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Ni Epiphane, ni Augustin n'ont cependant l'intention d'égaler Marie au Sauveur. Saint Epiphane fait même découler la vénération rendue à Marie de notre devoir de vénération envers Dieu. « Qui honore Dieu, honore aussi les saints, dit-il aux Antidicomarianites, et qui outrage les saints, outrage pareillement Dieu1». D'un autre côté, il combat l'erreur de quelques enthousiastes qui, en Arabie, offraient à Marie des gâteaux (xo/fyoîSeç) comme à une déesse, et il ajoute expressément, dans la « 79e hérésie », que Marie a été conçue d'une manière naturelle, bien que, d'après une tradition, un ange l'eût annoncée auparavant à Joachim.
2. La comparaison entre Eve et Marie faisait conclure d'autant plus évidemment à la complète innocence de Marie et à sa participation à la rédemption du genre humain, que les Pères expliquaient le passage de la Genèse (3, 15) enlisant Ma pour ille : «Elle t'écrasera la tête. » Saint Ambroise2 et saint Augustin3 acceptaient ce texte. La victoire de Marie sur le démon impliquait la complète exemption de sa domination.
3. La comparaison déjà faite par les Pères anténicéens entre la virginale mère de Dieu et l'Eglise de Jésus-Christ4, qui est la virginale mère de tous les fidèles, fut conservée et développée par les Pères qui suivirent3. Marie est donc, comme l'Eglise, la fiancée sans tache du Saint-Esprit et mérite à un degré suréminent d'être appelée sainte.
4. L'idée de la virginité la plus inviolable et de l'intégrité corporelle de Marie était si communément reçue aussi bien par les Pères qui précédèrent que par ceux qui suivirent le concile de Nicée, c'était une doctrine qui faisait si bien corps avec la foi divine que la moindre contestation, qui venait à se faire jour çà et là, était condamnée comme une hérésie. Vers la fin du ive siècle, Jovinien, jadis moine à