‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 125 sur 480 · I. A<iv. Helvid. c. 17 Migne XXIII, 201 sq · texte numérisé non relu

I. A<iv. Helvid. c. 17 Migne XXIII, 201 sq

1. Aug. Op. imp. c. .lui. IV, l22:IUe(Jovinianus] rirgmitatem Mariam diabolo nascendi conditîoae Lranseribis.

admis par toute l'Eglise, puisqu'il essaie de mettre Augustin en contradiction avec elle et avec le sentiment religieux des fidèles.

Que répond Augustin à cette objection? Ne reconnaîl-il pas cette exception en faveur de la Bienheureuse Vierge ? Fait-il abstraction, dans l'espèce, de sa conception par Joachim et Anne et de la concupiscence qui l'accompagna? Non, ni l'un ni l'autre. « Nous ne soumettons pas Marie au démon, réplique-t-il2, en vertu de la naissance, et cela parce que chez elle, à cause de la grâce de la régénération, la naissance charnelle n'a pas eu ses effets naturels ». A prendre dans leur sens intégral, les mots non transcribimus. il faut rejeter complètement, d'après saint Augustin, la domination du démon sur Marie et admettre dès lors son immaculée conception.

Les Pélagiens contribuèrent encore à faire mettre en évidence la complète pureté de Marie. Ils réclamèrent pour l'homme une impeccabilité absolue, et non seulement ils en assuraient la possibilité pour les forces humaines, mais ils en trouvaient déjà la réalisation dans de nombreux et remarquables membres de l'humanité. Naturellement, cette impeccabilité impliquait déjà dans l'esprit des Pélagiens l'exemption du péché originel. Saint Augustin ne pouvait s'empêcher de reconnaître qu'une telle impeccabilité, si elle est une grâce accordée par Dieu, n'implique rien qui soit incompatible avec l'essence d'une créature. Aussi bien quand Pelage soutint qu'on devait croire, dans l'intérêt de la piété, que Marie avait joui de cette impeccabilité, saint Augustin ne le contredit pas; il avoua qu'il faisait toujours une exception pour la Bienheureuse Vierge toutes les fois

1. II est plus que surprenant, mais bien explicable, que l'opposition faite de nos jours à la doctrine de l'Eglise au sujet de la conception immaculée de Marie, vienne, en grande partie, de la part de ceux qui, au fond, nient avec les Pélagiens la transmission héréditaire du péché dans tous les hommes.

2. Aug. I. c. Non transcribimus diabolo Mariam conditione nascendi: ed ideo, quia ipsa conditio solvitur gratia renascendi.

l'immaculée conception 185

qu'il étail question de la loi commune du péché1. On peut conclure de là avec une certitude morale que non seulement Augustin, mais encore le sentimenl religieux des fidèles, auquel Pelage faisait publiquement appel, exigeaient l'innocence absolue de la Mère de Dieu, son exemption complète du perle'-.

Malgré cela, il faut convenir que d'autres Pères, à cette même époque ou dans la suite des temps, ne furent pas aussi affirma tifs que saint Augustin sur la question de renseignement traditionnel de l'Eglise, au sujet de l'exemption absolue de péché chez Marie. Saint Chrysostome, en particulier-, va jusqu'à découvrir en elle des signes de vaine ostentation. Hilaire, Ambroise, Jérôme et d'autres affirment l'universalité rigoureuse de la faute originelle et n'admettent qu'une seule exception, celle de l'Homme-Dieu conçu par une vierge. Des Pères de l'école d'Augustin enseignent, dans la suite, la même doctrine, entre autres saint Fulgence au commencement du vie siècle n. Mais l'expression (( caro peccati » qu'il emploie par opposition à « caro in similitudinem peccati^ pour désigner le corps du Seigneur, ne prouve encore rien. Le corps de Marie, en effet, fut engendré de la façon ordinaire et son âme eût été souillée du péché, si au moment de l'union de l'âme avec le corps, le Saint-Esprit n'était intervenu pour la préserver de la tache originelle et la combler aussitôt de la grâce sanctifiante. Quelques Pères4 appellent le corps du Christ luimême « caro peccati » , parce qu'il a pris sur lui les peines du péché, mais ils n'ont pas voulu le moins du monde dire

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