plus précise entre la grâce actuelle de l'état primitif et celle que les prédestinés reçoivent maintenant par suite des mérites du Christ. Il appelle la première un « adjutorium sine quo non fit)) ;la seconde un i adjutorium quo fit" ». Nous parlerons plus loin de cette distinction quand nous étudierons les opérations delà grâce. En tout état de cause, la grâce actuelle était nécessaire môme

i. Degen. ad. litt. VI, 27. Cf. Di tria. XIII, 7. Conff. XIII, 22. 23.

2. Op. imp. c. .lui. VI, 39: Juslum enim erat, utimago Dei nullo fuscata et obsoleta peccato, tali inseretur corpori, quamvis de terrena materie creatoque formato, ut ei de ligao vitae submiaistrata vivendi stabilitas permaneret.

:'». C. .lui. II, 168.

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