De praed. ss. c
2. Aug. Op. imp. C. Jul. 163. De pecc. mer. I, 10. De gr. Christ. C. 30. C'est pourquoi Wiggers (loc. cit. page '2'.\2, fait cette remarque très juste: « Saint Augustin n'entendait pas la justification au sens étroit du luthéra nisme. Bien qu'il la considérât parfois, avec les Pélagiens comme le pardon des péchés, il la regardait aussi comme une mise en possession de la justice».
3. C. duas epp. Pelagg. II. c», il : \am etsi eos negatis attrahere quod in baptismo remittatur originale peccatum ; tamen illo regenerationis lavacro adoptari ex liliis hominum in Dci lilios non negatis.
Ilf. — HISTOIRE DES DOGMES 13
vie n'avait pas pour but le pouvoir de faire des actions méritoires pour le salut. L'homme était déjà par nature, d'après renseignement de ces hérétiques, capable de gagner la vie éternelle. La doctrine orthodoxe fait de cette sanctification l'œuvre la plus importante de la justification1, en même temps que la plus nécessaire pour arriver à la vie éh inelle et pour accomplir tout acte bon, méritoire pour le ciel 2. Les Pélagiens, au contraire, regardèrent l'amour de Dieu, non comme une vertu infuse, mais un acte de la nature et un déploiement de nos énergies naturelles3.
La question de la nécessité de la grâce actuelle souleva encore plus de discussions. D'après la doctrine erronée des Pélagiens, la grâce actuelle ne servait qu'à faciliter l'observation des commandements de Dieu. La Révélation affirme au contraire, très clairement l'absolue nécessité de cette grâce pour l'accomplissement de toute œuvre bonne. Saint Augustin en voit le motif dans l'impossibilité où l'homme a été placé, par le péché originel, d'opérer un acte bon quelconque, puisque la grâce illuminative et l'infusion de la charité par l'Esprit- Saint lui sont indispensables pour redevenir capable de faire le bien. « La volonté libre n'a que le pouvoir de pécher, dit-il 4, si le chemin de la vérité est obscurci à ses yeux ; et même si l'acte à accomplir reçoit un peu de lumière, il n'est commencé que lorsqu'il plaît et qu'on l'aime. Mais pour que le bien soit aimé, l'amour de Dieu est versé dans nos cœurs non par notre volonté libre, mais par le Saint-Esprit qui nous est donné ».
1. Ibid. IV, G, 15: Ut autem homines sint boni, quis facit, nisi ille qui dixit : Et visitabo eos, ut eos bonos faciam?Et qui dixit : Spirituin meum dabo in vobis, et faciam ut in justificationibus meis ambuletis, et judicia mea observetis et i'aciatis?
2. Op. imp. c. Jul. I, 86 : Hune in sanctificatione fructum, qui fructus procul dubio caritas est, atque opéra cjus, nullo modo babere possumus a nobis ; sed habemus per Spirilum sanctum, qui datus est nobis. De ipso quippe i'ructu loquebatur magister Deus, quando palmilibus in se manentibus dicebat : Sine me nihil ipotestis facere. Cf. De sp. et litt. 14, 26. De corr. et gr. 16, 47.