‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 144 sur 480 · Wiggers, loc. cit., page · texte numérisé non relu

Wiggers, loc. cit., page

2. Aug. De pecc. orig. 24, 28. De sp. et lit. 31, 54. C. cluas epp. Pelagg. III, 5, 14. C'est avec raison que Wiggers (loc. cit. page 251) dit : m Qu'on se garde bien de transporter l'idée de la dogmatique de Luther sur la foi dans la théorie augustinienne. Elle fut étrangère et à saint Augustin et à tous ses contemporains».

3. De praed. ss. 5, 10: Quisquis audct dicere : habeo ex me ipso fidem, non ergo accepi, profecto contradicit huic apertissimae veritati ; non quia credere vel non credere non est in arbitrio voluntatis humanae, sed in electis praeparatur voluntas a Domino. Ideo ad ipsam quoque lidem, quae in voluntate est, pertinet : Quis enim te discernit ?

§ 72 (Suite)

Doctrine de la prédestination et de la réprobation

Le dogme de la prédestination forme le faîte el la clef de voûte de la doctrine de la grâce. Saint Augustin a aussi spécialement traité l'un que l'autre. Les Pélagiens d'une part, de l'autre les moines d'Adrumète et les rapports de Prosper et d'Hilaire sur les Semipélagiens du midi de la Gaule qui avaient exagéré sa pensée, le déterminèrent à traiter la question plus en détail qu'aucun autre Père de l'Eglise. Ses petits traités : De correptione et gratiâ,JDe praedestinatione sanciorum, De dono perseverantiae, ont pour objet la doctrine de la prédestination; elle y apparaît en étroite relation avec celle de la grâce. Si la grâce embrasse tout ce que Dieu fait dans le temps pour réaliser le salut de chacun, la justification, la sanctification, la béatification, tout cela se rattache à la prédestination comme à son unique centre. Celle-ci est bien, en effet, le décret éternel que Dieu a porté pour amener tel et tel homme à la vie éternelle par des moyens efficaces et d'une façon infaillible. Les actes accomplis dans le temps par la grâce ne sont que la représentation réelle et expresse de cet acte éternel de Dieu, que nous appelons prédestination. « Praedestinatio, dit saint Augustin ', est praescientia etpraeparatio beneficiorum Dei, quibus certissime Uberantur, quicumque liber antur ». Les Pélagiens ne niaient pas nhsolument toute prédestination, mais ils lui enlevaient tout son caractère mystérieux. Ce n'était pour eux que la résolution prise par Dieu de récompenser de la vie éternelle ceux dont il avait prévu les actes et les mérites; la prévision constituait le seul fondement adéquat de la prédestination. Il ne pouvait pas y avoir dans le système de Pelage pas plus de place pour la détermination préalable des grâces que pour la grâce elle-même. Mais ils ne contestaient pas

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