‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 113 sur 480 · Aug. op. iinp. IV, 53, .">e · texte numérisé non relu

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qu'elle ne serait guère capable que de pécher. Voilà ce qu'ont prétendu découvrir dans saint Augustin les réiormateurs du seizième siècle, Baius et Jansénius; c'est encore ainsi que les théologiens protestants de nos jours entendent ses paroles1. Il faut bien remarquer d'abord que saint Augustin distingue avec soin de la liberté morale ou pouvoir de choisir {liberum arbitrium) la liberté des enfants de Dieu, qu'il appelle {libertas) et qui est la liberté du péché et le pouvoir, issu de la grâce, d'opérer des œuvres surnaturellement bonnes et méritoires pour le ciel 2. L'homme infecté du péché originel ne possède plus la capacité et la disposition, produites par la grâce seule, de persévérer dans la justice et la sainteté, de conserver l'immortalité et de mériter le ciel. Ces états ne peuvent plus être la fin de sa volonté libre naturelle et de son choix, et, sous ce rapport, on peut dire que l'homme n'a plus la plénitude de sa liberté originelle. Mais même après sa chute, l'homme a conservé le pouvoir moral naturel de choisir ou de laisser le bien qui correspond à sa nature. Voilà pourquoi encore les fautes personnelles lui sont imputables, quoiqu'il ne puisse rien faire de profitable pour le ciel, ni opérer acte de vraie justice3. Saint Augustin a bien pu appeler « libertas » cet état paradisiaque primitif, car il impliquait l'idée d'indépendance vis-à-vis du péché et de la concupiscence désordonnée.

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