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liberté n'est donc pas complètement éteinte. Nous préciserons ce point de doctrine en étudiant l'enseignement «.le saint Augustin sur la grâce.
3. La question de la possibilité de l'exemption de péché chez l'homme dans l'état de chute avait une connexion étroite avec celle de la concupiscence mauvaise et de l'inclination déréglée de l'homme vers le mal et les plaisirs des sens. Les Pélagiens affirmaient la possibilité de cette impeccabilité. Saint Jérôme les avait spécialement combattus à ce sujet. Saint Augustin s'occupe de la question dans son second livre ce Sur le pardon des péchés », et il cherche à résoudre si et de quelle façon cette impeccabilité est possible sur terre, si elle se réalisera jamais effectivement chez les hommes, pour quel motif cette possibilité n'arrivera jamais à sa réalisation.
Il ne veut pas chercher querelle aux Pélagiens sur la possibilité de l'impeccabilité et il ne fait aucune difficulté de la concéder. Toutefois, il ne faut pas en rechercher lacause dans la liberté humaine, mais surtout dans la grâce divine. Oui, il serait possible à l'homme d'être sans péché, mais à l'homme justifié par une grâce extraordinaire de Dieu, vouloir le contester serait imposer des limites déterminées à la grâce ou trop circonscrire la volonté libre de l'homme1. Au reste, cette exemption de péché serait toujours distincte de la perfection,dont l'homme jouira au ciel. Une exemption du péché ou l'accomplissement rigoureux de tous nos devoirs sur terre serait une justice toujours amissible, reposant sur la foi, tandis que la justice céleste sera inamissible et fondée sur la contemplation du bien le plus parfait et sur un amour de Dieu, qui ne connaîtra pas d'interruption et embrassera toutes les facultés de l'âme2.
1, De pecc. mer. II, 6, 7: Nam qui dicunt esse posse in hac vila hominem sine peccato, non est eis continuo incauta temeritate obsistendum Si enim esse posse negaverimus, et hominis libero arbitrio, qui hoc volendo appétit, et Dei virtuti vel misericordiae, qui hocadjuvando efficit, derogabimus. Cf. De nat. et gr. c. 53. 58. De spir. et litt. 5, 7.'