‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 14 sur 480 · Ibid. c · texte numérisé non relu

Ibid. c

n'y a pas de sensibilité, et même sans esprit raisonnable il n'y a pas d'activité sensitive1.

3. En ce qui concerne le siège de l'âme dans le corps, notre saint docteur pense qu'elle pénètre tout le corps comme chacune de ses parties sans être attachée à aucun point ou à aucune partie en particulier. Comme l'âme humaine est en outre le principe constitutif et vivifiant du corps, elle se crée, suivant le sentiment de notre docteur, une image d'elle-même dans le corps, et une image d'autant plus belle qu'elle le soumet davantage à ses lois et à sa volonté. Mais plus le corps est émancipé de l'esprit, plus il s'enlaidit et perd dans la mort la beauté pour revêtir la laideur de la matière, car il se sépare ainsi complètement de l'âme2.

Cependant le mode et les conditions de cette union entre l'esprit raisonnable et la matière restent pour nous un mystère impénétrable^.

4. La ressemblance de l'homme et de Dieu, qui est si solennellement marquée dans la Genèse, réside dans ses privilèges intellectuels, car, pour le reste, il ressemble aux animaux raisonnables ; s'il se distingue d'eux, c'est par ses privilèges. Cette ressemblance porte donc d'abord sur l'intelligence, les dispositions à la vertu, le sens du bonheur et toute beauté comme la liberté de la volonté « qui, en tant que libre, n'est contrainte par aucune loi de nécessité, n'est soumise à aucune domination étrangère, mais choisit ce qui lui plaît d'après son libre jugement4 ».

Ressembler à Dieu n'est nullement être son égal ; tous les êtres finis sont soumis à un changement, à un lent développement pour arriver à la perfection, car ils ne doivent pas naturellement et tout de suite arriver parfaitement et d'une façon inadmissible au souverain bien. Déjà leur créa-

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