De praed. ss. c. 7. — o. C. duas epp. Pelagg. IV
dans la foi qu'elles supposent, et qui est déjà une grâce gratuitement accordée: « Corneille, dit-il, a eu au moins les commencements de la foi, et c'est par là que ses œuvres ont été agréables à Dieu. Cette foi lui fut donnée par Dieu comme une grâce, ainsi qu'il en arrive pour tousles hommes, et non à cause de mérites antérieurs1 ».
Saint Augustin fait également ressortir la gratuité de la grâce sanctifiante de ce fait qu'elle est accordée aux enfants sans aucun mérite de leur part. Désireux d'attribuer encore quelque influence au baptême des enfants, les Pélagiens durent concéder qu'il en découlait une certaine répartition libre et gratuite de grâce"2. Saint Augustin leur reprocha souvent leur inconséquence. On l'accusait d'enseigner l'existence d'une fatalité, d'un Dieu faisant acception des personnes (jiersonarum acceptio). Il retourne l'accusation contre leur propre doctrine; ce qui était d'autant plus juste, qu'ils ne pouvaient pas indiquer le moindre motif pour lequel beaucoup d'enfants ne recevaient pas le baptême et perdaient le royaume du ciel. Les Semipélagiens trouvèrent cependant une issue ; ils s'appuyèrent, en désespoir de cause, sur les futurs conditionnels libres, comme cause du baptême qui en est la récompense. Avouons-le, cela ne signifiait rien. Comment reconnaître à l'homme comme un mérite ce qu'il ferait dans certaines conditions prévues, mais qu'il n'a jamais fait et ne fera jamais3 ?
Ce que saint Augustin devait surtout défendre contre les Pélagiens, c'était lagratuitedelapremieregrace.il ne prétendait pas nier en général le mérite d'une action moralement
1. Ad Simplic. I, quaest. 2, 2: Non cnim catechumeni non credunt, aut vfro Cornélius non credebat Deo, cum cleemosynis et orationihus dignum se praeberet cui Angélus mitteretur; sed nullo modo ista operaretur, nisi ante credidisset ; nullo autem modo credidisset, nisi vol seeretis per visa mentis aut spiritus, vol manifestioribus per sensus corporis admonitionibus vocatur. Cf. De praed. ss. c. 7.