Greg. Nys. De op. homiuis. c. 29. — 2. Migne XLV
Doctrine de saint Augustin sur l'immatérialité et l'unité de l'âme humaine, sa lutte contre Tes erreurs manichéennes
1. Le point principal et le /plus important de la doctrine de la révélation relativement à la nature de l'âme, comme nous l'a montré expressément la Genèse, c'est la différence essentielle de l'âme et du corps, et le caractère immatériel, indivisible et simple de l'âme. Saint Augustin a écrit sur ce sujet tout un |ouvrage intitulé De Quantitate animae. Si la matérialité des choses perceptibles autour de nous consiste dans^leur divisibilité et leur étendue dans l'espace, en hauteur, enpargeur et en longueur1, l'âme humaine en tant qu'être'matériel est dénuée de divisibilité et d'étendue et participe en une certaine façon à l'infinité, quoique dans son activité sur la terre elle soit attachée de plusieurs façons à son corps. Une preuve de cette participation à l'infinité, saint Augustin la trouve déjà dans la force de la mémoire qui est capable de recevoir de plus en plus les images des choses.
Cependant la preuve la plus frappante de l'immatérialité, de l'âme se trouve dans son intelligence qui dépasse déjà les choses corporelles par le fait qu'elle perçoit la matière et se forme les idées universelles, comme celles de ligne, de point. Le sens (sensus) va bien jusqu'à mettre l'âme en contact et en relation avec les choses au dehors d'elle-même et à les lui faire connaître, mais il n'atteint dans les choses que la matière, et il s'attache au corps matériel, comme à son sujet2. L'intelligence supérieure dépasse le matériel, et le sensible ; elle infère par exemple de la perception de la fumée que là il doit exister un feu, alors même qu'il ne le voit pas. Elle est, cette haute intelligence, (appe