‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 121 sur 480 · Canon 6. 7. s. ï. De pecc. mer. II · texte numérisé non relu

Canon 6. 7. s. ï. De pecc. mer. II

Cette croyance primitive se développapeuàpeu, s'affirma dans une lumière de plus en plus éclatante, jusqu'au jour où, devenue l'objet de l'enseignement universel de l'Eglise, elle fut proclamée comme un dogme de foi. La suivre dans son développement progressif et ses diverses étapes à travers les temps patristiques, voilà ce que nous voudrions essayer ici.

Pour cela, rappelons d'abord les témoignages indirects déjà recueillis, le parallèle si souvent fait entre Eve et Marie, l'enseignement communément admis de la perpétuelle et inviolable virginité de Marie, et le développement naturel et progressif de son culte.

1. Parmi les Pères qui aiment le plus à établir un parallèle entre Eve et Marie, il faut signaler saint Epipliane. Il composa contre les adversaires de la virginité de Marie en Arabie, qu'il appelle antidicomarianites, une lettre dogmatique, qu'il classe dans son ouvrage sur les hérésies au numéro 78. Il invoque contre ses adversaires la tradition communément reçue de l'Eglise : Marie reçoit de toutes les bouches le titre, pris dans un sens éminent, de vierge perpétuelle (àwxy.pQîvo;) l ; il explique les expressions de la sainte Ecriture sur les frères de Notre-Seigneur et oppose Marie à Eve, qui en fut la figure, parce qu'elle fut appelée « la mère des vivants » (Gen. 3. 20). « Si on ne considère que l'extérieur et ce qui tombe sous les sens, c'est bien Eve qui nous apparaît comme le principe de la race humaine sur la terre. En réalité c'est Marie qui a apporté la vraie vie au monde, car Marie a engendré celui qui est véritablement vivant, et elle est devenue de la sorte « la mère des vivants » 2. A cela il rattache une autre comparaison : Eve subit la punition d'avoir à gagner son pain à la sueurj de son front, c'est la loi du travail qui la dominera, elle devra filer la laine pour en faire des habits et cacher sa nudité, dont son péché et sa séduction lui avaient fait sentir la honte. Marie, au contraire, a donné au monde, l'Agneau de qui nous avons reçu

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