‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 152 sur 480 · De dono persev · texte numérisé non relu

De dono persev

l'homme abandonné à ses seules forces, parce qu'il ne saurait y avoir de vrais mérites sans la grâce pour cause efficace. Dès lors Dieu ne peut connaître comme vrais mérites dans cet avenir conditionnel que ceux qui émanent de la grâce, principe agissant avec la coopération de la liberté humaine ; en d'autres termes, Dieu ne reconnaîtra ces mérites qu'en tant qu'ils sont principalement son œuvre propre K Dieu ne prévit pas la foi et la pénitence des habitants de Tyr et de Sidon comme des œuvres purement humaines ; il les reconnut comme conséquences de l'appel de la grâce, ou il prévit comment la grâce aurait déterminé le cœur de ces habitants à la foi et à la pénitence avec leur" libre coopération. C'était bien là une grâce que Dieu pouvait librement accorder ou refuser.

De tout ce que nous venons de dire, s'ensuit-il que d'après saint Augustin, rien ne conditionne la prédestination à la vie éternelle et qu'il faut écarter tout ce qui pourrait en quelque façon restreindre la liberté du choix fait par Dieu? Beaucoup l'ont cru. Saint Augustin devait sans doute accentuer cette libre élection à cause des Pélagiens. Il ressort néanmoins de ses écrits implicitement ou même explicitement que cette liberté divine n'est pas un caprice aveugle et arbitraire et qu'elle ne fait pas litière de la liberté des créatures.

6. A ceci se rattache la volonté ferme et préalable de Dieu d'aider tous les hommes à atteindre la vie éternelle, ainsi qu'il le montre en donnant à tous les grâces nécessaires et suffisantes. Tel est bien l'enseignement de l'Ecriture (S. Jean 1,9; I Timoth. 2, 4.). En vérité saint Augustin cherche d'ordinaire dans ses écrits contre les Pélagiens à restreindre le sens de ces passages. D'après lui, les grâces données par Dieu sont en elles-mêmes adaptées au salut, à la béatification de tous les hommes ; ou bien toutes les classes de l'humanité sont représentées parmi les prédestinés ; ou encore nous devrions échauffer le zèle de notre volonté pour aider

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