De pecc. mer. II, 34. Ep
3. Ep. 186, 9, 33 : Fateatur secundum gratiam et misericordiam Dei veniam poenitentibus dari, non secundum mérita eorum; quandoquidem etiam ipsam poenitentiam donum Dei dixit Apostolns.
4. De dono pers. 6, 10 : Hoc ergo donum Dei (donum perseverantiae) suppliciter emercri potest; sed cum datum fuerit, amitti contumaciter non potest. Cf. c. 16.
en elle la prédestination divine ou La prévision, que l'élu persévérera réellement et coopérera, à la grâce.
5. L'exposition que saint Augustin nous a laissée de sa doctrine sur reffrcacrté de 1m grâce a suscité, dans la suite des temps, tes ntns longues discnssixwrs. En bien des endroits il semble par sa conception de ce point de doctrine avoir lésé en même annihilé complètement la libre détermination de la volonté humaine sous l'action de la grâce. Il se présente ici la même difficulté que pins haut, quand il a été question des suites du péché originel. Nous nous sommes demandé alors si l'homme déchu devait nécessairement obéir aux impulsions de la sensualité et nous nous demandons maintenant si la grâce efficace de Dieu n'exerce pas une influence déterminant nécessairement notre volonté libre. Et alors nous nous trouvons en présence de formules, qui font dériver de Dieu non seulement le pouvoir, mais encore le vouloir et le faire 4. Et tout aussi souvent on nous rappelle la toute-puissance de Dieu pour démontrer la certitude de la prédestination et du succès immanquable de la grâce2.
Afin d'avoir la clef de ces passages et d'autres semblables, i I ne faut pas oublier que saint Augustin combattait les Pélagiens et qu'il devait attribuer à la grâce non seulement la capacité d'accomplir de bonnes œuvres, mais le bon vouloir lui-même ; que notre docteur parle, dans le second cas, de la grâce efficace surtout chez les prédestinés. Cette grâce est sûre du succès, parce que Dieu a prévu le libre consentement de la part de l'homme; saint Augustin fait en effet souvent appel à la prescience de Dieu pour expliquer l'efficacité de
1. .Ui'j. De g?. Chr. c. 13» De gs. cl lib. arb. I.i. 31 : Sicquippcadjuvatur Ut facial quod jubdur. — De praed. 88. S. H: Nam si cl illos quibus stultitia est viibiii:i croeis-, al ad Chrisfaun veaûent, docere voluisset, pL'ocul dtibio vi'iiirent et illi.
i. Df cuir. r\ ur. 14, '»•') : N<»n <•>! ilaquo diibitandwm, voluntati Dei qui in eaefcj cl in Icrra omnia. quaccunquo voluit, l'cril. cl qui etiam illae quac fui ura siint fecit, bumanas voluntalcs non posso rosistere, quominas facial i|)->r quod vull. quando quidcm. dr ipsis hominum voLiLnlatifou», quod vull, cuui vult facit. Cf. c. 7. 12. C. duas cpp. Pfetagg. I, 20.
la grâce *. Dans un passage de ses premiers écrits il entre plus intimement dans la question et suppose que Dieu dans sa toute-puissance et son omniscience, a pu choisir juste la mesure de grâce, qu'il savait correspondante aux nécessités de l'homme et à l'acquiescement de son libre arbitre. Le congruisme trouva là plus tard sa formule. « Est-ce que ceux qui sont appelés de telle façon, dit-il2, et n'obéissent pas, pourraient être appelés d'une autre manière et soumettre alors leur volonté à la foi, ce qui rendrait vraies ces paroles : « Beaucoup sont appelés et peu sont élus », en sorte que quoique beaucoup soient appelés de la même manière, et tous cependant n'étant pas dans l'es mêmes dispositions, ceuxlà seuls répondraient à l'appel qui se trouveraient capables de le saisir ?... Les autres ont bien entendu l'appel ; mais comme il n'était pas de nature à les émouvoir et qu'ils n'étaient pas capables de le comprendre, on a pu dire qu'ils étaient appelés et non élus. Dès lors il n'est pas vrai de dire contrairement à l'Apôtre (Rom. 9, 16) : cela ne dépend pas de Dieu qui fait miséricorde, mais de l'homme qui veut et qui court. L'effet de la miséricorde de Dieu ne peut
1. Op. imp. c. Jul. I, 93: Absit ut impediatur ab homine omnipotentis etcunctepraescientis intentio.
2. Ad Simplician. I, quaest. 2, 13 : An forte illi, qui hoc modo vocati non consentiunt, possent alio modo vocati accommodare fidei voluntatem, et ut illud verum sit : Multi vocati, pauci electi ; ut quarnvis multi uno modo vocati sint, tamen quia non omnes uno modo alïecti sunt, illi soli sequantur vocationem, qui ei capiendae reperiuntur idonei ; et illud non minus verum sit. Igitur non volentis neque currentis sed miserentis est Dei, qui hoc modo vocavit, quomodo aptum erat eis, qui secuti sunt vocationem? Ad alios autem vocatio quidem pervenit, sed quia talis fuit, qua moveri non possent, nec eam capere apti essent, vocati quidem dici potuerunt, sed non electi, et non jam similiter verum est : Igitur non miserentis Dei, sed volentis atque currentis est hominis ; quoniam non potest efîectus misericordiae Dei esse in hominis potestate, ut frustra ille misereatur, si homo nolit; quia si vellet etiam ipsorum misereri, posset ita vocare, quomodo Mis aptum esset, ut et moverentur et intelligerent et sequerentur. Verum est ergo : Multi vocati, pauci electi. Illi enim vocati, qui congruenter vocati, illi autem qui non congruebant neque contemperabantur vocationi, non electi, quia non secuti, quarnvis vocati... Cujus autem miseretur, sic eum vocat, quomodo scit ei congruere, ut vocantem non respuat.
pas être tellement au pouvoir de l'homme qu'il soit nul, si l'homme n'y consent. Car si Dieu voulait faire miséricorde à ceux-là. il les appellerait d'une manière accommodée àleur nature, en sorte qu'ils seraient touchés, comprendraient et obéiraient». Saint Augustin ne considère donc pas seulement la grâce qui nous aide dans nos actions bonnes comme un moyen d'agir plus facilement ou plus efficacement, mais comme le principe même du vouloir. Dieu nous donne ce vouloir, car il peut Lien mesurer l'abondance de sa grâce à notre consentement prévu. Il est donc faux que saint Augustin nie la libre adhésion de la volonté humaine d.
Dans son traité aDespiritu etlittera », quin'est pas dirigé contre un Pélagien, mais contre un certain Marcellinus, il touche aussi la question de l'efficacité de la volonté libre dans la genèse de la foi. Il affirme en termes exprès que le consentement ou la résistance à la grâce est l'affaire de la la volonté humaine 2 ; mais qu'une grâce soit donnée à l'un, qui y consent, tandis qu'un autre lui résiste, c'est pour lui un mystère et il s'écrie avec l'Apôtre (Rom. 11, 33) : « 0 profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! 3 » Il se garde d'attribuer le succès et l'efficacité de la grâce, dans le cas concret d'une bonne œuvre produite soit à l'influence nécessitante de la grâce seule soit à la seule volonté de l'homme. C'est dans le milieu que lui apparaîtla vérité. Pressé par un amour spécial, Dieu appelle son élu d'une manière très efficace et en réalité si pressante, que la volonté libre de l'homme donnera infailliblement son adhésion.
1. Aug. Ad Simplician. I, qu. 2, 10: Ut velimus cnim et suumcsse voluit et nostrum; suum vocando, nostrum sequendo.
2. De sp. et litt. 34, 60 : Allendal 'et videat, non ideo tantum istam voluntatem (credenti) divino munerî tribueridam, quia ex libero arbitrio est. quod nobis uaturaliter eoncreatum est; verum etiam quod visorum Buasionibus agit Deus, ut velimus et ut credamus, sive extrinsecus por evangelicas exhortationes, ubi et mandata legis aliquid agunt, si ad hoc admonent hominem inlirmitatis snae, ut ad gratiam justificantem eredendo confugiat, sive intrinsecus, ubi nemo habet in potestate, quid ci veniat in mentem, sed eonsentire et dissentire propriae voluntatis est.