Aug. Do dono persev. H
à Dieu la prévision sûre des actes libres et futurs de l'homme1.
1. Qu'on entende la prédestination au sens orthodoxe, ou même au sens pélagien, il faut toujours admettre pour Dieu un nombre sûr et invariable de prédestinés (certus numerus xjraedestinatorum). C'est la conséquence de la prévision infaillible de Dieu. Mais il y en a toujours eu quelques-uns, qui, pour défendre la liberté et la morale, ont voulu contester l'infaillibilité de la prévision divine par rapport aux actes libres de l'homme. Ce ne furent ni les Pélagiens ni les Semipélagiens ; ceux-ci cependant, au dire de Prosper et d'Hilaire, ne voulurent jamais reconnaître un nombre précis de prédestinés, parce que l'homme ne peut prendre occasion de cette thèse que pour s'enfoncer dans la paresse et négliger tout effort moral. Il y a cependant contradiction évidente à conserver l'omniscience de Dieu et même la prévision certaine du futur conditionnel, comme le firent les Semipélagiens et à ne pas vouloir admettre, d'autre part, un nombre déterminé de prédestinés. Même en refusant à la grâce une part active dans l'œuvre du salut, on ne peut nier la fixation d'un nombre invariable de prédestinés l. Et en ce qui concerne le relâchement moral, que Ton redoute il peut aussi bien découler, si on veut raisonner au rebours, de la prévision divine que de l'invariabilité de la prédestination3. Du côté de l'homme, il y a toujours incer-
1. De praed. ss. 18, 36. Augustin cite les paroles de Pelage : Praesciebat ergo qui îuturi essent sancti et immacula ti per liberae voluntatis arbitrium : et ideo eos ante mundi constitutionem in ipsa sua praescientia, qua taies futuros sanctos immaculatosque praescivit : utique ipse non lecit, nec se facturum, sed illos futuros esse praevidit. Cf. c. 19, 38. C. duas epp. Pelagg. II, 7, 15. Ep. 194, 8.
2. Aug. De corr. et gr. 13, 42 : Hi ergo qui non pertinent ad istum certissimum et felicissimum numerum, pro meritis justissime judicantur. Cf. c. 9. Ep. 186, 25 : Certus est ergo Dei praescientiae definitus numerus et multitudo sanctorum, quibus diligentibus Deum, quod eis donavit per difîusum in cordibus eorum Spiritum sanctum omnia cooperantur in bonum, iis, qui secundum propositum vocati sunt. De dono perse v. 8, 19.