‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 150 sur 480 · De corr. et gr. 7, l(i. Cf. c. 9, 2t · texte numérisé non relu

De corr. et gr. 7, l(i. Cf. c. 9, 2t

vocation d'après la volonté et la grâce (secundum propositum et gratiam), dont parle l'Apôtre (Rom. 8,30), c'est, au dire de saint Augustin, la prédestination à la vie éternelle, qui renferme en elle-même la grâce de la persévérance. « Si un seul de ceux que Dieu a ainsi appelés périssait, Dieu se serait trompé ; mais parce que Dieu ne se trompe pas, aucun d'eux ne se perd1 ». La rechute dans le péché sert aux prédestinés pour arriver au salut. Saint Augustin interprète ainsi le passage de saint Paul aux Romains (8,28). Ce n'est pas que le péché les rapproche davantage de leur fin, mais après leur conversion par le repentir de leurs fautes passées, ils en viendront à une humilité d'autant plus grande et à un zèle pour le bien d'autant plus vif2.

Saint Augustin conserve habituellement à la prédestination son caractère adéquat « praedestinatio adaequata » c'est à dire, de prédestination à la gloire comme à la grâce. Il affirme d'elle qu'elle ne nous est pas acquise « propter praevisa mérita » et encore moins « propter mérita » au sens pélagien.

5. La liberté de Dieu dans son élection des prédestinés à la vie éternelle, tant affirmée par saint Augustin, a été considérée par quelques-uns comme un gouvernement fait d'arbitraire plutôt que de sagesse et de justice, un retour à l'antique fatum des païens qui rend inutile et sans valeur tout effort moral de l'homme. Tirant de fausses conclusions delà doctrine de saint Augustin, les moines d'Adrumète tenaient pour superflues toute discipline et toute punition ; les Semipélagiens du midi de la Gaule pensaient de même. Ils prirent même prétexte de cette fausse interprétation de la doctrine de saint Augustin pour revenir à la prévision des mérites purement humains, ils admirent que là étaient le commencement de la foi et la persévérance. Là où ils ne purent trouver aucune espèce de mérite, ils durent recourir aux mérites futurs conditionnels. Si Dieu accorde en effet le baptême à quelques-uns, puis les appelle à lui, c'est qu'il

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