‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 110 sur 480 · Op. imp. c. Jul. V · texte numérisé non relu

Op. imp. c. Jul. V

dent ou une mauvaise qualité de la nature1. Ce péché ne se transmet pas comme en se déplaçant d'un lieu à un autre, mais directement à la manière d'une contagion ou d'une infection.

Du même coup saint Augustin pensait échappera l'objection que la doctrine du péché originel et de la damnation des enfants répugnait à la justice de Dieu. Il répondait, en effet, que Dieu n'avait pas causé le péché, qu'il n'avait pas établi la souillure et la corruption dans la nature humaine, qu'à proprement parler, il ne condamnait pas les descendants d'Adam à cause de péchés étrangers, mais à cause de leur propre péché, puisque le péché passe dans tous les hommes par la génération. « C'étaient des péchés étrangers, dit-il2, lorsque ceux qui les transmirent n'existaient pas encore; ils sont devenus des péchés appartenant en propre à ceux que la génération charnelle a suscités, et ils le demeureront tant que la régénération ne les effacera pas 3 ».

Dans tous ces essais tentés pour expliquer ou établir la doctrine du péché originel, saint Augustin accentue toujours trop le rôle de la concupiscence désordonnée dans le péché originel. Il y était amené par sa polémique contre le Pélagianisme qui, lui, la regardait comme un bien. Les tentatives de saint Augustin n'eurent pas le résultat qu'obtinrent plus tard celle des théologiens : c'est qu'il avait trop présenté le péché originel comme une blessure faite à la nature de l'homme et n'avait pas assez fait voir en lui une suppression de la ressemblance surnaturelle de l'homme avec Dieu.

III. Les suites du péché originel pour chacun de nous sont les mêmes que pour Adam. Tout péché grave personnel entraîne des châtiments particuliers pour son auteur ;

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