‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 147 sur 480 · Aug. Enchir. c. 98. De praecl. ss. c · texte numérisé non relu

Aug. Enchir. c. 98. De praecl. ss. c

vés avant que la malice ne corrompe leur cœur. Il n'y a pas plus de démérite dans le premier cas, que de mérite dans l'autre. Mais quoi! la prédestination est-elle donc si absolue, qu'on puisse regretter que Dieu n'ait pas manifesté plus clairement sa justice, sa sagesse et son amour et qu'il n'ait tenu aucun compte de l'effort moral de l'homme ?

3. L'opinion que saint Augustin émet souvent, c'est que Dieu a choisi absolument et sans égards pour la vertu et l'effort moral un nombre déterminé d'hommes qu'il a tirés de la masse des réprouvés {massa perditionis), où le péché d'Adam les avait jetés ; il les a spécialement prédestinés par sa toute-puissance à la vie éternelle, qu'ils doivent atteindre nécessairement. Cette idée de la « massa damnata » revient cent fois dans les écrits de saint Augustin; elle constitue le fond obscur sur lequel il trace les voies et les manifestations de la charité et de la miséricorde divines, qui y apparaissent comme les seuls rayons de lumière. Les prédestinés sont comme des étoiles étincelantes et lumineuses que la bonté et la miséricorde de Dieu ont suscitées dans ce sombre firmament. <( Nul ne peut être délivré, dit-il1, de cette masse de damnation, issue du péché d'Adam, s'il n'a reçu de la grâce du Seigneur le don de la persévérance2 ». N'est-ce point là donner lieu à une trop noire image de notre état ? Cependant la doctrine du péché originel ne permet pas de douter en général de son exactitude; le synode de Quiercy (853) 3 l'a formellement adoptée dans ses quatre chapitres. D'autres passages de saint Augustin, ont bien pu la présenter sous des couleurs différentes, mais ils n'ont aucun caractère dogmatique, ils renferment encore des vérités, destinées seulement à éclairer la doctrine du péché originel et dont il ne faut pas tenir compte. Si pour expliquer cette « massa damnata » on part du principe du traducianisme et qu'on considère toutes les âmes des hommes enfermées dans l'âme

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